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Caritas Nigeria holds day of prayer for girls abducted from school. Credit: Caritas Nigeria

Caritas Nigeria holds day of prayer for girls abducted from school. Credit: Caritas Nigeria

Le Secrétariat catholique du Nigeria, par l’intermédiaire de Caritas Nigeria et de JDPC, s’est uni aux Nigérians dans la campagne mondiale #BringBackOurGirls, visant à assurer le retour en toute sécurité des élèves enlevées à Chibok.

Le 14 avril, la directrice d’un lycée à Chibok, dans l’État de Borno, a signalé l’enlèvement d’environ 230 élèves, qui étaient dans l’établissement pour passer leurs examens.

Dans une vidéo diffusée sur YouTube par Abubakar Shekau, le leader de la secte islamiste Boko Haram a revendiqué la responsabilité de ce rapt. La raison est que « les filles ne doivent pas aller à l’école.»

Prêtant sa voix à la campagne #BringBackOurGirls, Caritas Nigeria a organisé une journée de prière au Secrétariat catholique du Nigeria, le 6 mai. Près d’une centaine de personnes ont prié pour le retour en toute sécurité des jeunes filles enlevées et pour la paix au Nigeria.

Caritas Nigeria a déclaré : «Notre compassion va aux filles enlevées et à leurs familles. Nous prions pour un sauvetage rapide et nous continuerons nos prières d’intercession pour le retour en toute sécurité des jeunes filles enlevées et pour la paix dans notre pays. » »

Pendant la messe, le révérend Ralph Madu, secrétaire général du Secrétariat catholique, a souligné que chacun doit s’engager dans la prière continue pour le retour des filles, car pour l’instant les efforts déployés n’ont pas donné de fruits. Le Président de la Conférence épiscopale du Nigeria avait déjà demandé à tous les évêques d’organiser des prières dans leurs diocèses.

Au cours de la prière, le révérend Evaristus Bassey, secrétaire exécutif /directeur général de Caritas Nigeria, a déclaré: « Il est important en ce moment de l’histoire de notre pays que nous évitions tout propos de haine. Le discours de haine n’amènera à rien.

«La douleur ne fait pas de discrimination entre chrétiens et musulmans. Que les jeunes filles disparues soient chrétiennes ou musulmanes, cela est sans importance, ce qui est important, c’est qu’elles sont des êtres humains et des Nigérianes.

«Nous devons être unis, chrétiens et musulmans, unir nos cœurs et nos esprits et faire appel à Dieu pour préserver l’unité de notre pays, le Nigeria; ce qui passe en réalité, c’est que des forces puissantes sont en train d’enfoncer un couteau aiguisé dans le cœur de cette nation et veulent que nous commencions à nous entre-déchirer».

[Tweet « Que les jeunes filles disparues soient chrétiennes ou musulmanes, cela n’a aucune importance, ce sont des êtres humains. »]

Au Nigeria, Boko Haram a été fondé en 2002 à Maiduguri, la capitale de l’État de Borno, par un religieux musulman, Mohammed Yusuf, qui a créé un complexe religieux comprenant une mosquée et une école islamique.

Beaucoup de familles musulmanes pauvres y inscrivent leurs enfants. Il était contre l’éducation occidentale: l’expression ‘Boko Haram’ peut être librement interprétée au sens de ‘l’éducation occidentale est interdite’. Or, comme on l’a découvert plus tard, Boko Haram n’était pas seulement contre l’éducation occidentale, son objectif politique était de créer un état islamique et l’école est devenue un terrain de recrutement pour les djihadistes.

Le groupe a commencé à lancer des attaques contre des bâtiments ou des personnes du gouvernement, faisant des dizaines de morts dans les États du nord-est et centre-nord du Nigeria, après qu’Yusuf a été tué par les forces de sécurité du Nigeria et que la fin de Boko Haram a été déclarée.

Malheureusement, d’autres membres du groupe ont continué avec des attaques sporadiques contre les forces de sécurité, dans un premier temps pour venger l’exécution sommaire de leur chef, ensuite, ils sont passés à des cibles vulnérables comme les églises, les mosquées, les parcs, faisant des dizaines de morts parmi les civils innocents. Boko Haram a tué plus de 10 000 personnes depuis ses débuts.

Nigeria

Des soldats près de l’école où plus de 200 filles ont été enlevées.

Sur l’enlèvement des filles à Chibok, le Président du Nigeria, Goodluck Ebele Jonathan, lors de son discours dans les médias, le 4 mai, a promis aux Nigérians que le gouvernement fera de son mieux pour assurer le retour en toute sécurité des filles.

Beaucoup de Nigérians ne semblent pas croire à cette promesse. Il y a eu de nombreuses manifestations des proches de ces enfants, d’autres personnes, d’organisations de la société civile, de célébrités et de chefs d’entreprises pour exiger le retour en toute sécurité autour du mot-dièse #BringBackOurGirls.

Les parents de ces enfants ont même créé une équipe de recherche qui a pénétré dans la forêt Sambisa, dans l’État de Borno, où l’on pense que Boko Haram a son camp et garde les enfants en captivité.

Des manifestations ont eu lieu dans la capitale du pays, Abuja, le 1er mai, et d’autres similaires, dans les États de Lagos et de Borno et dans les ambassades nigérianes de nombreux pays. Les médias sociaux n’ont pas été exclus, en effet, les Nigérians et d’autres pays ont utilisé ces outils pour lancer l’appel à l’aide pour les filles.

Le Nigeria a reçu aussi des expressions de solidarité de la part d’autres pays, qui ont adhéré à la campagne exhortant le gouvernement à agir rapidement pour le retour en toute sécurité des filles.

Cependant, de nombreux Nigérians sont préoccupés du fait que trois semaines se sont écoulées, mais les filles attendent toujours d’être sauvées. Ils lancent des appels aux chefs de gouvernement des autres pays pour qu’ils viennent en aide au Nigeria, et font pression sur le Président pour qu’il demande de l’aide à des pays comme les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Caritas Nigeria travaille avec la Caritas diocésaine locale pour porter secours aux familles déplacées dans la région du Nord-Est, de nombreuses communautés rurales étant désertées à cause des attaques, ou de la peur des attaques, de Boko Haram. Caritas a effectué une évaluation pour voir quels sont les lieux où les programmes de transferts de fonds pourraient être mis en œuvre, car il est dangereux d’apporter des vivres ou des articles non alimentaires dans la région. Caritas Nigeria demande de l’aide pour pouvoir riposter efficacement à l’ampleur des crises humanitaires dans la région.