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A boy drinks water from a burst water pipe in Aleppo. REUTERS/Muzaffar Salman

A boy drinks water from a burst water pipe in Aleppo. REUTERS/Muzaffar Salman

Un soir, alors que l’électricité était coupée, je marchais dans le quartier populaire de Tabbalé à Damas. Dans les petites ruelles noires, les gens circulaient, se croisaient, chacun sa lampe électrique à la main. C’est un quartier populaire où habitent des chrétiens et des pauvres syriens de toutes les régions et surtout de la Campagne.

Je me suis dit, voilà la Syrie profonde, la Syrie civilisée, la bien aimée Syrie comme se plaît à le répéter notre Pape François. Que reste-il de cette Syrie . Qui va nous sauver de la violence et de la crise économiqeu et nous rendre notre dignité ? Cette dignité, cette détermination, ce sens de la citoyenneté qui pousse au respect de l’autre, et qui amène sur le chemin de la paix et de la réconciliation.

Nous en sommes bien loin La crise économique est quelque chose qui touche toutes les couches de la société. Les riches sont devenus classe moyenne; la classe moyenne est devenue pauvre; les pauvres sont devenus misérables, et beaucoup de misérable sont devenus brigands!

A Caritas le phénomène de l’inflation de la livre syrienne nous touche . Il y a deux ans et demi, au début des événements, 1 US$ équivalait à 50 livres syriennes; aujourd’hui 1 US$ a atteint et même dépassé les 200 livres syriennes. En livres syriennes, un salaire moyen équivalait à 400 US$ , aujourd’hui, il est réduit à 100 US$.

Tout le monde parle de la cherté de vie à commencer par la nourriture, en passant par les transports et en arrivant aux médicaments. Tout le monde est fatigué à cause de l’insécurité et du cout de la vie , et le nombre des maladies augmente, car les gens sont de plus en plus fragilisés, et psychologiquement et physiquement.

Caritas Syrie continue ses activités à travers les six régions de Syrie: Damas, Alep , Homs, Hassaké , Horan et Littoral. Les équipes et centres se développent et se modifient afin de répondre aux besoins des familles tant éprouvées par la guerre. Caritas Syrie se donne cinq priorités et laisse aux régions l’organisation et le choix des projets selon les besoins.

La nourriture, les médicaments, aide au loyer , scolarité et assistance aux personnes agées.

Par ailleurs, nous mettons l’accent sur la formation des volontaires et de tous les responsables des projets, nos partenaires insistent sur la qualité des projets accomplis. Nous investissons beaucoup au niveau de la formation pour être efficaces et opérationnels à long terme.

Mais lors de mes visites pastorales, je remarque, comment des gens qui vivaient correctement et qui donnaient de l’argent aux pauvres sont devenus eux-mêmes pauvres et traversant des moments de dépressions. Ils ne se rendent pas compte; ils sont sous le choc et ne savent pas quoi faire. L’économie étant détruite, chaque personne est atteinte psychologiquement et physiquement. Voilà ce à quoi les équipes de Caritas doivent faire face quotidiennement.

En face de ce tableau noir, de ces violences, de ces fatigues, le secret est la résistance en général de la société civile qui mène son combat en silence et dignement.

Nous remercions tous nos partenaires de Caritas et tous les bienfaiteurs, et nous les prions pour qu’ils construisent avec nous la paix en Syrie et dans le Moyen-Orient.

+ Antoine Audo, S.J.

Fait à Damas, le 19 juin 2013