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Caritas partner in Nep#BringBackOurGial rls: Caritas anti-trafficking partners in Nepal call for release of Nigerian school girls

Caritas anti-trafficking partners in Nepal joined the #BringBackOurGirls campaign.

L’Évêque Lucius Iwejuru Ugorji d’Umuahia est Président du Département épiscopal nigérian Église et Société. Il écrit sur le besoin d’affronter les causes profondes de la pauvreté et de la mauvaise gouvernance au Nigeria si le pays veut être un jour à même de surmonter la menace terroriste.

L’enlèvement de 200 écolières à Chibok et leur captivité ininterrompue pendant des semaines ont à juste titre soulevé une vague mondiale d’indignation et de condamnation.

Tout aussi condamnable est la prétendue « conversion » de ces filles à l’Islam par l’usage de la force. Il est affligeant que les membres de Boko Haram, qui s’engagent dans de tels actes de terrorisme visant à jeter la nation dans le chaos, cherchent à les justifier comme étant un devoir religieux entrepris au nom Dieu.

Ils tentent de « recréer » Dieu selon leur propre imagination, en Le façonnant en une « idole », qu’ils utilisent à des fins mauvaises et méprisables. À travers leur étrange prétention d’agir au nom de Dieu, ils profanent la religion et l’insultent.

Il est faux d’utiliser la religion comme couverture pour des causes politiques, économiques ou idéologiques. Quand des extrémistes de n’importe quelle tradition religieuse tordent radicalement la foi qu’ils professent afin de justifier la violence et la haine, ils rendent un bien mauvais service à la religion.

Quelle que soit la motivation et quelle que soit le point de vue sous lequel on aborde la question, il ne saurait exister de justification morale pour viser des personnes innocentes et sans défense.

Action pour les filles et leurs familles

Nos cœurs se portent vers ces filles. Il ne fait aucun doute qu’elles vivent des traumatismes extrêmes en captivité. Nous nous engageons à prier pour leur relâche en pleine santé et sans conditions et pour qu’un changement de cœur advienne chez leurs détenteurs.

Dans un esprit de solidarité, nous nous unissons aussi à leurs parents. Dans la détresse et le cœur brisé, ils attendent anxieusement le moment où ils pourront de nouveau être avec leurs bienaimés enfants. Que leur espérance ne soit pas vaine !

C’est un grand moment d’épreuve pour le Nigeria, un moment où les yeux du monde entier sont tournés vers notre nation. C’est un temps où tous les Nigérians devraient rester concentrés et unir leurs mains pour faire tout ce qui est en leur pouvoir et veiller à ce que ces écolières soient libérées sans mal.

Ce n’est pas le moment de se renvoyer la balle. Nous devons résister à ceux qui veulent exploiter la situation présente pour opposer une religion à l’autre où soulever un groupe ethnique contre un autre.
La grande menace des terroristes de Boko Haram ne devrait pas être sous-estimée. Leurs tactiques suicidaires meurtrières, qui s’associent à leur modus operandi de guérilla, qui consiste en une stratégie « frapper » et « se cacher », les rend extrêmement imprévisibles et dangereux.

Nous recommandons à nos agents de sécurité, qui ont mis leur vie en péril pour les contenir, en dépit des dangers, que leur priorité continue doit être de veiller à ce que la force militaire soit dirigée seulement vers ceux qui font usage de la terreur et ceux qui les aident.

Tout le possible devrait être fait pour minimiser ou éviter totalement les pertes civiles. Les agents de sécurité ont une obligation morale très sérieuse, qui est de respecter le principe de l’immunité des non-combattants, même dans un contexte de guérilla. Les attaques sans discrimination contre des innocents, leur arrestation en masse et la torture ne sauraient être moralement justifiables.

En utilisant les services de renseignement, le gouvernement devrait faire plus pour démasquer et tenir pour responsables les individus et les groupes responsables d’actes de terreur ignobles dans le pays.

La pauvreté et la corruption doivent être affrontées

Au-delà de cela, il devrait faire un effort sérieux pour découvrir les griefs des insurgés Boko Haram, ainsi que les politiques et problèmes qui fournissent un terrain fertile pour le terrorisme.

Il n’y a pas de doute quant au fait que des jeunes gens portant des bombes ou autres armes mortelles pour se faire exploser en tuant d’autres personnes ont été poussés à ces extrêmes par la pauvreté et le désespoir. La colère et le ressentiment dans leurs cœurs sont profonds et excitent leurs instincts les plus destructeurs.

Le terrorisme continuera dans notre nation tant que les causes sous-jacentes ne seront pas affrontées et que les structures de l’inégalité ne seront pas démantelées.

L’abjecte pauvreté chez les almajerins, en particulier dans Nord-Est, des extrêmes intolérables de difficultés et de misère, le gouffre toujours plus grand entre ceux qui « ont » et ceux qui « n’ont pas », le manque de participation de la plus grande majorité à la vie politique, la violation des droits humains, La corruption endémique et les menaces aux cultures locales sous l’emprise de la globalisation, aidées par des médias puissants, sont des sources de profond ressentiment et de colère, que les terroristes cherchent pour les exploiter à leurs propres fins.

Les besoins des chômeurs, des affamés, des sans-toits, ne peuvent pas être ignorées sans que cela porte à des conséquences effroyables. Le gouvernement devrait s’engager dans une guerre acharnée contre la pauvreté, l’ignorance et la corruption à tous les niveaux. Il y aura certes toujours des personnes faites de haine et de violence, mais elles auront moins d’alliés, de supporteurs et de ressources pour commettre leurs actes haineux.

En tant que citoyens de cette nation, nous devons être unis pour insister que la politique n’est pas seulement un outil pour prendre le pouvoir et l’utiliser pour l’intérêt égoïste des dirigeants et de leurs acolytes. Nous devons tous percevoir le gouvernement comme un mécanisme servant à mettre sur pied une société juste qui assure le bien-être général de la population.

Un gouvernement incompétent, affaibli par la corruption et le manque de préoccupation pour le bien-être de sa population, est un terrain fertile pour tout type d’anarchie. À cet égard, la nation nigériane a devant elle un grand défi. Nous devons apprendre la culture de la justice, de l’équité et de la tolérance ou périr ensemble par la violence et la destruction mutuelle.

Caritas Nigeria travaille avec des partenaires de la société civile au niveau des gouvernements national, étatique et locaux où ils plaident pour une éducation de bonne qualité et abordable pour tous les enfants. Caritas Nigeria travaille aussi avec les Commissions catholiques diocésaines de l’Éducation et de Justice et Paix pour placer les orphelins et les enfants vulnérables dans des écoles ou en leur fournissant des formes alternatives d’éducation.