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Meeting at Caritas Côte d’Ivoire. Caritas Côte d’Ivoire immediately deployed all its resources to help those who had been affected and displaced by the crisis in various parts of the country. Credits: Xavier Schwebel/Secours Catholique

Meeting at Caritas Côte d’Ivoire. Caritas Côte d’Ivoire immediately deployed all its resources to help those who had been affected and displaced by the crisis in various parts of the country.
Credits: Xavier Schwebel/Secours Catholique

La Côte d’Ivoire est un pays d’Afrique de l’ouest. République indépendante depuis 1960, elle partage ses frontières avec le Mali et le Burkina Faso au nord, le Liberia et la Guinée à l’ouest et le Ghana à l’est. Au sud, les côtes du pays donnent sur l’océan Atlantique.

L’économie du pays est principalement basée sur la production de café et de cacao. C’est le premier producteur de cacao au monde et cette industrie en fait un pays relativement riche comparativement aux pays voisins.

Le pays est divisé entre camps ethniques, religieux et économiques et de nombreux intérêts sont en jeu, notamment la question de la propriété des terres agricoles.

L’histoire de la Côte d’Ivoire est empreinte de coups d’état, d’agitations sociales et d’affrontements violents. La guerre civile qui a éclaté entre 2002 et 2004 a provoqué un déplacement massif de la population et a eu d’importantes répercussions sur les pays voisins. Malgré différents accords de paix et un l’adoption en 2007 d’un processus de sortie de crise, le pays n’échappera pas à un nouveau conflit suite aux élections présidentielles de novembre 2010.

Pourquoi cette crise ?

Le 28 novembre 2010, Alassanne Ouattara est élu président de la République de la Côte d’Ivoire, une élection légitimée par la Commission électorale indépendante

Tout comme la majorité de la communauté internationale le premier ministre du pays reconnaît la victoire de monsieur Ouattara.

Toutefois, le président sortant, Laurent Gbagbo, candidat à sa réélection, ne reconnaît pas sa défaite et est déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel et reçoit le soutient du commandant de l’armée.

Les pressions internationales, les tentatives de médiations et le blocage de l’économie du pays n’aboutiront pas à une transition politique pacifique. Le pays sombre en février dans un conflit armé qui verra la victoire au mois d’avril 2011 des forces armées fidèles à monsieur Ouattara qui front prisonnier l’ancien président Laurent Gbagbo.

Quelles ont été les conséquences de cette crise pour la population civile ?

Selon l’ONU, plus de 3 000 personnes ont été tuées lors des affrontements entre les forces armées opposées. Les populations civiles n’ont pas été épargnées par les violences entre les deux camps. Des cas de viols, pillages et destructions de villages et d’habitations ont été recensés. Selon le Haut commissariat aux réfugiés, pour fuir ces violences, près de 220 000 personnes se sont déplacées à l’intérieur de la Côte d’Ivoire et près de 200 000 autres se sont réfugiées dans les pays voisins, principalement au Libéria.

Quelle a été la réponse de Caritas ?

Caritas Côte d’Ivoire a immédiatement déployé toutes ses ressources pour venir en aide aux personnes affectées et déplacées dans différentes parties du pays.

Ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont reçu de l’aide directe de Caritas Côte d’Ivoire. Active sur pratiquement la totalité des 20 sites sur lesquels les personnes déplacées se sont rassemblées au plus fort de la crise, elle a distribué une aide alimentaire ainsi que des articles ménagers, des articles d’hygiène et assurer une protection. Rien que dans la capitale Abidjan, et dans ses environs, Caritas a offert une aide à plus de 20 000 personnes déplacées, principalement des femmes et des enfants.

Les activités ont couvert les secteurs suivants :

  • Alimentation (distribution de biens alimentaires) et autres produits de base non alimentaire pour les personnes déplacées
  • Soin de santé
  • Éducation
  • Protection des civiles
  • Eau, hygiène et assainissement

De nombreuses Caritas à travers le monde ont soutenu financièrement l’intervention de la Caritas Côte d’Ivoire. Nous pouvons notamment nommer : Caritas Afrique, Japon, Secours Catholique (Caritas France), Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Suisse, Canada, Corée du Sud et Indonésie, CRS (USA), et CAFOD (Angleterre)

La crise est-elle terminée ?

Non. Même si la présidence de Monsieur Ouattara est maintenant en place, il reste beaucoup à faire pour retournée à la normalité en Côte d’Ivoire.

Des milliers de personnes ne peuvent toujours pas retourner chez elles soit parce que les conditions de sécurité ne sont pas réunies soit parce que leur maison ou leur village ont été détruit ou bien encore parce qu’elles n’ont pas les moyens financiers de faire le voyage, et de subsistance une fois rendue.

Le travail d’assistance de Caritas Côte d’Ivoire se poursuit. Une mission d’observation s’est rendue sur le terrain au mois de juin pour préparer les actions qui seront réalisées dans une deuxième phase d’intervention de Caritas. Les programmes prévus porteront sur :

  • La sécurité alimentaire et la relance agricole par l’accompagnement des organisations paysannes
  • L’accès au logement par une aide économique aux familles les plus touchées
  • L’éducation des enfants par la réhabilitation d’écoles et la distribution de fournitures
  • La réhabilitation des points d’eau et la promotion des ouvrages d’assainissement
  • Accompagnement des structures gouvernementales en matière de santé et promotion de la santé à la base communautaire. Surveillance nutritionnelle
  • Mise en place de programmes de protection des populations

Caritas Côte d’Ivoire veut également accompagner le processus de réconciliation et de promotion de la paix et de la cohésion sociale. Toutefois, ce processus ne sera possible que lorsque la sécurité des biens et des personnes sera assurée et la stabilité retrouvée sur l’ensemble du territoire national.