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CADEV staff distributes charcoal to Malian families in Ayorou refugees camp in Niger Credits: Simone Stefanelli/Caritas

CADEV staff distributes charcoal to Malian families in Ayorou refugees camp in Niger
Credits: Simone Stefanelli/Caritas

Le paysage est décharné. Pas un arbre ou un buisson ne fournit le moindre abri ou offre la moindre ombre. Le vent souffle avec furie, les visages des enfants sont striés de lignes sombres, là où leurs larmes ont coulées à cause du sable.

Halima est une jeune femme qui vit dans le camp de réfugiés d’Ayorou au Niger. Elle a quitté sa ville natale de Tabakota au Mali il y quelques mois avec 20 membres de sa famille. « J’ai un petit enfant vous comprenez, alors quand des hommes armés ont ouvert le feu dans la ville, j’ai eu peur et je suis partie, en fait nous sommes tous partis, » dit-elle.

Halima est reconnaissante à Caritas, car sa famille a reçu de l’huile, du millet et des légumes. Elle est particulièrement heureuse de son sac de charbon de 40 kg. « Je vais être capable de cuisiner pour toute la famille pendant environ trois semaines avec cela, »dit-elle.

CADEV- Caritas Niger, travaille dans quatre camps et assiste plus de 18 000 réfugiés maliens. Ils se sont enfuis après que les rebelles se sont emparés du nord du Mali -l’an dernier, déclenchant un afflux important de réfugiés dans la région du Sahel.

« Nous avons deux types de réfugiés maliens ici au Niger,  » a déclaré Abdou Amadou Douramane (Nasser), Chef du Programme des réfugiés de Caritas Niger. « Nous avons des Maliens dans les camps et nous avons des nomades au dehors, qui ne sont pas aussi facilement assistés car ils se déplacent avec leurs chameaux et leurs chèvres.  »

Le Niger est désespérément pauvre et a du mal à faire face à l’afflux de réfugiés. Le pays souffre de graves sécheresses ainsi que d’invasions de sauterelles périodiques. La crise alimentaire et la malnutrition touche 60 pour cent de la population du Niger qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Caritas a pu aider les réfugiés dans le camp d’Halima mais les fonds s’épuisent. « Nous n’avons pas réussi à donner du charbon à l’ensemble des réfugiés du camp, seulement 800 familles vulnérables en ont reçu. Malheureusement si nous n’obtenons pas de nouveaux fonds, il n’y aura pas de charbon le mois prochain,  » dit Nasser.

Une préoccupation supplémentaire pour Caritas est l’impact sur l’environnent. «Les réfugiés ainsi que les nomades utilisent du bois pour la cuisson et pour nourrir les animaux. Vous pouvez voir qu’il n’y a pas d’arbres ou buissons sur des kilomètres,  » déclare Nasser.

« C’est pourquoi le charbon était une bonne initiative et nous espérons que nous pourrons continuer à le distribuer, car les zones autour des camps ont été sérieusement touchées « .

CRS (une organisation Caritas) aide 5 000 nomades dans la région d’Ayorou et d’Abala. « Nous savons que le financement se terminera à la fin de ce mois et nous ne savons pas qui va les soutenir par la suite, » dit Nasser.

Une autre question urgente concerne les soins médicaux. Les capacités locales déjà faibles sont maintenant épuisées avec les réfugiés, les centres de santé intégrés (CSI) manquent de tout. « Nous avons besoin médicaments de base tels que les analgésiques et les antibiotiques. Nous en fournissons déjà, mais pas assez, » dit-il.

« Un autre projet que nous avons à cœur est celui d’appuyer les communautés locales, contraintes à partager leurs ressources avec les nomades et refugiés. » CADEV teste actuellement un projet maraicher dans deux villages. « Nous distribuons des semences dans les villages, offrons une assistance technique pour l’irrigation, et une petite formation sur les techniques de jardinage. Nous espérons que ce projet réussisse et s’étende à d’autres villages, pour le bénéficie de nombreuses personnes,  » explique Nasser.

Les développements positifs de cet afflux de réfugié existent malgré tout, et visible à Abala. « Depuis que les nomades et les réfugiés sont dans cette région, le château d’eau local a été réparé et fourni maintenant de l’eau à tout le monde,  » a déclaré un membre du personnel de Caritas.

Pour Dassine, une autre réfugiée du camp, l’action Caritas a été essentielle pour sa famille. « Nous avons quitté Kidal au Mali, Je suis dans ce camps depuis 6 mois, j’ai fuis à cause des combats. L’équipe de Caritas nous a assisté dès notre arrivée. Ils nous ont donnés des documents pour accéder au camp. Toute notre famille a reçu un kit de cuisine avec des casseroles, un seau et des tasses. Nous avons même reçu des médicaments. Et en plus, aujourd’hui, nous avons ce sac de charbon ! Je n’aurai pas besoin d’aller chercher des brindilles à des kilomètres maintenant « , a-elle dit avec un sourire.

L’état d’esprit du réfugié s’est amélioré récemment depuis que l’armée française a rétabli les systèmes de télécommunications au Mali.

 » Des informations réconfortantes arrivent par téléphone, le contact rétabli est tellement important psychologiquement pour les réfugiés. Ils reçoivent enfin des nouvelles de membres de leurs familles ou d’amis. Ils apprennent si leurs biens sont toujours là et si leurs maisons n’ont pas été détruites. Nous voyons beaucoup plus de sourires maintenant « , dit Nasser.