Le bénéficiaire Mussie Sala est debout au milieu d'épis de maïs sains qu'il irrigue grâce à un projet d'irrigation de CRS (CRS est un membre américain de Caritas) dans le village d'Ija Aneni en Éthiopie orientale. Quoique d'autres fermiers souffrent d'une sécheresse en cours dans cette région, Sala dit que son maïs va bien à cause de son accès à l'eau. Credit: David Snyder/CRS

Par Ryan Worms

C’est par ces mots que le journaliste australien Julian Cribb a conclu sa conférence « Sécurité alimentaire et la famine à venir : des risques et des opportunités ».

Organisée par l’ambassade australienne au Saint-Siège à Rome, la conférence de monsieur Cribb a présenté les grands défis que devra affronter l’humanité si elle veut être à même de doubler sa production alimentaire afin de nourrir les 10 milliards d’êtres humains qui vivront sur Terre en 2060.

Parmi ces défis, monsieur Cribb a insisté sur les ressources hydriques qui seront nécessaires et qui ne sont pas suffisamment protégées aujourd’hui. En 2060 dit-il, l’eau nécessaire dans les villes sera égale à la quantité de toute celle utilisée aujourd’hui en irrigation. Où trouverons-nous cette ressource demain si nous n’apprenons pas à la protéger aujourd’hui? Il en va de même pour les terres arables. Un quart de celles-ci est déjà dégradé et chaque année 1 % de plus est perdu.

À cela, Julian Cribb ajoute les problèmes liés aux villes qui seront de plus en plus densément peuplées et qui ne produisent pas la nourriture dont les habitants ont besoin pour vivre. Que se passerait-il si les voies d’approvisionnement comme les rivières ou les routes venaient à être coupées?

Il s’inquiète aussi de la dégradation des habitats naturels par l’utilisation massive d’intrants chimiques, de la dépendance aux énergies fossiles dont la raréfaction provoquera sans aucun doute une flambée des prix alimentaires ou bien encore du gaspillage de nourriture qui serait suffisant pour nourrir 3 milliards d’êtres humains.

Le portrait dressé est sombre, préoccupant, mais comme nous dit le journaliste, spécialisé et passionné par ces enjeux, les grands défis sont aussi sources de grandes opportunités.

Réinventer l’agriculture et les systèmes alimentaires

Ce doit être, selon Julian Cribb, la priorité des discussions internationales pour assurer un avenir de paix. Le conférencier explique que l’accès à la nourriture, aux terres et à l’eau a toujours constitué les principales sources de conflits dans le monde.

Pour faire face aux menaces que représente le risque de famines et de sécheresses, il compte sur une transformation des systèmes agricoles afin que ces derniers soient plus écologiquement durables et moins dépendants des énergies fossiles. Cela passera par un investissement massif dans la recherche et le développement de nouvelles techniques en agriculture et par le partage des connaissances et des technologies qui en résulteront. Ces investissements sont possibles si, comme il le propose, les gouvernements redirigent les 1,3 trillion de dollars dépensés chaque année en armements vers l’agriculture et la sécurité alimentaire de leur population.

L’humanité doit agir comme une seule famille, créative et solidaire dans ce dossier. Alors elle pourra faire face au défi de la faim dans le monde, contrer les risques de famines à grande échelle et assurer une paix durable entre les peuples.

Pour l’Église, cette question est une priorité.

Ce message fût également repris par Monseigneur Marcelo Sanchez Sorondo, Chancelier de l’Académie pontificale des sciences qui rappelle que la question agricole et alimentaire est centrale pour le Saint-Père qui disait lors de son message de l’Angelus Place Saint-Pierre le 14 novembre 2010 que: « le moment est venu d’appeler à revaloriser l’agriculture non dans un sens nostalgique, mais comme une ressource indispensable pour l’avenir. »

Ce message est également porté par le travail de Caritas Internationaslis dont les membres à travers le monde travaillent en partenariat avec les communautés locales et des groupes de petits agriculteurs pour promouvoir différentes formes d’agriculture paysanne et ainsi assurer la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables.