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Temporary shelter in Maule provide by Caritas for survivors of the February earthquake. Credits: Caritas Chile

Temporary shelter in Maule provide by Caritas for survivors of the February earthquake.
Credits: Caritas Chile

Le Chili se remet sur pied, six mois après le tremblement de terre du 27 février qui a détruit les maisons de millions de personnes aujourd’hui démunies. Caritas a réagi immédiatement à la crise en fournissant à plus d’un million de personnes de la nourriture, des abris et des vêtements chauds et en leur offrant une écoute compatissante.

Caritas passe maintenant à l’étape de la reconstruction et du relèvement. Mais Lorenzo Figueroa, secrétaire général de Caritas Chili, affirme qu’il est urgent que le gouvernement adopte un plan national alors que l’hiver approche.

Entrevue avec Lorenzo Figueroa, secrétaire général de Caritas Chili

Quels ont été les plus grands défis?

Le tremblement de terre a touché un très vaste secteur qui s’étend de Valparaiso à Araucania, et où vivent près de 13 millions de personnes. Plus de deux millions de personnes ont été directement touchées. Il a été difficile de mesurer l’impact et d’identifier les victimes. De plus, le gouvernement ne diffusait pas d’information.

Au début, Caritas est intervenue en distribuant à la population de l’eau, de la nourriture, des vêtements, des abris et des trousses d’hygiène, mais aussi en offrant un soutien spirituel. Nous avons rejoint 210 000 des familles les plus vulnérables (plus d’un million de personnes).

Nos équipes étaient déjà sur le terrain dès le début de la catastrophe. Nous pouvons compter sur un réseau de 250 paroisses et de 1 500 églises qui nous ont grandement facilité la tâche de rejoindre la population dès les premières heures.

Un défi continu est de faire en sorte que le monde n’oublie pas les victimes du tremblement de terre et de maintenir la solidarité et l’espoir pour toutes ces familles.

Quelle est la situation de la population six mois après la catastrophe?

Six mois après le tremblement de terre et le tsunami, la situation est encore marquée par la dévastation et les gens ont toujours besoin d’une aide considérable.

Dans le Sud, il y a encore quelques répliques sismiques, certaines faibles, d’autres plus fortes. Bien que la situation soit revenue à la normale, les gens vivent dans la crainte d’un autre tremblement de terre. Dans le Nord, les gens sont de plus en plus effrayés chaque fois qu’il y a une réplique sismique, car les experts ont prévu un grand tremblement de terre là-bas.

Caritas est très préoccupée par les conséquences de l’hiver pour les gens dont les maisons ont été détruites par le séisme. Environ 40 000 maisons provisoires ont été construites. Il fait froid, il pleut, il vente, il neige, et des milliers de familles vivant dans ces conditions et qui comptent sur l’aide humanitaire doivent vivre avec des toits qui coulent ou qui menacent de s’effondrer et des conditions de vie difficiles.

Les sinistrés qui sont hébergés dans les camps font face à des conditions d’hygiène inadéquates. De plus, comme les hôpitaux eux-mêmes ont été endommagés, les gens ne reçoivent pas toujours les traitements dont ils ont besoin s’ils tombent malades.

Il est frustrant de constater qu’aucun plan de reconstruction n’a été élaboré en concertation avec les citoyens et combien de temps il faut pour la reconstruction.

Que fait Caritas Chili pour aider la population en ce moment?

À l’heure actuelle, nous concentrons nos efforts sur la reconstruction et le relèvement. Nous œuvrons dans le domaine du logement et de la formation pratique et nous aidons les communautés à retrouver leur dignité. L’hiver étant maintenant arrivé au Chili, nous nous assurons également que les gens peuvent se chauffer, entre autres.

Une partie de notre travail consiste à soutenir les familles dans une forme quelconque d’activité économique ou à leur permettre de se procurer les outils ou les matériaux qu’elles ont perdus dans le séisme, mais dont elles ont besoin pour travailler. Nous tâchons d’aider les familles à devenir plus autonomes. Le défi dans tout cela consiste à adapter nos programmes afin qu’ils répondent aux besoins propres aux diverses communautés.

Quelle était l’ampleur de l’appui du réseau Caritas à la suite du tremblement de terre au Chili?

Caritas Internationalis a fait preuve de solidarité en prêtant une aide considérable par bien des moyens, que ce soit sous la forme de personnel, d’aide financière, de soutien technique, pour ce qui est de faciliter l’obtention de l’aide d’autres pays, entre autres. Plus encore, elle nous a permis de ne pas nous sentir isolés. La famille de Caritas était là pour nous prêter main-forte et disposée à nous aider.

Dans la première semaine suivant le tremblement de terre, les représentants de Caritas nous ont rendu visite et nous ont aidés dans notre travail sur le terrain. Grâce à leur appui, nous avons lancé un appel d’urgence de 9 364 667 € (6 555 267 $) au mois de mars. Cette somme a donné un bel élan aux programmes au lendemain de la situation d’urgence et encore aujourd’hui, alors que nous sommes dans la phase de relèvement. Le travail que nous avons accompli, qui a apporté de l’aide et de l’espoir à des milliers de familles, n’aurait pas été possible sans la famille de Caritas.

Quelles leçons importantes a-t-elle tirées de cette expérience?

Les principales leçons que nous tirons du tremblement de terre, ce sont la nécessité de renforcer les équipes de Caritas sur le terrain et à l’échelon national et diocésain pour accroître leurs capacités décisionnelles et leur efficacité, l’importance de l’intervention de la communauté locale et des programmes de prévention, l’apport des bénévoles, l’importance d’une collecte de fonds efficace, ainsi que d’aborder la marginalisation des personnes vulnérables dans les catastrophes et de promouvoir la dignité humaine.

Y a-t-il des signes positifs pour l’avenir?

Ce sont les personnes touchées par le séisme elles-mêmes qui nous donnent des signes positifs. Malgré leurs pertes et leurs souffrances, elles ont réussi à se remettre sur pied, à réparer leurs maisons et à retourner au travail. Nous espérons des lendemains meilleurs et nous comptons sur la foi et la gratitude envers le Seigneur pour le don de la vie. Les Chiliens ont prouvé qu’ils peuvent surmonter l’adversité. Et l’élan de solidarité démontré dans le travail de nombreux bénévoles de même que par la très grande générosité observée ici même et à l’étranger, est un autre signe d’espoir.