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Un garçon traverse une portion inondée d’un camp pour familles de déplacés internes situé dans une base des Nations Unies à Juba, Soudan du Sud. Photo de Paul Jeffrey pour Caritas

Un garçon traverse une portion inondée d’un camp pour familles de déplacés internes situé dans une base des Nations Unies à Juba, Soudan du Sud. Photo de Paul Jeffrey pour Caritas

Cinq mois après le début de la crise au Soudan du Sud, approximativement 4 millions de personnes chancèlent encore sous les effets d’un différend politique qui s’est rapidement transformé en guerre tribale.

Des familles ont perdu leur maison et des êtres chers, forcées à chercher refuge dans des camps pour déplacés internes souvent déjà très peuplés.

Les pluies ont maintenant commencé dans la plupart du pays, mais les fermes restes inexploitées. Si les fermiers ne peuvent pas rentrer à leur ferme, le pays se trouvera face à la famine d’ici la fin de l’année.

Au Soudan du Sud, les agences Caritas, directement et à travers l’Église catholique continuent de distribuer une aide aux personnes les plus vulnérables, et ont atteint 10 000 auxquelles elles ont pu donner de la nourriture, des bâches plastiques pour s’abriter, des articles ménagers et des installations sanitaires, dans différentes parties du pays.

Le Directeur exécutif de Caritas Soudan du Sud, Gabriel Yai, a dit : « La semaine dernière, notre équipe a distribué des draps, des bâches plastiques et d’autres articles ménagers à 1500 familles essentiellement de l’État Unité et qui vivent maintenant dans trois camps de déplacés internes dans la zone d’Agok. C’était tellement triste de voir des femmes, des enfants et des personnes âgées cherchant à se réfugier sous des arbres. »

Les organisations membres Caritas ont aussi programmé des réponses pour le rétablissement et distribuent des semences et des outils qui permettront aux familles de cultiver leurs terres et ainsi d’augmenter leur possibilité de garantir leur sécurité alimentaire durant les mois à venir.

Gabriel Yai a aussi dit : « Malgré la récente signature d’un accord de paix entre parties belligérantes, et l’arrêt des hostilités, la mise en pratique de la trêve par les commandants sur le terrain s’est révélée lacunaire et c’est ainsi que les civils sont encore touchés par des combats sporadiques, en particulier dans les états du Nil supérieur et d’Unité, ce qui entrave grandement l’accès humanitaire.

« Pour la plupart des populations affectées, la signature d’un cessez-le-feu reste un fait inconnu. Souvent, même, ils n’en ont pas entendu parler, car les informations et les nouvelles ne sont pas parvenues jusqu’à eux, à cause de la maigre pénétration des médias électroniques en-dehors des principales villes et le fait que les quelques radios détenues par certaines personnes ont été perdues durant les combats.

Crise alimentaire en vue

L’ONU estime que 60 pour cent du pays sera inaccessible durant la saison des pluies, à cause de la mauvaise condition des routes. Cela signifie que des milliers de familles seront inatteignables.

Hassan Gama pèse un bébé à Nimule, au Soudan du Sud, lors d’une étape de la clinique itinérante gérée la Caritas du Diocèse de Torit. Photo de Paul Jeffrey / Caritas

Hassan Gama pèse un bébé à Nimule, au Soudan du Sud, lors d’une étape de la clinique itinérante gérée la Caritas du Diocèse de Torit. Photo de Paul Jeffrey / Caritas

Il y a maintenant une épidémie de choléra dans cinq Payams (des divisions administratives) dans l’État Équatorial Central, les rapports faisant état de 188 cas et de 10 décès au 20 mai 2014.

La réalité est que la situation ne peut qu’empirer, et que c’est maintenant le moment d’agir, selon Caritas Soudan du Sud.

« À ce jour, seuls 25 pour cent des 4 millions de dollars de l’appel lancé par Caritas en février 2014 pour répondre à la crise au Soudan du Sud ont été financés. Alors que nous sommes reconnaissants pour les efforts de nos donateurs jusqu’ici, nous continuons a en appeler à un soutien accru pour combler ce manque de financements, afin de permettre à Caritas, ainsi qu’à d’autres agences humanitaires, de sauver les vies de civils innocents pris dans cette crise mortelle », a dit Gabriel Yai.

Caritas continue de s’engager pour sauver des vies et soulager les souffrances des familles les plus vulnérables et de celles déplacées au Soudan du Sud, en particulier dans les états les plus touchés par la crise.