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100 Caritas representatives from many countries march to the rhythm of the drums while heading towards the Cheikh Anta Diop University of Dakar where the 10th edition of the World Social Forum takes place. Credits: Elodie Perriot / Secours Catholique

Par Clémence Richard du Secours Catholique-Caritas France

Contre-événement du Forum économique mondial de Davos, le Forum social mondial s’est ouvert le 6 février par une marche collective dans les rues de Dakar, ville qui accueille l’événement. Près de 70 000 personnes venues du monde entier partageront et réfléchiront à un monde meilleur jusqu’au 11 février.

Dakar. 14h, le 6 février. Sous un soleil écrasant, la place de Sfax, en centre ville, se remplit d’une nuée de manifestants. Des femmes africaines aux tenues colorées dansent au rythme d’un refrain : « Solidarité avec les femmes du monde entier. » Plus loin, l’association Amnesty International brandit une banderole sur laquelle sont dénoncées les expulsions forcées de populations. « Une famille humaine, Zéro pauvreté » scandent les membres du réseau Caritas Internationalis. Ils sont une centaine de personnes représentant les Caritas de différents pays à être venus mêler leur voix à celle des 70 000 manifestants venus du monde entier. Au rythme des tambours et des slogans, ils s’avancent tous d’un même pas en direction de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où se tiendra pendant six jours, du 6 au 11 février, la dixième édition du Forum social mondial. Cette marche symbolique d’union des peuples et des communautés du monde entier annonce l’ouverture officielle de ce grand évènement altermondialiste.

Le Forum social mondial rassemble des milliers de mouvements sociaux de la société civile. Associations, ONG, syndicats, unions paysannes, etc. ils sont tous venus participer à la construction d’un monde plus juste. « Les valeurs du capitalisme sont celles de la compétition permanente, de la lutte pour le profit. Ce ne sont pas des valeurs justes ! » martèle Chico Witaker, cofondateur de l’événement. « Le FSM n’est pas une organisation, ce n’est pas un mouvement avec des dirigeants. C’est un espace où un certain nombre d’organisations de la société civile se disposent à créer, à se retrouver, à se reconnaître, à échanger, à apprendre les uns avec les autres, à identifier des convergences et à agir pour transformer le monde. Un autre monde est possible. Mais quel monde voulons-nous construire ? »

La migration est mise à l’honneur à l’occasion de ce FSM en terre africaine, terre de migrations. De nombreuses associations tiendront des ateliers sur ce sujet mais aussi sur la souveraineté alimentaire, la démocratie, l’accès à l’eau, etc. le Secours Catholique, lui, traitera le 8 et 9 février des conséquences de la non liberté de circulation des personnes, des opportunités de la migration pour l’étranger et le pays d’accueil, de la migration en Guyane Française mais aussi du contrôle des armes, de la traite des êtres humains et de l’industrie extractive.

« Les organismes catholiques ont une voix à faire entendre au FSM, qu’ils ont de par la bible et la révélation de Jésus Christ, et un regard particulier sur la personne humaine et par conséquent sur l’humanité. En tant que Chrétiens nous devons nous faire entendre comme il est important pour nous d’écouter ce que d’autres religions ou d’autres conceptions philosophiques ont à dire », affirme Emmanuelle Lafont, évêque de Cayenne en Guyane qui participe à l’évènement avec le Secours Catholique. « C’est ensemble que nous parviendrons enfin à renverser ce grand mammouth qu’est une mondialisation où l’argent est roi, où l’individu est de moins en moins invité à s’intéresser à ses frères et sœurs et qui nous mènera à la catastrophe. »