Available in French

By Laura Sheahen, Caritas Communications Officer

A black pupil within azure and indigo swirls, the ‘ayn’ is supposed to ward off envy and the evil eye. These round, blue glass objects are ubiquitous in the Middle East.

It’s hard to imagine who would envy the three bedraggled children I’m talking to in eastern Lebanon. Or how much worse their luck could get.

Every day, the kids—a boy aged 10, his seven-year-old sister, and a girl aged 9—take a paid car alone from the refugee area where they’re living to the city of Zahle. All afternoon, they roam the streets of Zahle, trying to sell as many ayn as they can.

The children are Syrian refugees, part of an exodus that has poured into Lebanon and other countries since spring 2011, but especially in July 2012. Here in Lebanon, some refugee families are living with host families or are crowding into apartments, with five or more people in each room. Other families are living in tent camps by the side of the road in Lebanon’s Bekaa Valley. The valley is a farming area and many tents are just seed sacks that are sewn together.

In one camp where Caritas distributes aid, four siblings sit in their tent and talk about the week they left Syria. “There was a lot of shooting and bombardments and we couldn’t leave the house,” said 13-year-old Mehsen, the only boy. When their own house was bombarded, they paid a car to take them to the Syria-Lebanon border.

They were stopped there because of their two-month-old sister, Aseel. The baby wasn’t on her mother’s passport, so the authorities wouldn’t let her through.

“My mother was crying and so were we,” said Mehsen. The mother had to go back to Syria. The children went on to Lebanon. A relative in the tent camp tries to look after them, but has his own family.

So this summer, the children—ages 12, 13, 14, and 17—search for farm work each day, hoping they’ll be hired to harvest potatoes and other vegetables for 6000 Lebanese pounds (just over €3 a day) a day. “It’s not enough to buy food,” said Mehsen.

The children don’t know if they’ll be going to school in the fall. In Syria, Mehsen liked Arabic class; his 12-year-old sister Fatme’s favourite subject was French. But like the smaller children working in Zahle’s streets, they may have to earn a living instead of studying.

They also don’t know what happened to their mother—mobile phone connections are down. “We haven’t heard her voice since we were separated,” said Mehsen. “When I see her again, I am going to give her a big hug.”

Meanwhile, they and thousands of Syrian refugee children will keep working in the fields, hauling water to tent camps, or selling good-luck charms in the street. Until their own luck turns.



Les enfants réfugiés syriens font face à la pauvreté au Liban

Par Laura Sheahen, chargée des communications de Caritas

Une pupille noire dans des tourbillons bleu d’azur et indigo, l’ayn est censé éloigner l’envie et conjurer le mauvais œil. Ces objets en verre sont omniprésents au Moyen-Orient.

Au Liban oriental, il m’est difficile d’imaginer comment la situation des trois enfants en haillons à qui je parle pourrait empirer.

Chaque jour, ces enfants – un garçon de 10 ans, sa sœur de sept ans et une fillette de neuf ans sont conduits seuls, dans une voiture louée, du secteur des réfugiés où ils vivent vers la ville de Zahlé. Tout l’après-midi, ils errent dans les rues de Zahlé, en essayant de vendre autant d’ayn qu’ils le peuvent.

Ces enfants sont des réfugiés syriens; ils font partie de l’exode qui s’est déversé vers le Liban et d’autres pays voisins de la Syrie en guerre depuis le printemps 2011. Le nombre de ces réfugiés à particulièrement augmenté en juillet 2012. Ici au Liban, quelques familles de réfugiés habitent chez des familles d’accueil ou s’entassent dans des appartements, à raison de cinq personnes ou plus par chambre. D’autres familles vivent dans des camps de tentes en bordure de la route dans la vallée de la Bekaa. La vallée est une zone agricole et beaucoup de tentes sont faites de simples sacs de semences cousus les uns aux autres.

Dans un camp où Caritas distribue de l’aide humanitaire, un garçon et ses trois sœurs sont assis dans leur tente. Ils racontent ce qu’ils ont vécu la semaine où ils ont quitté la Syrie. « Il y avait beaucoup de tirs et des bombardements et nous ne pouvions pas sortir de la maison », dit Mehsen, 13 ans, le garçon de la famille. Quand leur propre maison a été bombardée, ils ont payé un automobiliste pour les conduire à la frontière de la Syrie et du Liban.

Ils ont été arrêtés à la frontière à cause de leur petite sœur de deux mois, Aseel. Le bébé n’était pas inscrit sur le passeport de sa mère, alors les autorités ne les ont pas laissé passer.

« Ma mère pleurait et nous aussi », dit Mehsen. La maman a dû retourner en Syrie. Les enfants ont continué vers le Liban. Un parent dans le camp des tentes tente de s’occuper d’eux, mais il a sa propre famille.

Alors cet été, les enfants – 12, 13, 14 et 17 ans – cherchent du travail à la ferme tous les jours, espérant être engagés à la journée pour la récolte de pommes de terre et d’autres légumes pour 6 000 livres libanaises (un peu plus de 3 € par jour). « Ce n’est pas assez pour acheter de la nourriture », dit Mehsen.

Les enfants ne savent pas s’ils fréquenteront l’école à l’automne. En Syrie, Mehsen aimait les cours d’arabe; la matière préférée de sa sœur Fatma, 12 ans, était le français. Mais aujourd’hui, comme les enfants plus jeunes travaillant dans des rues de Zahlé, ils sont obligés de gagner leur vie au lieu d’étudier.

Ils ne savent pas non plus ce qui est arrivé à leur mère – le service de téléphonie cellulaire ne fonctionne pas. « Nous n’avons pas entendu sa voix depuis que nous avons été séparés, dit Mehsen. Quand je la reverrai, je vais lui faire un gros câlin. »

En attendant, ces enfants et des milliers d’autres enfants syriens réfugiés continueront de travailler aux champs, de transporter de l’eau dans les camps de tentes ou de vendre des porte-bonheur dans la rue. Jusqu’à ce que leur propre chance tourne.