Quatre ans après le tremblement de terre, il y a de l’espoir et de l’avancement. Photo: Caritas International Belgium

Quatre ans après le tremblement de terre, il y a de l’espoir et de l’avancement. Photo: Caritas International Belgium

C’était la première fois que je me rendais en Haiti et j’étais préoccupée. Qu’est-ce qui allait m’attendre, moi qui n’avais rien d’autre dans ma valise que beaucoup d’anecdotes et d’opinions de mes collègues intervenus après le tremblement de terre – les experts en urgences et un message de mon boss a délivrer. Est-ce que j’allais être capable de montrer de la compassion sans perdre le nord ?

J’arrive au bureau Caritas, qui me semble comme un petit fort de sécurité et de paix, avec des croix Caritas autour de ses vérandas. Une des premières choses que je fais, c’est de monter sur la terrasse sur le toit, de laquelle plusieurs collègues m’avaient raconté que c’était leur lieu de rencontre le soir pour se soulager de tout qu’ils avaient vécu pendant la journée. C’était un moment pour rendre un petit hommage a tous qui on aidé. J’apprends que le bâtiment était parmi ceux qui avaient résisté au tremblement de terre. Mon collègue Chico, coordinateur de la région Amérique Latine et « expert » en tremblements de terre car il est du Costa Rica, une autre terre de l’Amérique Central qui tremble souvent, m’explique que en fait le tremblement n’était pas très fort, mais que les constructions n’étaient pas antisismiques. Et il me raconte que la cour de Caritas Haiti, juste après le tremblement de terre, était remplie de tentes, parce que l’espace n’était pas suffisant pour héberger tout le monde qui était arrivé pour aider. Si on regarde tout autour de la terrasse, on voie de construction en cours partout. Les coups de marteau sonnent prometteurs ainsi que le fourmillement des collaborateurs de Caritas Haiti dans la cour.

La mort est omniprésente à Haiti. Des ingénieurs philippins qui travaillent avec CRS dans la reconstruction d’un hôpital au centre ville nous racontent que pendant l’enlèvement des décombres ils avaient trouvé des restes de corps humains, victimes de l’effondrement d’un bâtiment de l’Hôpital. Le père Jean-Edner de la Caritas de Port-au-Prince mentionne que son petit frère est mort pendant le tremblement de terre, ainsi que beaucoup de gens dans l’arrière pays de Port-au-Prince qui étaient allés à la source pour ramener de l’eau à la maison. Le chauffeur nous parle de ses cousins et de son oncle qui sont morts. Cette souffrance, si on ne l’a pas vécu soi-même, surpasse notre imagination. On peut seulement écouter en silence.

Mais il y a de l’espoir et de l’avancement.

Le Père Jean-Edner nous fait visiter le troisième jour de notre visite, dans un voyage qui ressemble pour moi à une aventure, la campagne au sud de Port-au-Prince. L’aventure, c’était les chemins tout près de Kenscoff, parfois presque impraticables. Mais il nous a montré le travail de Caritas dans les communautés rurales. La contention de l’érosion, la distribution des microcrédits, l’achat de bétail et la construction de logements décents.

On a rencontré une fille et une famille qui témoignaient de leur satisfaction d’avoir une nouvelle maison. Le père Jean, à chaque tournant de chemin était capable de nous dire de quel donateur venait l’argent pour la petite maison, antisismique et résistant aux ouragans : Caritas Angleterre(CAFOD), Belgique, Equateur, Brésil…

Un autre bon exemple: La reconstruction de l’ hôpital catholique au centre ville par CRS, selon les standards internationaux, en incluant des panneaux solaires, le recyclage de l’eau, etc. Ca m’a touché beaucoup, quand les ingénieurs pleins d’enthousiasme et de fierté pour l’œuvre qu’ils vont accomplir nous ont dit qu’ils vont construire un toit léger , parce que beaucoup de gens étaient traumatisés à cause de l’effondrement de leurs toits en béton. CRS soutient aussi un programme de formation pour les professeurs des écoles primaires catholiques. Malheureusement, même si à Port-au-Prince on voyait beaucoup de filles et de garçons sortir de l’école, le taux de scolarisation reste très bas, comme le père Chadic de Caritas Haiti nous l’a confirmé.

Caritas Allemagne soutient des projets de santé et de formation professionnelle pour les jeunes. Caritas Brésil a envoyé deux professionnels pour promouvoir l’économie solidaire en coopération avec le Bureau National.

Surtout on a rencontré une Conférence Episcopale – qui nous a donné une chaleureuse bienvenue -attentive aux nouvelles demandes/normes, comme la transparence et la reddition des comptes.

En manière de conclusion, je pense que, au-delà de discuter des difficultés et des défis de Haiti, il nous faut travailler plus fraternellement sur tout ce que a été fait par Caritas en Haiti : la Caritas Nationale, les Caritas diocésaines et les Caritas partenaires. Demain , on pensera au 4ème anniversaire du tremblement de terre. En 2015 il y aura l’Assemblée Générale de Caritas Internationalis et en janvier de la même année, on commémorera les 5 ans du tremblement. Rome ne s’est pas construite en un jour, Haïti ne peut pas se reconstruire en un jour non plus. Est-ce que après cinq ans ce ne serait pas le bon moment de , de se réjouir des avancées après une telle catastrophe de dimension biblique ? Ce pourrait être un bon moment pour toute la Confédération, un moment de réhabilitation et d’intégration.

Martina Liebsch, Janvier 2014

*le blog a été écrit suite a une visite de M. Liebsch (CI) et F. Hernandez Rojas (SELACC) en Novembre 2013