The floods in Chad have caused at least 13 deaths, affected 445,725 people and inundated about 255,720 hectares of cropland, according to a 3 September update by the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Some 73,412 houses have been destroyed. The floods come as Chad still grapples with lack of food caused by drought conditions over the last 12 months. Bishop Miguel A. Sebastián of Laï(Chad) sent us this letter (in French) about the flooding in his country.

Flooding in Chad. Credit: Miguel A. Sebastián

Je m’occupe et me préoccupe dernièrement c’est la situation qui prévaut sur une grande partie de notre région, la Tandjilé. Si l’an dernier il n’y a pas eu assez de pluie, cette année en a eu de trop. La pluie tombe avec abondance, tellement que les fleuves et rivières de notre région ont débordé, chose inouïe ; beaucoup de personnes assez âgées nous disent qu’ils n’ont jamais vu cela ! Cela est catastrophique ! L’eau de la pluie et, surtout, l’eau des débordements a causé des dégâts terribles : des milliers des personnes sinistrées, des milliers des maisons d’habitation écroulées, des milliers d’hectares de culture englouties par l’eau. Terrible !

En tant que pasteur de cette Eglise, et non pas seulement des catholiques, j’ai voulu aller à la rencontre des personnes sinistrées, au moins là où l’on peut arriver, car beaucoup de zones sont totalement inondées, on ne peut y arriver qu’en pirogue et cela avec beaucoup de difficulté. Lors de ces rencontres j’ai pu constater avec mes yeux la gravité de la situation, mais surtout j’ai rencontré les gens pour leur donner une parole de consolation, de compassion, d’encouragement. Je pense que ma présence a beaucoup encouragé les uns et les autres, même la majorité des autorités locales qui n’ont rien et qui n’ont rien reçu des autorités de la nation jusqu’à présent… et cela dure déjà depuis trois semaines !

Miguel A. Sebastián

J’ai été très touché par ces visités : voir tant de malheur touche profondément le cœur. Mais j’ai été touché aussi par le comportement très positif de tant de gens, en premier lieu les trois personnes qui travaillent au BELACD CARITAS diocésain, mais aussi au niveau des paroisses et à la base même. Finalement j’ai été touché par la dignité et la sérénité avec lesquelles les sinistrés vivent leur situation ; j’ai vu même des gens avec de l’eau parfois jusqu’à la ceinture faire le sarclage de leur riz et même la récolte du riz précoce qui est déjà arrivé à maturité, sans se décourager. Et je n’ai jamais entendu une voix de plainte contre Dieu !

En plus de ma présence en tant que pasteur, notre CARITAS (ici c’est BELACD CARITAS) s’est mis à l’action. Devant l’urgence de la situation on ne pouvait pas rester à attendre, on a mis la main à la patte. Dieu merci nous avions reçu un financement des différentes Caritas du monde pour aider les personnes vulnérables à cause du manque de pluie de l’an dernier. Alors nous avons pris une partie de cet argent pour aider ces personnes qui actuellement sont vraiment vulnérables. Actuellement on a distribué des vivres dans les zones plus sinistrées pour une valeur de presque 15.000.000 FCFA (presque 23.000 euros).

Beaucoup de gens sont réfugiés dans les écoles construites en dur, celles construites avec des briques non cuites et de la paille ce sont écroulées. Beaucoup de chapelles ainsi construites ce sont aussi écroulées. La rentrée scolaire aura du mal à démarrer dans ces zones sinistrées. Bon, même dans les autres car depuis sept semaines les fonctionnaires sont en grève et celle-ci risque de continuer.

Chers amis, je vous laisse déjà. J’ai voulu que vous sachiez la situation dans laquelle nous nous trouvons car je vous sais en communion avec nous. Que le Seigneur nous aide, les uns et les autres à ouvrir toujours nos yeux et nos cœurs aux situations de détresse que vivent les autres à côté de nous.