Life in Aleppo is a daily struggle of insecurity, hunger, lack of electricity, water and education and health services. Credit: Creative Commons

Life in Aleppo is a daily struggle of insecurity, hunger, lack of electricity, water and education and health services. Credit: Creative Commons

By Bishop Audo of Aleppo, Caritas Syria President

For two years Syria has been pulled apart by conflict. Violence and anarchy have become widespread. We have become conditioned by tragedy.  Our minds and hearts have been constricted by fear and by caution. But I do my best to keep my heart and eyes open to what is happening.  And I’m pained by the terrible poverty I see.

A few days ago, I was walking in Souleimanié, a Christian quarter in Aleppo. People were surprised to see me walking alone. Immediately they feared that I might be kidnapped. The kidnappings of two priests and two bishops have traumatized many Christians in Syria.

As I walked, I saw four children in their early teens sitting around a table on the pavement playing cards. They were the children of merchants. They no longer go to school but just send their time playing cards. A few metres on, I see another young teenager collecting money from passengers for a trip in a minibus.

It’s a shock to think that millions of Syrian young people now do not go to school anymore.  I’d estimate that in Aleppo, four out of five children have given up going to school. Parents are too exhausted that they no longer can properly lookout for their children.

Education has become a luxury. A life of petty crime often the only option for the poor.  It’s a huge waste. It’s a huge mess. Chaos and poverty surround us everywhere.

In the heavily populated residential area of al Miassar, there has been no water or electricity for three months.  What can one do during the winter evenings? People resort to candles, but they cost money that we can ill afford.

One man I know in Aleppo bought a small second-hand generator so he’d have electricity. He runs it at night, but can only afford to keep it going for a couple of hours every other day. He and his neighbours must also find enough money to pay for another generator to pump water from a nearby well. They fill cans and carry 25 litres of water back to their apartments. People usually live on the uppers floors.

I know a young couple with three children, aged three to ten, who live like this. Their children no longer go to school but roam the streets in winter rain or summer sun. Such poverty isn’t unusual, its common place, affecting 80 percent of people in the city.

For Caritas, there is no question of giving up. We must stand up together, organise ourselves, train, meet and agree a way forward. Our plans to help the poor will always find the proper response. Our work must be inventive. Charity will always find a way.

Tragique vie quotidienne à Alep

En cette deuxième année de conflit qui déchire notre pays et fragmente notre société, il est difficile de ne pas s’habituer à cette tragique situation et laisser son cœur s’endurcir et son intelligence s’enfermer dans toute sorte de peur et de réserve.  Je garde toutefois le cœur éveillé et les yeux ouverts mais c’est avec douleur que j’observe cette pauvreté qui nous frappe tous .

Il y a quelques jours, je marchait tôt le matin dans le quartier chrétien de Souleimanié.  Les gens semblaient surpris de me voir marcher seul car beaucoup sont conscients de la possibilité d’un enlèvement. Ceci après l’enlèvement de deux prêtres et deux évêques, un acte qui a traumatisé tous les chrétiens de Syrie.

En continuant mon chemin, je vois quatre jeunes enfants entre 12 ans et 15 ans autour d’une table, au bord du trottoir en train de jouer aux cartes.  Ce sont les enfants des commerçants qui ne vont plus à l’école, et qui, dès le matin s’amusent à jouer aux cartes.

D’autres adolescents, un plus loin sont à la porte d’un minibus et demandent aux passagers de payer le billet du trajet.  Les parents trop épuisés n’ont plus le temps de s’occuper de l’éducation de leurs enfants.

L’éducation est un luxe, la délinquance est le sort des pauvres.  Le chaos et le désordre règne partout.

Dans le quartier populaire « al Miassar » il n’y a ni eau ni électricité depuis trois mois. Que faire, pendant les soirs l’hiver?  Les gens ont recours à l’usage des bougies, mais ces bougies coûtent de l’argent qu’ils n’ont pas.

Un jeune homme que je connais a acheté un petit générateur de seconde main pour avoir deux heures d’électricité par jour, et surtout pour l’utiliser à la tombée de la nuit.  Il ne le fait pas fonctionner tous les jours, mais un jour sur deux.  Pour ce qui est de l’eau, les voisins paient pour chaque famille, un tiers de dollar pour acheter l’essence nécessaire pour faire tourner le générateur qui pompe l’eau du puits d’un voisin.

Les gens qui ne possèdent pas ce luxe, remplissent des bidons de 25 litres et les portent jusqu’aux derniers étages des immeubles, car c’est là qu’en général les pauvres résident.

Voici encore l’exemple d’un homme avec son épouse et trois enfants de 3 à 10 ans . Les enfants ne vont pas à l’école ils jouent dans la rue, l’hiver sous la pluie et l’été sous le soleil. Cette pauvreté que je décris est réelle et touche 80 pourcent des alepins.

Pour Caritas, il n’est pas question de baisser les bras! Il faut rester debout, s’organiser, se former, se réunir et se concerter. Proposer des projets, trouver toujours une réponse adéquate pour cette misère, et surtout ne jamais refuser une aide possible, car la charité est toujours inventive.