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Women and childrend at NCA clinic in the Hasa Hissa IDPs camp Credits: Mohamed Nureldin/Act Caritas

Women and childrend at NCA clinic in the Hasa Hissa IDPs camp
Credits: Mohamed Nureldin/Act Caritas

L’année 2011 aura été une année historique pour le Soudan, le pays ayant réussi à se scinder en deux États après une guerre civile des plus longues de toute l’histoire de l’Afrique.

Hélas, au Darfour, le conflit n’est pas terminé. Plus de 300 000 personnes y ont été tuées depuis 2004, et plus de 2,7 millions ont dû fuir leur maison.

[Galerie de photos: l’alimentation, l’eau et la santé pour des femmes et des enfants au Darfour]

Grâce à ses deux programmes dans le Darfour de l’Ouest et le Darfour du Sud, les membres de Caritas Internationalis fournissent nourriture, soins médicaux et d’autres services d’urgence à plus d’un million de personnes, sans égard à leur appartenance sociale, religieuse ou ethnique.

Le programme mis en œuvre par Catholic Relief Services (CRS est une organisation membre de Caritas des États-Unis) répond aux besoins immédiats et à plus long terme de plus de 500 000 personnes au Darfour.

Caritas collabore aussi avec Act Alliance, la coalition des organisations humanitaires protestantes et orthodoxes, dans une initiative œcuménique qui se concrétise sur le terrain grâce aux activités de Norwegian Church Aid, de Sudanaid (un membre de Caritas) et du Sudan Council of Churches.

La campagne conjointe lancée par Act et Caritas pour 2012 vise à obtenir les fonds nécessaires à la mise en œuvre de projets humanitaires auprès de 500 000 personnes additionnelles. Depuis 2004, Caritas et Act ont dépensé 100 millions de dollars américains.

Le directeur des programmes d’aide humanitaire à Caritas Internationalis, Alistair Dutton, affirme que « le Darfour demeure l’une des principales opérations d’aide humanitaire de la confédération Caritas. Ce programme fournit des services d’eau et d’assainissement ainsi que des services de santé et de nutrition à un grand nombre de réfugiés vivant dans des camps. Pour le moment, il y a peu d’alternatives viables, et donc le programme doit continuer pendant que nous recherchons des solutions locales. »

Campagne conjointe d’Act et de Caritas pour 2012

Tout comme en 2011, le principal but du programme de 2012 sera de fournir de l’eau potable, des services de santé et de nutrition et d’autres services d’urgence ainsi que de promouvoir la paix. Dans le Darfour de l’Ouest et le Darfour du Sud, Caritas travaille surtout dans les camps de ceux qui ont dû abandonner leur maison, mais environ 24% de son aide va aux villages d’accueil et à la population rurale.

En 2011, à cause des conflits, du prix élevé des aliments et de la crise économique, le taux de malnutrition a encore augmenté au Darfour, et le taux de malnutrition demeure très élevé dans certaines zones, oscillant entre 19% et 30%.

« En investissant dans l’énergie solaire, nous réduisons les coûts des opérations et contribuons à leur viabilité à long terme», a dit Alistair Dutton, qui a participé au déploiement des opérations de Caritas en 2004. « En promouvant les bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement, le nombre de malades diminue considérablement. En encourageant les populations nomades à faire vacciner leur bétail et en délimitant les zones de pâturage, nous favorisons la paix au sein des collectivités locales. En collaborant avec le ministre de la Santé du Soudan, nous cherchons à garantir la pérennité de nos cliniques médicales. »

Caritas estime que plusieurs scénarios sont possibles pour 2012 au Darfour. Il semble qu’un nombre assez important de personnes soient en train de rentrer chez elles, surtout dans le Darfour de l’Ouest. Par ailleurs, les conflits qui se poursuivent dans d’autres régions du Soudan et d’autres zones du Darfour laissent présager qu’il y aura encore de la violence.

La situation économique du Soudan est très sombre. On s’attend à ce que le pays connaisse de fortes hausses du prix des denrées alimentaires entre mai et septembre 2012 à cause de mauvaises récoltes, car certaines régions n’ont pas reçu de pluies et les activités agricoles ont été perturbées par les conflits en cours dans la région du Nil Bleu et du Sud-Kordofan. Il est aussi probable qu’en raison des pluies insuffisantes dans le Darfour du Nord en 2011, les nomades soient obligés de se déplacer vers le Darfour du Sud, en quête de nouvelles zones de pâturage.