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Being prepared is key to living in areas prone to disasters, such as El Porvenir. Organising community emergency committees and providing training in essential emergency response skills has ensured that in isolated areas local people are equipped to deal with the immediate impacts of a major weather event in the first – crucial - hours. Credits: Trócaire

Being prepared is key to living in areas prone to disasters, such as El Porvenir. Organising community emergency committees and providing training in essential emergency response skills has ensured that in isolated areas local people are equipped to deal with the immediate impacts of a major weather event in the first – crucial – hours.
Credits: Trócaire

de Trócaire (Caritas Irlande)

Atteindre les communautés d’El Porvenir n’est pas une tâche aisée. La route, 8 kilomètres de chemin escarpé, est souvent impraticable pendant la saison des tempêtes. Les habitants du village risquent de rester isolés pendant des jours, sans avoir accès aux vivres et à l’eau et perdant des journées précieuses de travail et d’école. En octobre 2008, la tempête tropicale n° 16 provenant des Caraïbes s’est abattue sur le nord du Honduras. Sept jours de pluie intense ont causé des inondations et des glissements de terrain, détruisant les récoltes et les maisons, bloquant l’accès à la communauté, et laissant 136 familles sans logement et sans avenir.

Les changements climatiques ne font qu’augmenter cette précarité. D’après les prévisions, les tempêtes tropicales et les pluies excessives, qui frappent le Honduras chaque année pendant la saison des ouragans, deviendront plus intenses et plus fréquentes à cause des changements climatiques. Ces prévisions sont étayées par l’expérience que les communautés au Honduras ont vécue ces dernières années. Les événements climatiques deviennent plus imprévisibles et extrêmes, qu’il s’agisse des tempêtes de la côte nord qui augmentent en nombre ou des sécheresses dans le sud du Honduras qui deviennent plus longues. Face à ce défi, les communautés – comme celle d’El Porvenir – sont confrontées à la tâche ardue de s’adapter à un environnement plus éprouvant encore.

Les événements météorologiques comme la tempête tropicale n° 16 dévastent la vie des personnes, en emportant leurs récoltes, leur bétail, leurs biens ménagers et leurs maisons. A cause de la fréquence de ces événements, le temps dont disposent les personnes pour se remettre entre deux tempêtes ou pour reconstruire leur maison entre deux glissements de terrain se réduit considérablement. Le plus souvent, ils n’ont pas le temps de se redresser, et à chaque inondation ou tempête ils sombrent un peu plus dans la pauvreté, car leurs biens s’épuisent et les possibilités de gagner leur vie s’amenuisent. En aidant ses partenaires locaux, Trócaire essaie de protéger la vie et les moyens d’existence des personnes et de faire en sorte que leurs capacités se renforcent pour faire face aux événements climatiques extrêmes, maintenant et dans le futur.

La préparation est la clé pour vivre dans les zones sujettes aux catastrophes, comme El Porvenir. Organiser des comités d’urgence au niveau communautaire et assurer une formation aux techniques fondamentales d’intervention en cas d’urgence – comme les premiers secours, la recherche et le sauvetage et la gestion des abris – permet aux personnes qui vivent dans des zones isolées d’être préparées à faire face aux effets immédiats d’un événement météorologique majeur dès les premières heures, qui sont cruciales. Dans les zones exposées au risque d’inondation, des systèmes d’alerte précoce ont été mis en place. Les membres de la communauté, alertés de l’imminence d’une inondation et sachant combien de temps il leur reste avant que celle-ci survienne, peuvent chercher un refuge pour eux eux-mêmes, pour leur famille et pour leurs biens, et se protéger ainsi en évitant les éventuelles pertes. Des techniques participatives ont été utilisées pour analyser les zones vulnérables au sein des communautés et élaborer des cartes des risques, en renforçant ainsi les capacités locales de comprendre et de réagir aux risques. On a réussi aussi à réduire la vulnérabilité des ménages à certains risques en déplaçant les familles des zones particulièrement sujettes aux inondations et aux glissements de terrain et en construisant des maisons résistant aux inondations et aux séismes.

Outre s’assurer que les communautés sont suffisamment préparées à faire face aux événements climatiques extrêmes, il est extrêmement important de bien gérer l’environnement pour réduire les éventuels effets néfastes. Une utilisation durable et écologique des ressources des terres et des forêts, associée à une approche intégrée pour la gestion des allotissements, des petites exploitations et des bassins d’eau a aidé à soutenir et à protéger les moyens de subsistance des personnes qui dépendent de l’environnement. Une initiative encourageant cette approche a consisté à chercher des sources d’énergie alternatives au bois de chauffage. A El Porvenir, ainsi que dans d’innombrables communautés du monde en développement, la dépendance excessive du bois comme combustible a entraîné un déboisement à grande échelle, exposant davantage les communautés aux risques d’inondation ou de glissement de terrain. En réaction à ce phénomène, un certain nombre de biodigesteurs ont été construits à El Porvenir pour fournir aux ménages pauvres un combustible alternatif. Il s’agit d’une technologie relativement simple qui produit du méthane à partir des déchets. Ce gaz peut être employé pour cuisiner ou pour éclairer, réduisant ainsi la dépendance du bois. Dans le cadre d’une approche plus générale de la gestion des ressources naturelles, l’emploi de sources d’énergie alternatives permet aux ressources des forêts de se reconstituer, ce qui, à plus long terme, offrira aux communautés des défenses vitales contre les inondations et les glissements de terrain.