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Caritas soutient ses partenaires dans la construction «d’espaces pour enfants» du côté turc de la frontière. Photo: Danny Lawson

Caritas soutient ses partenaires dans la construction «d’espaces pour enfants» du côté turc de la frontière. Photo: Danny Lawson

Plus d’un million d’enfants réfugiés ont fui la Syrie. Ces enfants, qui se sentaient protégés dans leur foyer et dans leur école, ont tout perdu. Certains ont été blessés, d’autres ont vu leurs parents tués ou arrêtés. La plupart d’entre eux ont entendu le bruit des avions tournant dans le ciel, le roulement des chars et les rafales de mitrailleuse.

«La guerre a volé aux enfants leurs sourires, leur joie, leurs rires et leur bonheur. Il leur a volé ce dont ils ont besoin : leur nourriture quotidienne, leurs jeux et leur sommeil », a déclaré Malek, une réfugiée syrienne qui travaille maintenant avec les enfants réfugiés en Turquie. « Ils survivent mais ne vivent pas. Quand quelqu’un ne fait que survivre, sans toutes ces choses dont il a besoin pour mener une vie bien et décente, il meurt de l’intérieur».

Les jeunes enfants réagissent aux situations difficiles de façon très différente par rapport aux adultes. Il est rare qu’ils parlent de ce qu’ils ressentent ou qu’ils racontent des histoires. Ils montrent leurs sentiments à travers leur façon d’agir. Certains sont introvertis et silencieux, d’autres sont en colère et agressifs.

Malek se souvient comment les enfants nouvellement arrivés étaient traumatisés quand elle a franchi la frontière avec la Turquie.

«Ces premiers jours dans les tentes, nous avons donné aux enfants du papier à dessiner, » explique-t-elle. « Ils ont dessiné des chars, des missiles, des armes et des centres de sécurité – des choses qui étaient la source de leur peur. Même en jouant avec des briques Lego, ils fabriquaient des armes et les pointaient contre nous en disant : «Nous allons vous tuer. »

Comment faire en sorte que les enfants racontent leurs propres histoires et comment comprendre ce qu’ils ont vécu ? Comment aider les enfants à donner un sens à la perte de leur maison et de leurs proches ? Comment vont-ils élaborer ce qui est le résultat non pas d’un événement exceptionnel de la nature, mais d’actes de violence délibérément commis par d’autres personnes ?

Caritas soutient ses partenaires dans la construction «d’espaces pour enfants» du côté turc de la frontière. Ces espaces permettent aux enfants d’avoir la structure et la routine dont ils ont grand besoin, ainsi que la possibilité de jouer, de se détendre et de se comporter à nouveau comme des enfants. Ils fournissent un environnement protégé et favorable où les enfants peuvent raconter leurs propres histoires, exprimer leurs sentiments et commencer un long processus pour retrouver un sentiment de normalité.

Ahmed, qui est bénévole dans l’un des espaces, a déclaré: « Ces espaces pour les enfants ont été un vrai succès. Les enfants semblent plus heureux. Ils sont censés venir aux espaces seulement deux fois par semaine, mais certains veulent venir tous les jours. Ces derniers mois, j’ai vu qu’on peut faire sourire à nouveau les enfants. C’est merveilleux et gratifiant de pouvoir faire cela pour eux.

« Nous avons eu un enfant qui au début ne voulait pas venir à l’espace. Il pleurait et s’agrippait à ses parents. Mais après avoir travaillé avec lui pendant quelques mois, il a commencé à trouver du plaisir à venir. Et puis un jour il a dit à ses parents de s’en aller et de le laisser là ! C’est une bonne chose. Nous devons donner à ces enfants le bonheur. C’est la seule chose que nous pouvons faire».

Même si la guerre devait finir demain, il faudra des années avant que les communautés en Syrie se redressent, reconstruisent et parviennent à une sorte de réconciliation. Nous pouvons aider les enfants à jouer, à être heureux, et à trouver des alternatives à la violence – ce qui donne aux réfugiés de tous âges espoir pour l’avenir.

De nombreux bénévoles ont mis en évidence le fait que les enfants d’aujourd’hui – la prochaine génération – auront un rôle essentiel dans l’établissement d’une paix durable.

Malek a dit: «Je crois que les enfants peuvent faire quelque chose pour la paix. Maintenant, le concept de paix figure souvent dont leurs dessins et leurs jeux. Ils dessinent des images d’avions qui s’éloignent des maisons et non pas qui les bombardent, et des chars qui s’en vont. Ils commencent petit à petit à aimer à nouveau ».

Catherine Cowley est une des responsables des interventions dans les situations d’urgence de CAFOD, qui se spécialise dans l’enfance.