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Expelled Angolans from Congo live in camps with little food or sanitation. Credits: Caritas Angola

Expelled Angolans from Congo live in camps with little food or sanitation.
Credits: Caritas Angola

Certains arrivent les pieds nus, d’autres en haillons, ils sont tous épuisés et n’ont aucun bien. Des dizaines de milliers de personnes souffrent à cause de la faim, de la maladie et des privations, alors que le Congo et l’Angola sont impliqués dans une querelle sur l’immigration qui, suivant le principe « un prêté pour un rendu », a entraîné des expulsions massives.

La plupart des déportés angolais vivaient dans la province du Bas-Congo, leurs retours forcés sont une réaction aux vagues de Congolais chassés d’Angola depuis décembre. L’Angola affirme que ces expulsions visent à supprimer la contrebande de diamants.

Les personnes qui vivaient depuis 30-40 ans dans les communautés n’ont eu que quelques minutes pour partir. Les familles ont été séparées: les parents de leurs enfants, les maris de leurs femmes.

Ils ont dû marcher pendant des jours pour franchir les frontières. Ils arrivent dans des conditions de grande faiblesse, privés de tout et fortement traumatisés.

Une étude de Caritas dans les camps en Angola a constaté que 65 700 personnes vivaient là sans recevoir pratiquement aucune aide depuis deux mois. Caritas affirme qu’il y a une pénurie de vivres et que les systèmes d’assainissement inefficaces entraînent des maladies.

“Les personnes meurent par manque de nourriture,” déclare Sr Marlene Elisabete Wildner, Directrice de Caritas Angola. “Nous devons faire parvenir les vivres par avion parce que certaines régions sont inaccessibles par la route. Au moins 15 000 personnes dans les camps à Makela do Zombo sont isolées. Nous avons envoyé un camion, mais il n’a pas pu accéder à la route, nous devons donc les approvisionner par avion.”

Caritas a lancé un appel à tout le pays et envoie des vivres par avion dans les zones les reculées d’Angola. Une équipe médicale a été recrutée et sera dépêchée dans quelques jours pour aider à lutter contre les maladies. Caritas Angola demande aussi l’aide internationale.

“Nous essayons d’obtenir des vivres et du matériel de cuisine,” explique Sr Wildner. “Nous avons besoin de moyens de transport pour les ramener à leur village d’origine dans les plus brefs délais. Mais leur retour cause des tensions avec les personnes qui sont déjà installées là ; en effet, comme certains d’entre eux étaient partis depuis des dizaines d’années, ils se disputent sur les ressources et le droit à la terre. Nous devons travailler avec les communautés, renforcer la sécurité alimentaire et résoudre les conflits.”

Quant au Congo, la situation est tout aussi sombre car les personnes qui ont été expulsées sont peu aidées par le gouvernement. Ils sont tous sans logis et n’ont aucune idée de comment se refaire une vie.

Caritas aide les personnes qui retournent chez elles en leur trouvant des logis et en distribuant des vêtements, des ustensiles de cuisines et du savon.

“Nous les avons rencontrés dans la brousse,” raconte Alice Kafuta, Chef des interventions d’urgence de Caritas Luiza au Congo. “Nous les avons ramenés aux villages. Nous avons essayé de trouver des familles qui les accueillent.”

Les familles qui accueillent les personnes de retour sont elles-mêmes extrêmement pauvres et ont très peu de vivres. Caritas affirme que des milliers de personnes sont encore vulnérables.

Les évêques de Kanangaont ont condamné la façon dont les personnes qui retournent chez elles sont traitées. “Nous demandons aux catholiques, aux personnes de bonne volonté et aux organisations humanitaire de venir en aide à nos frères et sœurs qui ont été expulsés d’une manière si violente et laissés dans la misère,” affirme les évêques.

Les gouvernements d’Angola et du Congo ont promis de mettre fin aux expulsions et, à présent, le nombre de personnes qui franchissent les frontières a baissé passant de plusieurs centaines à 10-15 par jour.

Sr Wildner de Caritas Angola affirme qu’il s’agit d’une dispute sur les ressources et non sur la politique d’immigration. Elle dit que les pauvres paient le prix. Les catholiques des deux pays unissent leurs forces pour demander de mettre fin aux expulsions et aider ceux qui ont été forcés à rentrer chez eux.