Cette page est aussi disponible en: Anglais, Espagnol

Workers at the Norwegian Church Aid (a Caritas partner) Water and Sanitation facility in Bilel Camp Credits: Caritas

Workers at the Norwegian Church Aid (a Caritas partner) Water and Sanitation facility in Bilel Camp
Credits: Caritas

Auteur : Edwyn Shiell, Act for Peace – Coordinateur Campagnes & Communication (Australie)

L’infrastructure sanitaire de l’Aide de l’Eglise norvégienne (NCA) au camp de Bilel n’est qu’une modeste hutte. A l’entrée, une série de parterres de fleurs en brique rouge en forme de coeur font renaître le sol désertique sec aux alentours. Lorsque l’on rentre dans la structure, la fraîcheur de l’ombre est un véritable refuge à la chaleur caniculaire de la journée. Les murs sont décorés d’images dessinées à la main qui représentent les pratiques d’hygiène.

Un groupe d’agents chargés de l’hygiène et des installations sanitaires, dirigé par Osman Haroun, se presse dans le petit bâtiment et passe quelques minutes à discuter de leurs rôles d’éducateurs au camp de Bilel et des messages relatifs à l’hygiène qu’ils transmettent.

Jawaher Ahmad Ibrahim, agent dans l’équipe chargé de l’eau et des installations sanitaires déclare, “Mes semaines sont organisées comme ça. 3 jours sont consacrés aux visites à domicile dans les camps pour promouvoir l’hygiène. En général, cela se passe avec les femmes et les enfants car leurs maris essayent de travailler. Ces visites se résument parfois simplement à rappeler de se laver les mains après avoir utilisé les latrines ou avant de faire la cuisine.

Une journée est consacrée au ménage dans leurs pièces de vie. Nous mobilisons toutes les habitants du camp au ménage de leurs espaces, ils consacrent ensuite une journée à l’apprentissage des bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’installations sanitaires. En règle générale, je parle avec les membres de la communauté de la manière d’éradiquer la propagation des maladies, je leur parle également de l’eau pour m’assurer que ces pratiques sont correctement appliquées.”

L’hygiène représente un acquis dans le monde occidental, mais dans un camp de 30 000 personnes, la maladie est chose courante et des pratiques d’hygiène simples sont une question de vie ou de mort pour des milliers de personnes.

Joheed déclare, “Je pense que d’énormes progrès ont été réalisés, notamment au camp de Bilel. Nous avons remarqué d’importantes améliorations et des changements très positifs dans le ménage des espaces communautaires communs.

Il en est de même pour la compréhension parmi les populations, de plus en plus de personnes comprennent le message relatif à l’hygiène. Des progrès sont réalisés dans les camps.”

Le groupe semble positif et enclin à faire partager ses expériences professionnelles au sein du camp de Bilel. Il est évident que ce travail fondamental de sensibilisation à la santé en faisant du porte à porte est devenu un domaine d’expertise des agent chargés de l’eau et des installations sanitaires du NCA et, depuis l’expulsion du Darfour de 13 organisations humanitaires internationales en 2009, ceci s’est révélé être un exercice de substitution nécessaire pour continuer le travail réalisé par les organisations expulsées.

En 2010, le programme fournira des puits creusés à la main, des réserves hydrauliques solaires, des infrastructures pour se laver les mains, de nouvelles latrines, ainsi que l’organisation de campagnes massives pour la promotion de l’hygiène dans les camps, des campagnes générales de nettoyage, l’organisation de formations sur la diarrhée et la formation de professeurs qui pourront transmettre les messages relatifs à l’hygiène.

Joheed déclare, “C’est difficile de transmettre ce message à différentes communautés, qui viennent d’endroits différent et qui ont une compréhension différente de l’hygiène humain. C’est un véritable défi. Des efforts sont nécessaires pour que les populations changent leur manière de penser au sujet de l’hygiène.

Les maladies de la peau sont extrêmement courantes dans les camps et elles sont fatales pour les jeunes enfants. Ces maladies évitables font des morts au camp de Bilel. Cela fait partie de notre travail et c’est un élément auquel nous sommes confrontés quotidiennement dans les camps.

Nous mobilisons les communautés autour de la compréhension des causes de ces maladies de peau et des solutions pour les combattre telles que le fait de se laver les mains et de faire le ménage. C’est une partie fondamentale du message que nous transmettons dans les camps.

Le problème se fait désormais rare à Bilel. Le travail que nous réalisons est extrêmement efficace.”