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Fabiola Diaz Lopez lost her husband, farm and home in the Colombian countryside in 2010 to the Colombian armed conflict. She traveled, 5 months pregnant, for 13 hours to get to the Pasto, Colombia, refuge for displaced people, which is funded by Catholic Relief Services. She now lives in an apartment with her four children, including her daughter, Joan, who was born in October, 2010. She receives food and hygiene kits through a program supported by CRS. Credits: CRS

Fabiola Diaz Lopez lost her husband, farm and home in the Colombian countryside in 2010 to the Colombian armed conflict. She traveled, 5 months pregnant, for 13 hours to get to the Pasto, Colombia, refuge for displaced people, which is funded by Catholic Relief Services. She now lives in an apartment with her four children, including her daughter, Joan, who was born in October, 2010. She receives food and hygiene kits through a program supported by CRS. Credits: CRS

Par Adriana Arrieta

Après plus de 45 ans de guerre civile, la paix reste insaisissable en Colombie, où aujourd’hui une personne sur dix est forcée de quitter son foyer.

Chaque jour, un Colombien est dépouillé de ses biens, de son logement ou de sa vie. Ses rêves, ses désirs et ses espoirs lui sont ôtés.

Beaucoup sont contraints d’émigrer dans une autre ville où ils peuvent vivre en paix. D’autres n’ont d’autre choix que d’abandonner le pays, dans l’espoir de fuir tous les problèmes qui les affligent et pour lesquels le gouvernement ne peut pas les aider.

Les chiffres de l’ONG CODHES (Consultation pour les droits de l’homme et le déplacement) indiquent que, en 2010 seulement, 280 000 Colombiens ont dû quitter leur foyer et que la Colombie compte le plus haut nombre de personnes déplacées et de réfugiés au monde (5,28 millions).

Il s’agit d’une énorme crise humanitaire que la plupart du monde a oubliée ; « la gravité de notre situation est peu connue par le public international », affirme Mgr Hector Fabio Henao, Secrétaire général de Caritas Colombie.

L’Église catholique en Colombie a joué un rôle fondamental dans l’aide aux victimes des conflits armés. L’Eglise affirme que pour parvenir à la paix, il faut tous les acteurs se réconcilient, et que la réconciliation exige, à son tour, la vérité et la justice.

Depuis plus de 15 ans, l’Eglise soutient la ‘Semaine de la paix’ qui se tient au mois de septembre. Par cet événement, on espère sensibiliser à la situation tragique du pays, commémorer les victimes décédées du conflit armé et réparer les dommages causés aux personnes touchées.

Les débuts de la ‘Semaine de la paix’ remontent à 1986, lorsque deux prêtres décidèrent que la société devait soutenir des initiatives en faveur de la paix. Après plusieurs initiatives locales, en 1988, la première ‘Semaine de la paix’ a eu lieu en Colombie. Cet événement est devenu une institution et a été organisé tous les ans depuis 1994.

Les associations autochtones, les dirigeants syndicaux, les groupes droits-de-l’hommistes et d’autres en faveur de la paix y participent. C’est un espace de réflexion et de contrition, où l’on cherche la paix ô combien souhaitée et insaisissable en Colombie.

La devise de la Semaine est: « Chaque vie est unique, chaque personne, irremplaçable, chaque mort, irréversible ».

Laura González Chacón de Caritas Colombie a expliqué que cette initiative est devenue « un grand mouvement national représentant la résistance colombienne contre une vie vécue dans une situation de conflit généralisé ».

Les événements de cette année ont été éclipsés par l’assassinat de deux prêtres, José Reynel Restrepo et Gualberto Antonio Oviedo, tués l’un comme l’autre en septembre 2011.

P. Restrepo, 36 ans et curé de paroisse dans la municipalité de Marmato, faisait partie d’un comité de défense contre l’exploitation imminente d’une mine à ciel ouvert dans la région. Le 1er septembre, il a été assassiné alors qu’il roulait à moto à la campagne, après avoir rendu visite à sa famille.

Quelques jours plus tard, P. Oviedo Arrieta de Capurgana (Chocó), a été tué avec une machette. C’était le sixième prêtre catholique assassiné en Colombie depuis le début de l’année.

Laura Chacón affirme que, malgré ces revers tragiques, le travail continue. Elle attire l’attention sur les projets visant à « créer des espaces de communication entre les initiatives de base, les institutions éducatives, les ONG, les églises, les hautes sphères gouvernementales et la communauté internationale » qui seront mis en œuvre dans les prochains mois.

« Le réseau de Caritas au niveau local nous permet de comprendre la crise humanitaire, dit-elle, et fait de nous des témoins de ce qui se passe dans les différentes régions.

« Nous avons établi des relations étroites avec les organismes gouvernementaux de défense et de protection des droits de l’homme, tels que le système d’alerte précoce du médiateur et le centre d’assistance aux victimes ».

Au niveau international, dit-elle, « Nous sommes soutenus par le groupe de travail de Caritas pour la Colombie, composé de CAFOD (Caritas Angleterre et pays de Galles), Trocaire (Caritas Irlande), Espagne, Suisse, Norvège, France, Allemagne, CORDAID (Caritas Pays-Bas), et CRS (un membre Caritas dont le siège est aux Etats-Unis).

« Leur rôle a été très important dans la promotion des objectifs, des stratégies et des pratiques communes … pour dynamiser le travail effectué par Caritas Colombie ».