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Les églises au Soudan du Sud pressent les dirigeants et les personnes pour qu’ils ne tournent pas le dos à la paix. Crédit: Élodie Perriot / SC

Les églises au Soudan du Sud pressent les dirigeants et les personnes pour qu’ils ne tournent pas le dos à la paix. Crédit: Élodie Perriot / SC

Un nombre croissant de personnes fuient le conflit au Soudan du Sud. Les combats ont contraint 400 000 personnes à partir de chez elles pour rejoindre les parties internes du pays. Les violences ont commencé à la mi-décembre. Maintenant, ce sont pas moins de 80 000 personnes qui ont fui vers les pays limitrophes.

Le nombre de morts s’élèverait déjà à 10 000, selon les estimations. La situation humanitaire dans beaucoup de zones est extrêmement grave. Caritas n’a cessé de fournir une aide depuis la début de la crise.

Gabriel Yai, le directeur de Caritas Soudan du Sud a dit : « Les personnes qui ont fui les violences au Soudan du Sud ont un besoin urgent de nourriture, d’eau et de soins médicaux. »

« La plupart sont des femmes, des enfants et des personnes âgées. Beaucoup se trouvent encore en zone de combat. Beaucoup vivent en pleine nature, sous les arbres. Certaines zones ne sont pas encore accessibles pour les agences humanitaires, à cause des violences. Notre première préoccupation est de pouvoir les atteindre. »

Malgré les efforts de paix régionaux, le bain de sang continue. Les états de Jonglei et Unité sont les plus durement touchés. Le nombre de personnes abandonnant leur maison a augmenté brusquement ces derniers jours.

Les conditions de vie se détériorent rapidement.

« Malgré les conditions difficiles, beaucoup de personnes sont réticentes à l’idée de rentrer chez elles, car elles ne savent pas quelle sera l’issue des négociations », a dit Gabriel Yai.

Caritas Soudan du Sud coordonne la réponse de l’Église catholique, avec l’aide des membres Caritas CRS (USA), CAFOD (Royaume-Uni), Caritas Suisse et CORDAID (Pays-Bas).

Caritas a immédiatement répondu dans la capitale Juba et au-travers du pays. Beaucoup de personnes se sont réfugiées dans des enceintes de l’Église et dans d’autres lieux de culte. Les organisations Caritas ont distribué de la nourriture et de l’eau.

Le nombre de personnes fuyant les conflits a brusquement augmenté ces derniers jours. Source: UNOCHA

Le nombre de personnes fuyant les conflits a brusquement augmenté ces derniers jours. Source: UNOCHA

Durant les prochaines semaines, les organisations Caritas vont se concentrer sur les abris, fournir de l’eau potable et de bons systèmes sanitaires pour prévenir la propagation de maladies, et aussi fournir de la nourriture, bien que cela ne soit pas pour le moment le sujet de préoccupation principal.

Dans le comté d’Awerial, CRS et la Caritas diocésaine vont répondre aux besoins en eau, en systèmes sanitaires et autres besoins non-alimentaires dans la zone. Un premier camion a ainsi été envoyé avec des moustiquaires, des seaux, des réservoirs à eau souples et des outils agricoles.

L’Église catholique a été partie prenante des efforts œcuméniques de consolidation de la paix, notamment avec une semaine de prière organisée par l’archidiocèse de Juba.

« Nous ne sommes pas vaincus par la guerre, la mort et n’importe quel mauvais comportement », a dit l’Archevêque de Juba, Mgr Paolino Lukudu Loro lors d’une réunion de prière pour la paix. « Continuons à nous demander : où est ton frère, où est ta sœur dans la ville de Juba et dans le pays en général ? Au travers de ces souffrances, nous ne nous dirigeons pas vers la mort, mais vers une vie meilleure. »