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Chronic hunger affects millions in Niger. Credits: Lane Hartill/CRS

Chronic hunger affects millions in Niger.
Credits: Lane Hartill/CRS

La famine mortelle frappe de nouveau le Niger. Elle affecte des personnes comme Abdoulai et sa famille dans le village aride, balayé par le sable de Toudoun Jaka. La pluie n’est pas tombée ici l’année dernière. La terre est craquelée et les champs d’Abdoulai ont produit moins d’un sac de millet, pas assez pour nourrir ses enfants pendant une semaine.

Abdoulai s’est habitué aux brûlures d’estomac et aux articulations douloureuses provoquées par la faim. Mais le pire, dit-il, c’est lorsque sa vue se brouille. « Si quelqu’un passe près de vous, vous avez l’impression qu’il y a deux personnes. Après le coucher du soleil, on ne voit plus rien. »

Le village s’est vidé à mesure que les hommes le quittaient pour tâcher de trouver du travail dans la capitale, Niamey. Abdoulai est resté, dénichant un boulot occasionnel payé 2 $ par jour, concassant de la roche dans une mine d’or voisine. Dans une mission exploratoire, Caritas Niger (CADEV ) a découvert d’autres villages à moitié vides, avec des champs abandonnés et des écoles fermées. Dans certains cas, les gens survivaient en mangeant uniquement des plantes sauvages.

Caritas a fourni des secours d’urgence par l’entremise du Groupe de travail sur le Sahel, une coalition d’organisations humanitaires de Caritas. Mais Caritas travaille également à faire valoir que la région du Sahel, en Afrique occidentale, a dépassé le point de non-retour. L’insécurité alimentaire est maintenant endémique. Au Tchad, au Mali, en Mauritanie, au Niger, dans le nord du Nigéria et au Burkina Faso, 800 000 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë ont dû être traités.

Le père Isidore Ouédraogo, le Secrétaire général de Caritas Burkina Faso (OCADES), affirme qu’une refonte radicale et des investissements à long terme sont nécessaires. « Il faut renforcer la production alimentaire locale et exploiter les ressources que nous possédons, comme l’énergie solaire, pour pomper l’eau. Les récoltes doivent être plus diversifiées et adaptées au changement climatique », conclut-il.

Devant les prix record des denrées alimentaires, Caritas Internationalis a désigné un Coordonnateur de la sécurité alimentaire à son Secrétariat, tout en resserrant les relations avec les agences alimentaires de l’ONU, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et le Programme alimentaire mondial.