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CORDAID mental health capacity building session. Credits: Worms/Caritas

CORDAID mental health capacity building session.
Credits: Worms/Caritas

Certains sont restés enterrés sous les décombres pendant des heures. D’autres ont perdu des êtres chers. Des milliers ont vu leurs maisons détruites. Pour les survivants du tremblement de terre de 2010 en Haïti, le chagrin et la peine sont devenus des compagnons de chaque instant. Alors que Caritas parait au plus pressé en fournissant aux familles de l’eau, des vivres et des abris, le personnel chargé de distribuer l’aide observait que la prise en charge psychologique représentait un besoin tout aussi important.

“Plus d’un an après le tremblement de terre de janvier 2010, de nombreux Haïtiens avaient encore du mal à entrer dans un bâtiment ” explique Boris Budosan, conseiller en santé mentale pour Cordaid (Caritas Pays-Bas). Dans certains cas, le fait d’avoir traversé les moments terrifiants du tremblement de terre a entraîné des états plus sérieux, tels que des dépressions graves voire des psychoses. Le stress et l’anxiété, ressentis par une grande partie de la population, ont parfois débouché sur des problèmes de violence, de drogue et d’alcool.

En Haïti, on trouve difficilement des soins spécialisés pour les personnes souffrant de problèmes mentaux. Cordaid, qui a travaillé dans ce pays pendant des années, a comblé cette lacune. L’organisation a lancé des programmes qui aident les enfants et les adultes à faire face au stress psychologique post-traumatique et qui visent à améliorer la situation émotionnelle des survivants.

Cordaid a fait venir des psychiatres, des psychologues et des travailleurs sociaux pour former des centaines d’auxiliaires communautaires, en plus du personnel chargé des soins de santé primaires, sur la façon d’aider les personnes en situation de détresse. Cordaid s’est aussi employée à établir un système qui aiguille, si nécessaire, les membres des communautés ciblées vers les systèmes de soins de santé primaires. Elle a organisé des sessions de mobilisation et de sensibilisation afin que les survivants reconnaissent les signes d’une forte anxiété ou d’une dépression grave – et sachent où aller pour trouver de l’aide.

Cordaid's community level workers in action Credit:Worms/Caritas

Cordaid’s community level workers in action
Credit:Worms/Caritas

Cordaid a organisé des manifestations communautaires au cours desquelles les survivants peuvent se détendre, faire du sport, bricoler et écouter de la musique. Dans les camps de personnes déplacées, Cordaid a organisé des tournois de football et d’autres activités permettant d’évacuer le stress. “Les conditions de vie dans ces camps sont souvent extrêmement difficiles ”, explique Boris Budosan. Pendant les manifestations, les résidents des camps peuvent oublier un instant la lutte quotidienne qu’ils doivent livrer pour se procurer l’indispensable et ne penser qu’à s’amuser.

En novembre 2011, plus de 95 000 personnes avaient participé à des programmes visant à soigner le traumatisme et à réduire le stress. “Pour les survivants qui accumulent le stress, nous espérons bloquer une ‘deuxième vague’ de problèmes psychiatriques” explique Boris Budosan. “Nous voulons que les gens retrouvent leur résilience et la renforcent ”.