Dans le quartier où vivent les migrants. Credit: Caritas

Dans le quartier où vivent les migrants. Credit: Caritas

La fin d’une année civile et le début d’une nouvelle sont particulièrement marquants pour les personnes vivant dans la précarité ou au bord de la vie sociale.

Il y a tout d’abord la fête de Noël du 25 décembre. Jozef et Marie errent dans les rues de Bethlehem pour trouver un endroit afin d’ y passer la nuit et de permettre à Marie d’accoucher. Malheureusement personne ne les accepte « pas de places » ou « trop encombrant ».

Combien de migrants vivent cette même situation journalièrement ? En tout cas, à notre petite permanence, dans une rue populaire d’Alger, la demande ne dès amplifie pas. II n’y a pas de place, il n’y a pas d’argent, la loi ne le permet pas. Alors, comme Jozef et Marie, ils cherchent aux alentours de la ville, dans des grottes, des étables ou des maisons en constructions. Comme fut le cas pour Marie, souvent la femme est enceinte.

Il y a un mois, une femme enceinte mettait au monde deux beaux jumeaux. Ce matin le papa m’a téléphoné en pleure, qu’un des ces petits venait de mourir. Ils vivent dans des abris terribles. Ce sont des moments extrêmement pénibles !

Puis il y a la fête des Saints Innocents. Selon les écritures, le roi Hérode a fait assassiner des centaines d’enfants. Cela a dû être atroce, d’entendre pleurer et crier ces enfants frapper par leurs bourreaux. C’était la – même chose, il y a quelques semaines, 95 migrants périssent dans le désert du Niger, dont 45 femmes et enfants. Certains survivants racontent, complètement sur le choc encore, que ces cris des femmes et enfants, qui moururent petit à petit, assoiffés, affamés, leur furent insupportables. Aujourd’hui l’écho des ces cris résonnent jours et nuits dans leurs têtes.

C’est dur, comme ces images des bombardements en Syrie où des hommes, des femmes et des enfants meurent par dizaines voir centaines. Un jeune migrant guinéen, travailleur clandestin, me demandait ce matin : Tout cela, ca va durer jusqu’à quand ?

Et voilà que nous vivons le 6 janvier : la fête des trois mages. Trois personnalités viennent de loin pour honorer cet enfant, pauvre, couché dans une crèche. Une de ces trois personnages était un noir ! Premier témoignage interculturel, premier témoignage d’honneur envers des parents et un enfant pauvres. C’est significatif.

Peut être il y lieu aussi ici, de rappeler, que trois mages suivaient « une étoile ». Elle les guidait vers l’essentiel « le sauveur du monde ». C’est bien ma conviction de toujours : « Malgré les malheurs, les souffrances, les injustices, l’Esprit, nous guidera vers un Monde Meilleur où il y aura la place pour toutes et pour tous et ou le pauvre, l’exclu d’aujourd’hui aura le dernier mot !

Ce que je vous souhaite à ce Dimanche de Migration.

Frère Jan Heuft, pb