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Even children aren’t safe from the widespread sexual violence in east Congo’s conflict. (Photos do not imply that the children depicted are the victims of sexual violence) Credits: Caritas/Peter Risholm

Even children aren’t safe from the widespread sexual violence in east Congo’s conflict. (Photos do not imply that the children depicted are the victims of sexual violence)
Credits: Caritas/Peter Risholm

Parmi les victimes de viol amenées à Caritas Congo, certaines ont jusqu’à 70 ans. L’une des plus jeunes qui a eu besoin d’aide n’avait que trois mois.
“Parmi les femmes qui viennent chez nous, il y en a qui ont été si gravement lésées par le viol qu’elles ne peuvent plus marcher,” raconte Ange Mbala, une psychologue de Caritas Congo à Goma.

Caritas Congo dispose de psychologues oeuvrant au sein des communautés pour identifier les femmes et les enfants qui ont subi des violences car, en raison de la stigmatisation liée aux agressions sexuelles, les femmes sont parfois réticentes à se présenter pour demander l’aide médicale.

Tapez les mots “Congo” et “viol” sur un moteur de recherche Internet, et un nombre infini d’histoires s’affichera. Cette semaine, dans le Congo oriental, une petite fille de trois ans est décédée à la suite d’horribles lésions après avoir été violée par un rebelle. Le viol, affirment certains rapports, est utilisé “comme arme de guerre”.

“Cela détruit les communautés,” explique Mme Mbala. “non seulement la vie des victimes est déchirée, mais aussi celle de leur famille et des communautés qui les entourent.”

Les soldats comme les rebelles impliqués dans le conflit du Congo oriental sont accusés de viol à l’encontre de femmes et d’enfants. Le viol entraîne non seulement des lésions physiques et psychologiques, mais aussi un risque grave de grossesse non voulue et d’infection du VIH.

“Les femmes de certaines communautés sont ciblées simplement pour humilier ces communautés, les détruire et occuper leur terre,” explique le père Pierre Cibambo, coordinateur de plaidoyer pour l’Afrique à Caritas Internationalis. “A travers cette stratégie, les rebelles contrôlent et exploitent les ressources minérales dans de vastes zones du Kivu. Parfois, les soldats commettent eux aussi des viols et des violences sexuelles, probablement à cause de l’intégration chaotique d’anciens miliciens dans l’armée régulière.”

Mme Mbala affirme que le nombre des victimes augmente généralement quand les affrontements entre l’armée et les rebelles se multiplient. Même si la situation semble relativement calme dans le Congo oriental après des mois et des mois de violence, le nombre des victimes de viol, affirme-t-elle, est encore en hausse.

“Les femmes pourraient essayer de se soigner dans leurs villages,” dit Mme Mbala, “mais souvent il n’y a pas un système de soins de santé ou des professionnels pour les traiter.”
Une fois que les victimes de la violence sexuelle ont été identifiées, on les emmène à l’hôpital pour les traiter. Caritas forme des agents humanitaires chargés de sensibiliser sur la question de la violence sexuelle et du sida et informer sur les lois qui protègent contre le viol. Elle offre aussi une formation aux médecins sur comment traiter les victimes de viol aux niveaux physique et psychologique.

Caritas aide les femmes à se réinsérer après la violence, en leur offrant une formation, par exemple la couture, pour qu’elles puissent avoir des compétences commercialisables. Caritas fournit l’aide matérielle sous forme de vivres, vêtements, articles d’hygiène aux femmes qui sont restées enceintes à la suite d’un viol.

“A travers leur programmes, Caritas et l’Eglise continuent à promouvoir le dialogue, la paix et la réconciliation dans les communautés,” déclare le père Cibambo. “Caritas est engagée dans des programmes de démobilisation et de réinsertion, destinés surtout aux enfants soldats. Nous menons aussi une action de sensibilisation dans les communautés et en particulier parmi les jeunes afin de promouvoir la paix.”