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Le 20 novembre 2014, les Nations Unies commémoreront le 25e anniversaire de la Convention internationale des Droits de l’enfant.

Caritas Internationalis présentera à cette occasion le travail de la confédération en faveur des migrants mineurs, qui peuvent être soit accompagnés, soit non accompagnés par des membres de leur famille. Le travail effectué par les institutions de l’Église et d’autres organisations proches de Caritas et qui partagent ses défis et ses préoccupations sera aussi présenté.

Divers types de documents seront postés sur le site web de Caritas Internationalis, car certaines Caritas travaillent déjà directement avec les migrants mineurs, fournissent des services et conduisent une activité de plaidoyer, alors que d’autres décrivent la situation dans leur propre pays mais ne fournissent pas directement de services, car cela serait impossible dans le cadre de leurs lois nationales, ou parce que les moyens appropriés manquent.

Nous voudrions commencer en vous présentant compte-rendu fourni par Caritas Arménie. Pour plus d’informations, veuillez contacter le service de plaidoyer sur la migration de CI : suelzu@caritas.va

Par le staff de Caritas Arménie

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Trois frères syro-arméniens, Eli, Joseph et Gabriel, ont vu leur vie déchirée quand leur mère et leur père ont décidé de se séparer. Il n’y avait de place pour eux dans aucune des nouvelles vies de leurs parents, et c’est ainsi qu’ils ont fini dans un orphelinat arménien d’Alep.

Grâce au Ministère arménien pour la diaspora, Eli, le plus grands des trois, a pu recevoir une place dans une université commerciale à Stepanakert, au Haut-Karabagh. Il a commencé à y étudier en 2011. Ses deux frères Joseph and Gabriel sont restés derrière, a l’orphelinat.

Puis la guerre civile a explosé en Syrie, affectant le district arménien d’Alep, y compris l’orphelinat. Lorsqu’Eli a eu vent du conflit qui sévissait à Alep, il s’y est précipité pour venir au secours de ses jeunes frères, mais n’a pu repartir qu’avec son frère de 17 ans, Joseph.

Eli avait beaucoup économisé pour payer le billet d’avion de Joseph. Le voyage aussi était délicat, car la Turquie ne permettait alors pas aux avions syriens de survoler son territoire, de sorte qu’ils ont dû aller d’abord en Irak, puis en Iran avant d’arriver en Arménie.

Quand ils sont arrivés, le Ministère arménien de la diaspora a demandé à Caritas Arménie et à l’Archevêque Rafayel Minasyan, chef de l’Église catholique arménienne, d’aider les deux orphelins en subvenant à leur hébergement et à leurs frais de subsistance.

L’Archevêque s’est alors arrangé pour que les garçons soient logés dans l’édifice du diocèse, où ils ont été nourris et logés, leurs frais de transport étant aussi payés. Le Programme de développement de Caritas Arménie leur a aussi fourni des vêtements et d’autres articles essentiels.

Les deux frères partagent une chambre de 12 m², avec des lits, une armoire et des toilettes. Ils n’ont pas de cuisine, ce qui fait qu’ils mangent avec les prêtres au centre diocésain catholique, et regardent parfois le télévision dans la salle de récréation des prêtres.

Quand Jospeh était encore en Syrie, une mine avait explosé à l’orphelinat, sur le balcon de la chambre où il résidait. Il n’avait pas eu peur de l’explosion, mais les plus jeunes orphelins si. Il se rappelle aussi avoir vu des protestataires tuer quelqu’un juste en face de l’orphelinat.

Joseph rêve de devenir un joueur de football professionnel et de jouer pour l’AC Milan ou le Real Madrid. Il jouait au foot à l’orphelinat, et son équipe a gagné une coupe.

Un travailleur social du Programme Migration et Développement de Caritas Arménie a aidé Joseph à s’inscrire au Lycée 139 à Erevan. Beaucoup de Syro-arméniens y étudient. Les étudiants syriens ont des difficultés avec la langue arménienne quand il s’agit d’étudier la physique, la chimie et les mathématiques, et c’est pourquoi Joseph a opté pour les sciences humaines.

Eli, le plus âgé des frères du haut de ses 20 ans, veut aussi ramener son plus jeune frère Gabriel – qui est toujours à Alep – en Arménie. Pour diverses raisons, il n’a pas pu le ramener avec Joseph, et il semble que sortir de l’orphelinat en ce moment n’est pas une bonne idée, selon son directeur. Les combattants de l’opposition syrienne tuent en effet les Arméniens, car ils pensent qu’ils soutiennent les autorités syriennes. Selon les deux garçons, environ 16 enfants vivent encore dans l’orphelinat arménien d’Alep.

À part vouloir ramener son frère cadet, Eli rêve de devenir prêtre, afin de pouvoir servir Dieu. Il a l’habitude de vivre sous différents régimes et règles, si bien qu’une vie de prêtre ne serait pas dure pour lui, et il entend suivre l’école de prêtres d’Ejmiatsin. Il parle anglais et arabe, mais voudrait aussi apprendre l’arménien et l’italien.

Fondée en 1995 par l’Église catholique arménienne, Caritas Arménie concentre ses efforts dans le pays sur la protection et la prise en charge sociales ; les programmes de développement basés sur les communautés pour améliorer les conditions d’éducation ; l’amélioration de la santé publique pour les groupes sociaux les plus vulnérables ; l’intégration, qui comprend la mise en œuvre de mesures de réintégration durables pour les rapatriés ; et les activités humanitaires et de développement.

Le projet de soutien d’urgence de Caritas Arménie envers les réfugiés syriens a pour objectif de soutenir 100 familles vulnérables de réfugiés syriens et qui sont venues s’abriter en Arménie. Il permet aux réfugiés syro-arméniens vulnérables d’avoir accès à des conditions de vie sûres et saines, et de garantir leur sûreté et leur bien-être.