Mon histoire malheureusement arrive a beaucoup d’autres en Centrafrique, moi j’ai eu la chance de m’en sortir, mais les autres ?

Le but de mon voyage était de visiter ma sœur en compagnie mon beau frère et récupérer nos motos et les ramener a Bangui.

Nous sommes parti le matin de Carnot, à 500km de Bangui , nous avions parcouru à peine 100 km quand à l’entrée Baoro, on s’est arrêtés à la barrière de contrôle pour les formalités d’usage. Les gardes armés ont demandé à mon beau frère douanier, son ordre de mission mais comme aucun service administratif ne fonctionne, il n’en avait pas.

Quand à moi, ils me demandent si je travaille puis nous demandent à tous les deux de laisser nos bagages au barrage de contrôle et de suivre deux gardes armés pour aller chercher le colonel à la caserne d’ à coté pour qu’il nous donne un ordre de mission.

Dès notre retour, j’ai constaté que ma sacoche avait changé de place. Le colonel a commencé à nous poser des questions. Ensuite on s’est fait fouiller, et tout à coup , ils sortent de ma sacoche deux cartouches qu’ils ont du mettre quand nous étions allés cherché le colonel. Et la tout bascule dans l’horreur. D’un coup, avec ces cartouches je passe pour un militaire de l’armée de Centrafrique et donc quelqu’un a abattre.

Ils m’ont déshabillé et ont commencé à ma battre , avec leur ceinture puis à coups de crosse et de pieds et sous une cette pluie de coups, j’entends l’ordre du colonel qui tombe: attachez le et débarrassez-vous de lui ! Les bras et les pieds liés, ils me jettent derrière le poste, et à ce moment là que je pense que tout est fini pour moi, et je pleure .

Je n’arrive pas a me souvenir combien de temps je suis resté a terre en pensant que ma vie se termine comme ça, abattu comme un chien à 23 ans !

L es gardes sont revenus et m’ont jeté dans une cellule. Nous étions 9 dans une petite cellule, mon beau frère était là avec moi a me demander pardon pour m’avoir embarqué dans ce voyage, et pensant que le colonel finira par me tuer. Apres des heures interminables, sans boire ni manger , sans même avoir la force ou l’envie de parler aux autres: j’attends le coup final attendu.

La porte fini par s’ouvrir après ce qui me semble un éternité. Une femme de la Seleka entre là je trouve la force de la supplier d’appeler mon père, elle me tend son cellulaire ! Incroyable mais c’est avec ce geste de gentillesse que je reprends un peu d’ espoir.

22 heures plus tard, ils me sortent de la cellule. Les gardes ont un ton différent , ils me rendent mes habits et après m’avoir tabassé maintenant m’appellent grand chef ! Ils me donnent même des calmants avant de nous rendre nos motos et un laissez-passer pour Bangui ! Mon beau-frère est avec moi, libéré lui aussi.

Je ne sais pas comment j’ai réussi à conduire les 400 kilomètres restant mais je suis arrivé a Bangui, et me suis jeté dans les bras de mon père qui m’a directement conduit à l’hôpital, après avoir remué ciel et terre pour me faire sortir.

Dans ma sacoche tous les cadeaux et mes habits avait disparu et ma montre volée mais ce ne sont que des choses, et même sans montre maintenant je sais que j’ai encore du temps devant moi.

*Le nom a été modifié pour protéger l’identité