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Le camp de déplacés internes St Vincent de Paul dans la périphérie de Juba, au Soudan du Sud. Crédit Faith Kasina / Caritas

Le camp de déplacés internes St Vincent de Paul dans la périphérie de Juba, au Soudan du Sud. Crédit Faith Kasina / Caritas

« Le vent est arrivé et a tout emporté », dit Marta Awili, mère de cinq enfants, dans l’un des camps de réfugiés du Soudan du Sud situé près de la capitale Juba.

En moins d’une heure, ce qu’elle appelait sa maison s’était envolée.

« Je pouvais voir les nuages qui se rassemblaient rapidement. Je suis allée chercher les enfants à l’école voisine pour les ramener chez nous », dit-elle. « Tout d’un coup, il y a eu un coup de tonnerre et la pluie a commencé a tomber avec une violence inouïe. Mon toit a commencé a perdre. »

« D’abord, c’était une brise moyenne qui secouait le toit », dit-elle. « Mais soudainement, un vent fort a suivi et a tout emporté. »

« Je me rappelle avoir attrapé les enfants et avoir couru pour chercher à nous réfugier sous un arbre dans un coin du camp. Nous sommes simplement restés là, à regarder l’eau qui balayait tout. Où d’autre aurions-nous pu aller ? »

Plus de 30 maisons ont ainsi été complètement détruites en à peine 30 minutes. Les familles ont alors dû passer la nuit dans l’école.

Il y quatre mois, Marta et ses enfants avaient fui de chez eux, dans le Comté de Bor, État de Jonglei, au nord du pays, après que l’endroit était devenu le théâtre d’une guerre sanglante.

La famille de Marta est l’une des 200 familles vivant dans ce camp, dans la Paroisse de St Vincent de Paul, en périphérie de Juba, la capitale du Soudan du Sud. Elles sont en quelque sorte les « vestiges » d’une guerre civile ravivée par les différends politiques, forcées de chercher refuge dans des camps.

Les camps de fortune : pas un refuge pendant la saison des pluies

Le mauvais temps ajoute à la misère au Soudan du Sud. Crédit : Faith Kasina / Caritas

Le mauvais temps ajoute à la misère au Soudan du Sud. Crédit : Faith Kasina / Caritas

Le camp de déplacés internes St Vincent de Paul a des abris de fortune miniatures faits de matériaux locaux comme des bâtons et des draps, serrés l’un contre l’autre et avec peu d’espace pour circuler entre eux. Les articles ménagers jonchent toujours le sol, alors que les enfants jouent pieds nus dans les flaques d’eau.

La pluie devrait continuer pendant encore trois mois, ce qui expose les familles présentes ici aux risques d’inondation et de propagation de maladies. Au camp, la nourriture et l’eau potable diminuent aussi rapidement, au fur et à mesure que de nouvelles familles de déplacés arrivent.

P. David Tulimuli, le prêtre de la paroisse et « gestionnaire du camp », dit qu’il y a un besoin urgent d’agir.

« Ces gens sont venus d’une situation difficile, ils sont traumatisés par le conflit et la plupart a perdu des proches », dit-il. « Maintenant, avec la nature destructrice de ces pluies, ça va devenir encore plus dur pour eux. »

« En tant qu’Église, nous faisons tout notre possible pour traverser ces moments difficiles avec les personnes du Soudan du Sud en les aidant avec de la nourriture, des abris, des médicaments et des formations, avec le soutien d’organisations humanitaires. »

Parmi les effort de secours de Caritas, le membre britannique CAFOD et l’Église locale ont fourni, dans ce camp, du lait et des biscuits aux mères enceintes et aux jeunes enfants, ainsi que des médicaments. CAFOD a aussi aidé 105 familles avec de l’argent, chacune d’elle recevant 360 Livres soudanaises (environ 120 dollars US) pour couvrir ses besoins journaliers.

« Voir les familles assister à la destruction de leurs nouvelles habitations en quelques minutes vous déchire le cœur. Ça montre à quelle vitesse une situation déjà très dure pour ces personnes ayant fui de chez elles un peu partout au Soudan du Sud peut encore s’aggraver », dit Jane Andanje de CAFOD.

Caritas projette de continuer ses activités de réponse dans les zones les plus durement touchées, telles que Kodok, Lul et Wau Shiluk dans l’état du Nil Supérieur, en fournissant du matériel essentiel tel que des abris et des systèmes pour l’eau et les sanitaires, à environ 30 000 personnes.

« L’Église catholique du Soudan du Sud travaille à travers Caritas pour assister les plus vulnérables, toujours isolés dans des zones difficiles d’accès, en particulier dans les états du Nord, qui sont encore sujets à de dangereuses actions militaires », dit-elle.