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Caritas provides counselling and assistance to migrants, who may find themselves alone in a country where they don’t know the language. Credits: Caritas

Caritas provides counselling and assistance to migrants, who may find themselves alone in a country where they don’t know the language.
Credits: Caritas

Ils traversent les déserts du Mexique et naviguent sur des mers agitées sur des embarcations de fortune en Afrique du Nord. Ils sont loin de chez eux et prêts à risquer l’aliénation, le rejet et la pauvreté pour améliorer leur vie et celle de leur famille. De nombreuses personnes choisissent la migration faute de meilleure alternative.

“L’histoire nous a démontré qu’il y aura toujours des migrants,” déclare Martina Liebsch, coordinatrice du plaidoyer sur la traite des êtres humains et les migrations de Caritas Internationalis. “Mais Caritas souhaiterait que les migrants puissent faire le choix de quitter leur pays en toute connaissance de cause, selon les différentes opportunités susceptibles de s’ouvrir à eux.”

Le manque d’opportunités dans le pays d’origine est l’une des raisons des migrations. Les personnes partent également à l’étranger pour fuir la guerre, la pauvreté ou pour y trouver un moyen de subvenir aux besoins de leurs familles en leur envoyant de l’argent.

Selon Mme Liebsch, “Près de la moitié des migrants dans le monde sont des femmes et Caritas internationalis concentre son travail sur la migration des femmes”. “C’est important car elles sont vulnérables et susceptibles de connaître l’exploitation et des conditions de travail indécentes.” Selon elle, la migration des femmes a un impact considérable sur la famille et sur la société dans les pays en voie de développement.

“Dans certains pays, on parle de “génération perdue” d’enfants en pleine croissance,” affirme Mme Liebsch. “Les parents migrent et les enfants sont élevés par un grand-parent ou par quelqu’un d’autre.”

Les migrants eux-mêmes sont confrontés à de graves difficultés au cours de leurs nouvelles vies. Certains dangers sont représentés par l’exploitation de trafiquants, le chômage, les bas salaires, peu de droits ou des droits inexistants., ainsi que la pression de réussite à laquelle ils sont soumis pour pouvoir justifier leur choix de migrer, et la charge d’avoir un salaire assez conséquent pour pouvoir envoyer de l’argent à leurs familles.

Le thème des migrations rassemble les 162 organisations membres du réseau mondial Caritas car tous ont une expérience en tant que pays d’accueil ou pays d’origine. Caritas fournit un suivi psychologique et une aide aux migrants qui se retrouvent seuls dans un pays dont ils ne connaissent même pas la langue.

L’aide peut prendre la forme d’avis juridique, de cours de langues, d’un développement des formations et des compétences, d’une aide à la recherche d’un emploi, d’une aide à l’équivalence des diplômes pour qu’ils soient reconnus par le pays d’accueil, mais aussi d’un soutien moral et psychologique.

D’après Mme Liebsch, Caritas sensibilise les communautés et les gouvernements des pays d’accueil à la signification et aux bénéfices de l’intégration. Mais, selon elle, l’intégration des migrants dépend souvent de la flexibilité des personnes et de la volonté politique du pays.

Caritas préconise également plus de chaînes de migration légales. Le travail réalisé par Caritas sur un retour durable tente d’assurer une préparation minutieuse au cas où les personnes décideraient de rentrer chez elles, et en particulier le fait qu’elle aient un point de référence dans leur pays d’origine.

Mme Liebsch affirme que les migrants sont une source d’évolution, de diversité, d’espoir et qu’ils mettent au défi les attitudes des sociétés.

Mais elle affirme également que le climat économique morose actuel pourrait poser quelques problèmes pour les migrants du monde.

D’après Mme Liebsh, “Les taux de chômage croissants signifient que les natifs du pays d’accueil devront accepter les emplois moins qualifiés généralement réservés aux migrants, ”La concurrence du marché du travail va se renforcer et dans le pire des cas, cela entraînera une agitation sociale et une xénophobie envers les migrants.” Les récessions des taux de change pourraient également avoir comme conséquence le fait que les migrants envoient moins d’argent chez eux.

L’avenir est également incertain car les effets des changements climatiques vont accroître le nombre de personnes qui quittent leurs pays en quête de nourriture, d’argent et d’un foyer stable.

“On estime que d’ici à 2050, 150 millions de personnes deviendront des “réfugiés du changement climatique”, déclare Mme Liebsch. “Il n’y a actuellement aucun moyen de protéger les personnes touchées par les changements climatiques mais cela prouve le lien inextricable qui existe entre les migrations et le besoin de développement.”

Tandis que de plus en plus de personnes sont tentées de migrer, Caritas oeuvre dans tous les domaines qui affectent les décisions des migrants : changement climatique, paix et réconciliation, urgences humanitaires mondiales, justice économique et bien sûr, migrations.

“Nous voulons mettre un terme aux “migrations forcées” qui surviennent lorsque les populations doivent quitter leur pays à cause d’un manque d’opportunités, pour des raisons économiques et des problèmes climatiques. Une question essentielle pour nous : le développement et les migrations peuvent-ils oeuvrer ensemble pour que la migration devienne un choix ? affirme Mme Liebsch.

La Journée mondiale des Migrants et des Réfugiés, qui sera célébrée le 18 janvier 2009, nous remet à l’esprit le fait qu’il faut “vivre pleinement l’amour fraternel sans aucune distinction ni discrimination, avec la conviction qu’une personne dans le besoin que nous pouvons aider est notre voisin”.