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A Syrian refugee receives medical care from Doctor Joseph Shnoudi at a Caritas  Community Centre in Amman, Jordan. Credit: Danny Lawson/PA Wire

A Syrian refugee receives medical care from Doctor Joseph Shnoudi at a Caritas Community Centre in Amman, Jordan. Credit: Danny Lawson/PA Wire

Au travers de son dernier blog Syria Crisis (la crise syrienne), le Responsable des Médias de Caritas Écosse-SCIAF, Val Morgan, raconte l’histoire des docteurs qui sont confrontés aux conséquences physiques de la guerre

Ça m’a réchauffé le cœur d’entendre que la première chose dont il s’est rendu compte après que sa maison a été bombardée, ça a été de sa fille qui pleurait : elle était en vie.

Initialement, Nidal avait perdu connaissance alors qu’avec sa famille et ses voisins, il tentait de se protéger des bombardements qui survenaient dans sa banlieue de Damas. Trois d’entre eux sont morts au cours de l’attaque. Gravement blessé à la jambe, Nidal a été transporté vers un hôpital. Trois jours plus tard, cet hôpital était lui-même attaqué et finalement détruit. Mais heureusement pour eux, Nidal et sa famille avaient de nouveau réussi à en réchapper de justesse.

J’ai rencontré Nidal dans un hôpital d’Amman, en Jordanie, dans lequel Caritas exerce toute une gamme d’activités médicales en collaboration avec l’Hôpital Italien. Ici, Caritas Jordanie fournit des soins de base, qui comprennent la visite médicale, le traitement et les médicaments. Des soins de santé secondaires sont aussi fournis, tels que la réorientation du patient vers d’autres services spécialisés et le soutien aux malades hospitalisés, par exemple en payant les frais de leurs soins médicaux.

Caritas Jordanie se sert de l’Hôpital Italien et de quatre autres hôpitaux du pays, ainsi que de cinq centres de migration, pour fournir une aide humanitaire directe telle que de la nourriture, des vêtements, des couvertures, des réchauds et du carburant. Mais la demande croissante qui, au travers de l’afflux de réfugiés, déferle sur le système de santé jordanien met les services sous une pression énorme.

Suhad Zarafili, de Caritas Jordanie, m’a dit : « Maintenant, le système de santé est largement surchargé. Nous ne nous attendions pas à avoir un nombre aussi élevé de réfugiés syriens. Quand nous avons constaté l’importance de la demande, nous avons dû mettre sur pied un nouveau centre médical ici, à Amman. »

Caritas Jordanie a vu le nombre de Syriens ayant besoin de soins médicaux se multiplier par six au cours des derniers mois. Le Dr Khalid Shammas, directeur de l’Hôpital Italien m’a dit :

« Nous avons l’habitude de travailler avec des réfugiés, depuis le conflit irakien, mais la situation syrienne est bien pire. Je crois que la guerre syrienne va continuer encore plusieurs années et les conséquences sur la Jordanie vont durer vingt ans. Les réfugiés syriens ont tout perdu et n’ont plus rien vers quoi retourner. »

« Toujours plus de personnes nous sont envoyées. Elles ont un besoin croissant d’assistance médicale, et il y a aussi plus de blessés. Il est extrêmement difficile de s’occuper du nombre élevé de personnes frappées de maladies liées à la pauvreté et à la guerre. Nous ne sommes pas habitués à nous occuper d’un tel nombre de personnes. »

« Nous devons aussi traiter les personnes affectées de traumatismes de guerre, celles qui ont perdu des membres de leur famille, et tout ce qu’elle connaissent. Nous devons tout traiter, du psychologique au physique. »

Grâce à Caritas Jordanie et à ses partenaires, plusieurs milliers de réfugiés syriens ont reçu durant cette période difficile des soins médicaux d’urgence et une aide humanitaire.

Les demandes pesant sur le système de santé et sur toute la société continuent de croître, mais ce serait bien pire sans l’amour, les soins et le soutien pratique fournis par la famille Caritas.