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Lê Quyên Ngô Dình, responsible for immigration at Caritas Roma says Caritas offers a variety of services to help ease the impact on immigrants of living in Rome. These services include food, lodging, healthcare and help in looking for work. Credits: Caritas Roma

Lê Quyên Ngô Dình, responsible for immigration at Caritas Roma says Caritas offers a variety of services to help ease the impact on immigrants of living in Rome. These services include food, lodging, healthcare and help in looking for work.
Credits: Caritas Roma

L’Italie et le Nigeria ont récemment conclu un accord prévoyant l’organisation de patrouilles conjointes pour contrôler l’immigration clandestine et la traite des personnes.

Cette mesure intervient alors que la tension est forte entre les Romains et les immigrés au lendemain des violences récentes, notamment une agression sauvage contre un sans-abri de nationalité indienne et des expéditions punitives contre des Roumains après le viol d’une adolescente.

Malgré les difficultés rencontrées pour arriver en Italie et les problèmes et les relations tendues trouvés sur place, le pays compterait 4 millions d’immigrés détenteurs de papiers en règle à la fin de l’année 2007.

Lê Quyên Ngô Dình, responsable de l’immigration à Caritas Roma explique que Caritas offre une gamme de services pour faciliter la vie des immigrés à Rome, par exemple: repas, logement, soins de santé et aide à l’emploi.

“Nous donnons une aide d’urgence les premières semaines après l’arrivée”, déclare Mme Ngô Dình, “et nous aidons aussi les gens à plus long terme, par exemple, si quelqu’un a l’intention de fonder une entreprise, nous l’aidons à monter son dossier, à chercher des financements et à prendre des contacts”.

Selon Mme Ngô Dình, la façon dont une personne s’adapte à sa nouvelle vie à Rome dépend souvent de son niveau culturel et de ses qualifications. Caritas Roma propose des cours d’italien et facilite aussi la participation à des formations professionnelles pour augmenter les chances d’intégration des migrants. Elle mène aussi des campagnes d’information sur la migration dans les écoles.

“Certains migrants ont de bonnes qualifications qui les aident à absorber plus facilement le choc du dépaysement, tandis que d’autres restent dans leur groupe ethnique et ont plus de mal à apprendre l’italien et à s’intégrer”, ajoute-t-elle.

Les femmes sont particulièrement vulnérables quand elles migrent. Caritas Roma propose des logements sûrs et un appui aux femmes qui ont été victimes de la traite et de la prostitution. Elle aide aussi les femmes qui veulent travailler mais ont des enfants à charge, en facilitant la garde des enfants et en assurant une activité de conseil.

“Les femmes qui vont vivre et travailler dans des familles courent le risque de subir des violences sexuelles”, explique Mme Ngô Dình. “Il peut arriver aussi qu’elles se prêtent à certains comportements et attitudes parce qu’elles ont peur de perdre leur emploi”.

A Rome, Caritas est surtout connue pour ses soupes populaires et, tant les migrants que les Italiens qui ont du mal à mener une vie décente y ont accès.

Suite à l’envolée mondiale des prix des produits alimentaires, qui a fait basculer des millions de personnes dans la spirale de la pauvreté, Caritas a créé son “Emporio”.

Mme Ngô Dình explique que les gens qui vivent sur le seuil de la pauvreté après que leur pouvoir d’achat ait été fortement réduit par les hausses des prix, reçoivent un coupon qui leur permet de se rendre dans ce magasin et de s’approvisionner en produits de base tels que pâtes, tomates et huile.

“Nous essayons d’aider les gens qui ne s’en sortent pas tout seuls”, ajoute Mme Ngô Dình. “Toutefois, même si nous souhaitons aider les personnes vulnérables, nous veillons à ne pas créer de dépendance. Il convient de susciter un sens de la responsabilité et d’inciter les bénéficiaires à prendre leur destin en main”.

Caritas apporte son soutien dès qu’elle le peut, mais il serait beaucoup plus utile pour les migrants de recevoir le même type de soutien dans leur pays d’origine. De cette façon, la migration deviendrait un choix dicté par les perspectives de vie future au lieu d’être une fuite imposée par la pauvreté et les conditions de vie difficile.

Compte tenu des tensions actuelles en Italie, les migrants se retrouvent confrontés à de nouveaux défis et à des épreuves et non aux conditions susceptibles de répondre à leur besoin de changer leur vie.