Par Guy-Marin Kamandji, Kinshasa

le Cardinal Robert Sarah, Président du Conseil Pontifical Cor Unum, a clôturé jeudi, au centre d’accueil de Caritas Congo à Kinshasa, la rencontre des Evêques Présidents des Conférences Episcopales et des Caritas d’Afrique. « Identité et mission de Caritas à la lumière de l’encyclique Deus Caritas Est » a été au centre de ces assises de trois jours. Dans son intervention, il a résumé les principales résolutions et recommandations de cette rencontre.

« Nous avons particulièrement insisté sur la responsabilité première de l’Evêque, en ce qui concerne l’activité caritative. J’espère qu’il n’y a aucun doute sur cette question aujourd’hui», a-t-il relevé d’entrée de jeu.

En fait, pour l’Eglise, et le Pape y revient toujours, le responsable de la pastorale de la charité, c’est l’Evêque, a-t-il insisté. Car l’Evêque est le garant de la communion entre l’annonce de la Parole, la célébration des sacrements et la diaconie, l’amour. L’Evêque est aussi être le garant précieux du dialogue qui devrait exister au sein de ceux qui travaillent dans la Caritas diocésaine et également d’un dialogue serein et fraternel et sans arrogance avec les Partenaires qui viennent nous aider, a poursuivi le Cardinal Sarah.

Tout cela doit aider à renforcer le caractère ecclésial de la Caritas. Lié à cela, l’Evêque doit avoir comme projet de mobiliser et de sensibiliser toute la communauté chrétienne ; car la charité doit partir de la paroisse. Pour l’orateur, la charité est également le témoignage d’une évangélisation.

Le Cardinal Sarah a en outre attiré l’attention de l’assemblée sur la question du partenariat qui ne consiste pas à accueillir tout ce qui vient d’ailleurs, sans discernement, surtout lorsque cela va à l’encontre de nos options pastorales. Continuant à résumer les principaux sujets abordés lors de cette rencontre, il a souligné la nécessité de la formation : des Evêques, des agents de Caritas, etc. Il a insisté sur « l’engagement des Evêques de chacun de vos pays à examiner l’éventualité ou la nécessité de revoir les accords/protocoles signés avec les différentes Caritas et partenaires pour les réactualiser et les faire entrer dans cet esprit ecclésial sur lequel nous nous sommes longuement arrêtés lors de ces travaux ».

Un autre aspect sur lequel a insisté le Cardinal est la gouvernance : la vigilance et la transparence dans la gestion de nos organisations caritatives.

« J’ai l’impression que nous sommes sur la voie d’un processus de conversion, de révision et de précision du rôle de la Caritas. Cette rencontre, je le crois fermement, a été très utile à nous tous de comprendre quel modèle d’organisation nous devons assumer. Il s’agit de montrer le visage de l’Eglise, et par là montrer le visage du Christ. Nos actions doivent rayonner le Christ », a-t-il recommandé en priant le Seigneur d’aider les participants dans cette nécessaire entreprise de conversion, de renouveau dans notre manière de travailler dans Caritas. « Si vous désirez reformuler changer vos Statuts de Caritas, vous pouvez compter sur Cor Unum pour vous aider », a-t-il déclaré. Il a souhaité cette reformulation pour donner plus de place et souligner le rôle premier de l’Evêque, à partager avec les prêtres et les laïcs jusque dans les communautés de base. Et de conclure, en citant le Pape Benoit XVI que les deux piliers de la nouvelle Evangélisation, c’est la foi et la charité (Caritas).

Avant lui, Mgr Francisco Joao Silota, Président de la Caritas Africa, a remercié les deux Cardinaux venus encourager les participants, et à travers eux, le Pape. Il a aussi exprimé sa gratitude aux participants et à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette rencontre. « Une fois chez vous, vous ferez que la Caritas soit un instrument de libération spirituelle et matérielle », a-t-il souhaité. Il a émis le vœu de voir la Caritas être une organisation vraiment assumée et encouragée par les Evêques.

Pour sa part, et s’adressant à la presse avant son départ pour Rome, le Secrétaire Général de Caritas Internationalis, s’est dit très heureux d’avoir participé à cette rencontre, ayant regroupé plus de 50 évêques venant de 34 pays, une première. « C’est pour essayer d’ancrer la démarche Caritas dans l’Eglise , au niveau des Evêques. Trop souvent, la Caritas est une activité qui est déléguée par les Evêques à d’autres personnes. Ils la délaissent à la fin. Je crois qu’après cette rencontre, ils ont compris qu’ils doivent eux-mêmes être impliqués dans ce qu’on appelle la pastorale sociale, action auprès de plus pauvres », a déclaré Michel Roy. Il a été aussi question de la solidarité des autres Caritas de la planète, des églises du Nord, et de la manière d’établir un partenariat fraternel avec elles. Il y a eu de bons échanges là-dessus, a noté Michel Roy, espérant voir cette être suivie par d’autres.