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Families live in this barn that previously sheltered livestock on a suburb of Baalbek. As winter approaches, living conditions are getting precarious for most Syrian refugees in Lebanon Credits: Leykauf/Caritas Switzerland

Families live in this barn that previously sheltered livestock on a suburb of Baalbek. As winter approaches, living conditions are getting precarious for most Syrian refugees in Lebanon
Credits: Leykauf/Caritas Switzerland

Alors que les combats s’intensifient dans toute la Syrie, les réfugiés continuent à franchir la frontière par milliers. Selon les derniers chiffres, il y aurait plus de 100 000 réfugiés syriens au Liban.

“Le nombre de réfugiés augmente et le désespoir aussi”, constate Hombline Dulière, auxiliaire sociale à Caritas Liban. “Au début de l’été, la plupart des réfugiés que j’ai rencontrés pensaient que leur retour en Syrie n’était qu’une question de semaines. Aujourd’hui, beaucoup sont profondément choqués parce qu’ils comprennent que la situation va durer plus longtemps”, explique-t-elle.

Le personnel et les bénévoles de Caritas travaillent sans répit pour aider les réfugiés. Mais, avec l’hiver qui approche, les conditions de vie deviennent précaires.

Najla Chahda, responsable du Centre des migrants de Caritas, précise: “La nuit, dans la vallée de la Bekaa, la température descend aux environs de 8 degrés Celsius. Dans les prochaines semaines, elle tombera en dessous de zéro et beaucoup de tentes ne sont pas équipées pour protéger des pluies d’hiver. Les gens vont avoir très froid”.

Dans le sud du pays, le nombre de réfugiés augmente aussi. Beaucoup des nouveaux arrivants espèrent trouver plus facilement du travail. Mais la réalité n’a rien de réjouissant. Les auxiliaires sociaux de Caritas se désolent de constater que l’aide disponible est insuffisante et que les conditions de vie sont précaires et insalubres. Malheureusement, faute de ressources, Caritas Liban n’a pas les moyens de proposer des hébergements.

Caritas aide la population de réfugiés en distribuant des vivres et des articles non alimentaires. Les couvertures d’hiver, les matelas et les vêtements chauds, de même que le combustible de chauffage, sont très demandés. Jusqu’ici, Caritas a distribué des aides à 5 000 familles syriennes et espère renforcer son assistance pendant l’hiver.

Au plan médical, les unités de soins mobiles de Caritas dispensent des soins infirmiers, offrent des consultations pédiatriques et gynécologiques et distribuent des médicaments.

Outre l’hébergement et les besoins liés à l’hiver qui s’annonce, Caritas Liban essaie de résoudre le problème majeur que représente l’éducation des enfants déplacés. “Les enfants syriens se heurtent à deux difficultés ; premièrement, le programme libanais est enseigné en trois langues, l’arabe, le français et l’anglais, alors que l’enseignement syrien est principalement dispensé en arabe. Deuxièmement, les parents ne scolarisent par leurs enfants, soit parce qu’ils n’ont pas d’argent, soit parce qu’ils estiment qu’ils doivent travailler et aider leur famille”, explique Najla.

Caritas prend ce problème à cœur et enregistre autant d’enfants que possible pour faciliter leur inscription dans les écoles et tenter de rétablir un sens de normalité dans leur vie, par ailleurs bouleversée. Caritas Liban collabore avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et promeut l’enregistrement des enfants et leur scolarisation dans les écoles et associations locales.

Caritas a accordé 100 bourses scolaires et facilité l’inscription de plus de 840 écoliers, à qui elle a fourni des cartables, des chaussures, des uniformes et des bons pour l’acquisition de livres et de papeterie. Elle a aussi lancé un nouveau programme qui mobilise 50 jeunes bénévoles pour couvrir la Bekaa. Ce groupe rendra visite aux familles syriennes, offrira des vêtements chauds pour les enfants et organisera des activités ludiques.

Tous les réfugiés syriens ont des souvenirs tragiques à partager. La guerre civile meurtrière qui fait rage dans leur pays les a envoyés loin de tout ce qu’ils connaissaient et de tout ce qu’ils aimaient. Souvent, leurs foyers ont disparu, leurs quartiers ont été détruits et leurs familles ont été déchirées et fragmentées.

Il leur faudra beaucoup de temps pour rassembler les morceaux de leur vie. En attendant, ils auront besoin de tout le soutien possible. Caritas Liban, avec l’aide de ses bénévoles et des membres, est bien déterminée à alléger leurs souffrances.