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Bangui- Nous ne méritons pas ce qu’il nous arrive !

« Une de mes amies a été rouée de coups, « dit Solange, une étudiante de 21 ans qui habite à Bangui. « Des hommes armés sont entrés chez elle pour demander de l’argent. Ils se sont énervés et puis ils l’ont attaquée,  » dit-elle.

Des cas d’exécutions arbitraires, de vols, de pillages et d’enlèvements ont été signalés à travers le pays depuis que les forces de la coalisation Seleka ont pris le pouvoir en Mars.

« J’ai vu un homme marcher dans la rue. Des hommes armés l’ont appelé, il s’est retourné et ils l’ont abattu, comme ça, sans raison !  » dit Solange. « Je vis dans la peur et l’insécurité depuis trois mois. Je reste à la maison toute la journée. L’école est fermée toute façon. »

« L’absence claire de l’autorité de l’Etat fait que des lois sont en train d’être foulées au sol. Les lois sur le commerce, en passant par les lois sur les biens immobiliers, aux lois sur le respect des droits humains ne sont pas respectés, » déclare un membre de la Caritas Nationale.

« Nous somme particulièrement concernés quant à l’enrôlement forcé des adolescents par les groupes armés, depuis beaucoup on été relâchés mais ils ont besoin d’un support psychologique après ce traumatisme, “dit-il.

Joséphine, 8 ans n’aime pas quitter sa maison. « Les combats sont terminés, mais je suis toujours effrayée. Quand on va sur la route principale, on voit des hommes armés et ça me fait peur « , dit-elle.

« Notre évêque nous a dit d’aller à l’école, » dit Clémence, 12 ans. « Il a dit que nous devons essayer de revenir à une vie normale parce que si nous gardons toutes les choses que nous avons vues dans nos têtes, nous devenons malades. »

L’impact de la crise touche toutes les régions du pays. La nourriture moins disponible est devenue plus cher à l’achat. « La saison des semailles a commencé, mais seule une faible nombre d’agriculteurs ont suffisamment de semences à planter. Les agriculteurs ont également été pillés et ont perdu leurs outils,  » a déclaré un membre de la Caritas Nationale de Bangui.

La Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac) a été déployée et le nombre de soldats va doubler la taille de la force à 2.000 hommes.

Selon le personnel de Caritas dans le pays, il ya eu une légère amélioration de la sécurité. «Les cas de pillage et de violence sont plus sporadiques. Dans les villes, nous commençons à voir les membres de la coalisation Seleka circuler sans armes, »a déclaré un membre du personnel de Caritas à Bangui.

Caritas a pu apporter une aide limitée mais surtout a effectué une évaluation des besoins a travers ses nombreuses paroisses et diocèses qui sont présentes dans tout le pays. L’Eglise catholique, a travers ses Evêques et tous ses représentants a appelé à un retour à la paix et un arrêt des actes de violences contre la population.

La Commission Episcopale de Paix et Justice déclare: » Ne sachant à quel saint se vouer, la population vit toujours dans l’angoisse permanente, la crainte du pillage, du viol. L’injustice, la violence, les enlèvements et les règlements de compte sont devenus le pain quotidien du peuple. »

Lire leur déclaration (en français): La Commission Episcopale