La chorale de la cathédrale. Credit Ryan Worms/Caritas 2011

Écoutez

Jour férié à Port au Prince. Aujourd’hui, la ville commémore ses morts, nous sommes le 2 novembre.

La première visite que le chauffeur de Caritas Haïti me propose est à la cathédrale de la ville. Ce bâtiment imposant a été détruit lors du séisme du 12 janvier 2010. Il ne reste que certaines parties de la structure qui laisse imaginer la splendeur passée de la bâtisse. La façade est magnifique, quelques vitraux sont toujours perchés tout comme une des cloches que l’on aperçoit en haut d’une tour encore debout.

Lorsque vous pénétrez à l’intérieur, vous ne pouvez pas échapper à une étrange émotion. Le recueillement est de mise, la prière aussi. Ici, plus d’une centaine de personnes ont trouvé la mort. Lorsque la terre s’est mise à trembler, elles chantaient des louanges, faisaient monter leurs voix vers le ciel, la chorale majeure de Port au Prince était en pleine répétition.

De l’autre côté de la rue se trouve l’ancien évêché de la ville, lui aussi touché par le séisme. Nous traversons et voyons deux des cloches de l’ancienne cathédrale à terre. Est-ce que le bâtiment sera reconstruit ? Quand est-ce que les cloches sonneront à nouveau ? Impossible de le dire.

Pourtant, juste à côté, dans la petite église adjacente à l’ancien évêché, la vie chante à nouveau. En ce jour de commémoration des morts, la nouvelle chorale répète des cantiques. Une vingtaine de jeunes hommes et femmes, dont la voix n’est pas toujours assurée, lancent un message vibrant et plein d’espérance. Nous sommes le peuple d’Haïti, nous sommes la jeunesse de l’île, et aujourd’hui, jour des morts, nous chantons la vie.

Ryan Worms

Haiti: We’re singing life

It’s a holiday in Port-au-Prince. Today the city is remembering its dead. It’s the 2nd November.
A Caritas Haiti’s driver suggested I visit the city’s cathedral. This impressive building was destroyed during the earthquake on 12 January 2010. The few remaining portions of the structure allow one to imagine the building’s former splendour. The façade is magnificent and a few stained glass windows are still intact, as is one of the steeples above a tower that is still standing.

As you go inside, you can’t help being overcome by a strange emotion. Contemplation is the order of the day, and prayer too. More than one hundred people lost their lives here. When the earthquake began, they were singing hymns of praise, raising their voices heavenwards, as the main choir of Port-au-Prince was in full rehearsal.

On the other side of the street the old bishop’s palace was also affected by the earthquake. As we passed through we saw two bells from the former cathedral on the ground. Will the cathedral be rebuilt? When will these bells ring out again? It’s impossible to say.

However, nearby in a small church next to the former bishop’s palace, life is singing out once more. On this day of commemoration of the dead, the new choir is practising hymns. Around twenty young men and women are launching a vibrant message full of hope. We are the people of Haiti, the island’s young people, and today, the day of the dead, we’re singing life.

Ryan Worms