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"More than one million signatures are needed to oblige the government to hold a plebiscite on the issue." Credits: Caritas

« More than one million signatures are needed to oblige the government to hold a plebiscite on the issue. » Credits: Caritas

Par Angela Page

Le Brésil commémore le Jour de l’Indépendance le 7 septembre. C’est une fête nationale, un jour de célébration.

Pour un grand nombre de Brésiliens, la situation n’a pas beaucoup changé depuis l’époque coloniale. Quelques propriétaires fonciers possèdent encore des fermes ayant la taille d’un petit pays et continuent d’exercer un grand pouvoir.

“Avec des propriétés aussi énormes, il est difficile de les contrôler ”, affirme Jose Francisco de Caritas Brésil. C’est pourquoi il a passé la semaine à promouvoir la campagne ‘Limitons la propriété foncière’.

Faits relatifs à la justice foncière au Brésil

On estime à 25 000 le nombre des personnes qui vivent en conditions d’esclavage dans les grandes fermes brésiliennes.

“Des surfaces aussi énormes sont difficiles à contrôler, les personnes peuvent aller dans ces terres et faire ce qui leur plaît” explique Jose. “Limiter la propriété foncière aidera aussi à éviter que des personnes aillent couper ou brûler les arbres à l’aveuglette.”

Dans tout le Brésil, les urnes se remplissent de centaines de signatures chaque jour. Un million de signatures sont nécessaires pour proposer un amendement de la constitution.

Caritas Brésil avait une forte présence sur la Praça de Piedade à Salvador, au nord est du Brésil. Les belles demeures qui entourent la place remontent aux 17ème et 18ème siècles, ces jours glorieux pour la ville. Traditionnellement, c’était une région de grandes plantations de sucre. Sa richesse a été ensuite liée aux plantations de tabac et à l’élevage de bétail en ranch, ainsi qu’à l’or et aux diamants à l’intérieur des terres de l’Etat de Bahia.

Les esclaves emmenés d’Angola, du Mozambique, de Guinée, du Soudan et du Congo ont été déversés dans les marchés d’esclaves au 16ème siècle pour approvisionner en hommes ces plantations. A l’époque où l’esclavage fut aboli, en 1888, 3,6 millions d’Africains avaient été transportés par mer au Brésil.

Avec l’arrivée des travailleurs ruraux qui luttent pour gagner un salaire décent, le nombre d’habitants à Salvador ne cesse d’augmenter. La ville offre l’espoir d’une meilleure vie, libre de l’exploitation. Les demeures coloniales continuent d’embellir la place, mais ses bancs cachent une toute autre réalité la nuit, quand ils servent de lit aux nouveaux arrivés.