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« La répartition inégale des richesses en Namibie est un problème. Il y a des richesses dans le pays, mais pas d’esprit de solidarité chez ceux qui les possèdent. », dit Sr Aida Manlucu. Photo: Caritas Namibia

Au risque de sonner comme le National Geographic, la Namibie est le 34e plus grand pays du monde et aussi celui qui a le moins de précipitations dans toute l’Afrique sub-saharienne.

Sr Aida Manlucu dit que la taille du pays est déjà un des défis qu’elle doit affronter en tant que directrice de Caritas Namibie.

« Je voyage beaucoup, dans mon travail. Je prends la route et je conduis des heures durant sans voir personne. Avant, je faisais jusqu’à 1000 kilomètres de route toute seule, mais maintenant je me fais accompagner », dit-elle.

La Namibie affronte actuellement sa pire sècheresse depuis 30 ans. Près de la moitié de la population de 2,2 millions de personnes a souffert ou souffre encore de la faim. Sr Aida a passé beaucoup de temps sur les routes, tâchant d’organiser la réponse de Caritas.

Afin d’aider les personnes frappées par la sècheresse, Caritas Namibie a lancé l’an dernier son tout premier appel d’urgence. Des donations de 840 000 dollars (626 000 euros) étaient nécessaires pour soutenir les personnes prises dans la crise alimentaire.

De la nourriture, comprenant des haricots, de l’huile et du sucre a été distribuée, en complément de celle donnée par le gouvernement, en septembre et en mars. La première distribution a aidé 13 500 ménages, et la seconde 15 500.

Leticia Aijambo, 69 ans, est une grand-mère qui vit à Anamulenge, une ville située dans l’archidiocèse de Windhoek. Elle s’occupe de ses sept petits-enfants car il est pratique courante en Namibie pour les parents de laisser leurs enfants avec leurs grand-parents au village, pendant qu’ils vont chercher du travail dans les grandes villes.

Au pire moment de la crise, Leticia a reçu de Caritas un colis d’aliments de base, incluant des haricots, du riz, de l’huile et du sucre. « Nos cultures ont été complètement détruites l’été dernier et nous n’avions rien à récolter et à stocker. Le soutien apporté par Caritas a donc fait une réelle différence. Si les pluies continuent cette année, alors nous devrions avoir une récolte raisonnable au mois de juin. Mais s’il ne pleut pas suffisamment, la situation sera inquiétante », a-t-elle déclaré.

Sr Aida est, avec le secrétaire général, la seule membre professionnelle de Caritas Namibie, de sorte qu’ils comptent beaucoup sur le volontariat.

Caritas Namibia distributed beans, sugar and cooking oil to  15,500 households suffering from hunger. Credit: Caritas


Caritas Namibie distribués harricorts, le sucre et l’huile de cuisson de 15 500 ménages souffrant de la faim

« Les volontaires font le travail préparatoire », dit Sr Aida. « Pour distribuer la nourriture, nous avons obtenu 5 volontaires dans 47 paroisses pour aider. J’ai organisé l’ensemble et dans chaque paroisse, un prêtre les supervisait. Nous avons ainsi réussi à couvrir 11 des 14 régions. »

Elle dit que quand Caritas a besoin de volontaires, les personnes répondent présentes à la base et elle encourage vraiment un esprit de solidarité. Mais elle dit aussi qu’il est difficile d’être viables. « La répartition inégale des richesses en Namibie est un problème. Il y a des richesses dans le pays, mais pas d’esprit de solidarité chez ceux qui les possèdent. »

Mais, dit-elle, elle reçoit un soutien de la part de la confédération Caritas : « Je ressens fortement la présence des autres organisations Caritas. Je vais à Caritas Afrique pour une aide avec les ressources, Caritas Internationalis a été bonne et Catholic Relief Services (CRS – un membre US de la confédération Caritas) a aidé à financer notre programme d’urgence. »

Sr Aida pense que si Caritas Namibie pouvait employer du personnel local, ils pourraient vraiment améliorer leur façon de travailler : « L’autonomie est importante. J’aimerais établir une structure sérieuse avec du personnel sérieux. »

Sr Aida est une sœur de Maryknoll. Elle s’est formée en ingénierie chimique aux Philippines, où elle est née, et a travaillé pendant beaucoup d’années en Amérique Latine. Elle travaille en Namibie depuis 1997.

« À cette époque, je coordonnais le bureau des femmes », raconte-t-elle. « Ensuite, on m’a demandé de prendre la direction de Caritas Namibie en 2011. J’aimais beaucoup travailler sur les questions liées aux femmes et à leurs droits, aider à la formation pratique, à la création de revenus, etc. Mon domaine, c’est le développement. Beaucoup de ménages en Namibie sont gérés par des femmes, parce que les hommes migrent ou les quittent. »

Sr Aida est très déterminée à promouvoir la solidarité en Namibie et à aider les communautés à être autonomes. Elle ne sait toutefois pas combien de temps encore elle pourra rester là.

« J’aimerais rester, mais ma communauté s’amenuise, alors je ne sais pas », dit-elle. « Je peux encore travailler dur et tant que j’en ai l’énergie. Je vais encore pousser pour que les choses changent ».