Cardinal Peter Turkson, President of the Pontifical Council for Justice and Peace joined diplomats, aid workers, peace practitioners and religious congregations at a Catholic Peacebuilding Network conference in Rome 30.06.2011 Credit: Patrick Nicholson/Caritas

By Patrick Nicholson, Caritas Internationalis

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The best kept secret of the Catholic Church it is suggested is its Catholic Social Teaching (CST covers poverty, economics, society and the role of the state). If that’s so, says Gerard Powers of the University of Notre Dame’s Kroc Institute, then Catholic Social Teaching’s best kept secret in turn is its work on peacebuilding. Revealing this treasure was the work of delegates at a conference on the ‘Future of peacebuilding: Contributions from Catholic Theology, Ethics, Praxis’ held in Rome 30 June. The meeting was organised by the Catholic Peacebuilding Network, and included among its sponsors Caritas Internationalis. An audience of diplomats, aid workers, peacebuilding practitioners and academics heard from speakers such as Cardinal Peter Turkson, President of the Pontifical Council for Justice and Peace, Michel Roy, Caritas Internationalis Secretary General and Maryann Cusimano Love of the Catholic University of America. Participants were asked what constitutes effective and authentically Catholic peacebuilding, how can Catholic peacebuilding practices inform and be informed by Catholic theology and what are future challenges for Catholic peacebuilding? Gerard Powers, who coordinates the Catholic Peacebuilding Network, said the lack of comprehension of Catholic peacebuilding among governments and other institutions has been detrimental in achieving peace in places like Colombia and Congo where the Church is an ingredient in daily life. Throughout the world Catholic organisations like Caritas, Pax Christi, Sant’Egidio, Justice and Peace groups are working at the grassroots level bringing communities together and at the international level, lobbying for human rights. Caritas alone works in over 200 countries. Marie Dennis, Co-President of Pax Christi International, said that the Church and Catholic organisations had more to offer than just their reach. The Christian message of love for both perpetrators of violence and their victims is an indispensible part of peacebuilding. For Cardinal Peter Turkson, President of the Pontifical Council for Justice and Peace, it’s about changing individuals. “Blood is thicker than baptismal water” is a refrain he’s heard in ethnic and tribal conflicts that have sprung up after the Cold War in places like the Balkans and Africa’s Great Lakes. In the Democratic Republic of Congo, there are 48 rapes every hour, according to a study in the American Journal of Public Health. Sexual violence as a weapon of war is escalating in Congo, with reports this year of mass rapes of women. “Violence manifests itself through people,” said Cardinal Turkson. “So peacebuilding starts with changing the heart. We have the tools and systems to develop peace on the ground. As Christians we have faith and grace to change hearts.” Part of the problem in places like Eastern Congo is the proliferation of small arms. Apart from South Africa, there is no arms factory in Africa. Michel Roy told delegates that stopping the arms trafficking and trade through international action is key. US Ambassador to the Holy See, Miguel Díaz said from the floor that the fundamental question is what does it mean to be part of one human family and how do we deal with differences within it. Over fifteen years ago, the first synod of African bishops aimed at establishing the Church as the family of God. The second Synod of African bishops was held in 2009, and Pope Benedict XVI will deliver his post-synodal declaration in Benin in November. The Church will be looking to that message and to the run-up of the 50th anniversary of the peacebuilding encyclical Pacem in Terris by Pope John XXIII in 2013 on better ways to establishing universal peace.

Quel avenir pour l’œuvre catholique de construction de la paix?

Patrick Nicholson, Caritas Internationalis

Le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical pour la justice et la paix, s’est joint à des diplomates, à des travailleurs humanitaires, à des artisans de paix et à des représentants de congrégations religieuses à l’occasion d’une conférence du Réseau catholique de construction de la paix qui a eu lieu le 30 juin 2011 à Rome. Photo : Patrick Nicholson / Caritas Le secret le mieux gardé de l’Église catholique, dit-on, est son enseignement social catholique, ou EST (l’EST touche la pauvreté, les sciences économiques, la société et le rôle de l’État). Si c’est le cas, affirme Gerard Powers de l’Institut Kroc de l’université Notre Dame, alors le secret le mieux gardé de l’enseignement social catholique est, à son tour, son œuvre de construction de la paix. Mettre au jour ce trésor était la tâche des délégués participant à une conférence sur L’avenir de la construction de la paix : contributions apportées par la praxis, l’éthique et la théologie catholique qui a eu lieu à Rome le 30 juin dernier. L’événement organisé par le Réseau catholique de construction de la paix était coparrainé par Caritas Internationalis. Un auditoire composé de diplomates, de travailleurs humanitaires, d’artisans de paix et d’universitaires a entendu des conférenciers comme le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical pour la justice et la paix, Michel Roy, Secrétaire général de Caritas Internationalis, et Mary Ann Cusimano Love de l’Université catholique de l’Amérique. Les participants ont été invités à réfléchir à ce qui caractérise la construction efficace et authentiquement catholique de la paix; comment les pratiques catholiques en matière de construction de la paix orientent-elles et peuvent-elles être orientées par la théologie catholique et quels sont les défis que réserve l’avenir à la construction catholique de la paix? Gerard Powers, le coordonnateur du Réseau catholique de construction de la paix, a indiqué que l’absence de compréhension de la construction catholique de la paix au sein des gouvernements et d’autres institutions a nui à l’avènement de la paix dans des pays comme la Colombie et le Congo où l’Église fait partie intégrante de la vie quotidienne. Dans le monde entier, des organisations catholiques comme Caritas, Pax Christi, Sant’Egidio et des groupes Justice et Paix collaborent au niveau de la base afin de rapprocher les communautés, et au niveau international, en revendiquant le respect des droits de la personne. Pour sa part, Caritas est présente dans plus de 200 pays. Marie Dennis, coprésidente de Pax Christi International, a précisé que l’Église et les organisations catholiques ont beaucoup à offrir, au-delà de leur présence au sein des collectivités. Le message chrétien d’amour envers les auteurs de violence, comme envers leurs victimes, fait partie intégrante de la construction de la paix. Pour le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical pour la justice et la paix, il s’agit d’aider la personne à changer. « La voix du sang parle plus fort que l’eau du baptême » est un refrain qu’il a entendu à maintes reprises depuis l’émergence des conflits ethniques et tribaux après la Guerre froide, dans des régions comme les Balkans et les Grands Lacs de l’Afrique. En République démocratique du Congo, 48 viols se produisent chaque heure, selon une étude publiée dans l’American Journal of Public Health. Le recours à la violence sexuelle comme arme de guerre se répand au Congo et on rapporte cette année des viols de femmes à grande échelle. « La violence se manifeste à travers les gens, a dit le cardinal Turkson. Ainsi la construction de la paix doit commencer par changer les cœurs. Nous avons en mains les outils et les mécanismes nécessaires pour promouvoir la paix sur le terrain. En tant que chrétiens, nous sommes habités par la foi et la grâce, qui nous aident à changer les cœurs. » Un aspect de la difficulté, dans des régions comme le Congo oriental, réside dans la prolifération des armes de petit calibre. Sauf pour l’Afrique du Sud, il n’y a aucune usine de fabrication d’armes en Afrique. Michel Roy a déclaré aux délégués que la clé consiste à mettre fin au trafic et au commerce des armes par l’action internationale. Miguel Díaz, ambassadeur des États-Unis auprès du Saint-Siège, qui se trouvait dans l’auditoire, a affirmé que la question fondamentale est : que signifie faire partie d’une même famille humaine et comment composer avec les différences au sein de cette dernière. Il y a plus de 15 ans avait lieu le premier Synode des évêques africains, dans une volonté d’établir l’Église comme la famille de Dieu. Le second Synode des évêques africains remonte à 2009, et le pape Benoît XVI prononcera sa déclaration postsynodale au Bénin en novembre. L’Église sera attentive à ce message et aux préparatifs du 50e anniversaire de l’encyclique Pacem in Terris du pape Jean XXIII sur la construction de la paix, anniversaire qui sera célébré en 2013. Elle y puisera des conseils sur de meilleurs moyens d’établir la paix universelle.