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On the Sudan Catholic Radio Network stations, guests such as priests, community elders and civil society talking about what it means to forgive, reconcile and resolve conflict peacefully and listeners from all faiths call into the show. Credits: Debbie DeVoe/CRS

On the Sudan Catholic Radio Network stations, guests such as priests, community elders and civil society talking about what it means to forgive, reconcile and resolve conflict peacefully and listeners from all faiths call into the show. Credits: Debbie DeVoe/CRS

Par Bridget Burrows, agente de communications de CAFOD à Nairobi (CAFOD est un membre de Caritas en Angleterre et au Pays de Galles)

Lorsque s’ouvriront les bureaux de scrutin le 9 janvier, les citoyens du Sud-Soudan voteront dans un exercice d’autodétermination. Pourtant, plus de 75 pour cent de la population du Sud-Soudan ne sait ni lire ni écrire. La circulation de l’information revêt donc une importance cruciale. Mais comme il s’agit du plus vaste pays africain, il est difficile de rejoindre les collectivités les plus éloignées.

Relevant ce défi, les stations de radio communautaires du Réseau des radios catholiques du Soudan diffusent de l’information essentielle sur les élections à travers sept diocèses du Sud-Soudan.

Les émissions régulières comme « Connaître son pays » et « Forum de paix » diffusent de l’information à l’intention des électeurs et des nouvelles non partisanes et favorisent la tenue d’élections paisibles, alors que les débats animés dans les tribunes téléphoniques invitent les auditeurs à s’exprimer sur des questions d’actualité brûlante.

Le réseau est en ondes jusqu’à neuf heures par jour, depuis la capitale Juba et dans les villes de Malakal, Rumbek, Torit, Tonj, Yei et Gidel dans les montagnes de Nuba.

Le père Lounoi Santino gère une de ces stations, Radio Emmanuel, dans le diocèse de Torit, qui regroupe huit millions de personnes et qui est toujours lourdement armé après des décennies de guerre civile. Selon lui, « La radio se rend plus loin, plus rapidement. Notre station diffuse dans cinq langues locales. Sans ce service essentiel de sensibilisation, nous ne pourrions pas avoir un référendum paisible et juste. »

Sur les stations du Réseau de radio catholique du Soudan, des invités comme des prêtres, des anciens de la communauté et des représentants de la société civile discutent du sens du pardon, de réconciliation et de la résolution paisible de conflits. Des auditeurs de toutes les confessions religieuses téléphonent à l’émission.

Conçu par la Conférence des évêques catholiques du Soudan et la congrégation Comboni, le réseau de radio fonctionne depuis trois ans seulement.

Sur le site d’immeubles négligés et bombardés durant la guerre, des bureaux tout neufs accueillant les stations de radio ont été construits. Dans les montagnes de Nuba, il n’y a pas d’électricité pour faire fonctionner le transmetteur radio, qui est alimenté par l’énergie éolienne et solaire.

La populaire émission de promotion des femmes appelée « Les femmes de Nuba se tiennent debout » est dirigée par deux femmes, toutes deux analphabètes, qui acquièrent des compétences tout à fait étonnantes.

Vingt-deux jeunes locaux ont reçu une formation en journalisme. Auparavant, certains d’entre eux n’avaient jamais manipulé une souris d’ordinateur. Maintenant ils sont capables de faire fonctionner des consoles de mixage de son.

Duku Martin John, un jeune bénéficiaire de la formation, est maintenant un lecteur de nouvelles et l’animateur de l’émission de paix et de réconciliation « Un seul peuple » sur Radio Emmanuel.

« Je me rappelle la première fois où je suis entré en ondes, je n’étais pas capable de tenir mes feuilles parce que mes mains tremblaient trop, dit-il. Je suis très fier de mon parcours, après avoir été exilé et avoir fréquenté une école pauvre. Mes parents sont fiers de moi aussi. Quand je suis hors d’ondes, mon père me demande toujours où j’étais passé. »

La ville rurale éloignée d’Ikotos est à trois heures de distance de l’endroit où Duku présente les nouvelles, mais il n’est pas difficile de trouver un auditeur de Radio Emmanuel ici. Travaillant dans le marché achalandé, trois menuisiers écoutent le bulletin de nouvelles de midi.

« J’écoute Radio Emmanuel parce qu’ils donnent des émissions sur des sujets comme la santé et l’éducation. Sans éducation, on ne peut pas faire les choses correctement », affirme Thomas Wiri, un des menuisiers locaux.