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Des migrants d’Afrique du nord appréhendés au large des côtes italiennes. Photo de Caritas.

Des migrants d’Afrique du nord appréhendés au large des côtes italiennes. Photo de Caritas.

« le billet d’avion le moins cher de Nairobi à Londres coûte 565 dollars. Selon vous, qu’est-ce qui nous peut nous pousser à dépenser des milliers de dollars et à risquer nos vies pour y aller ? »

Cette considération d’une fillette kényane de neuf ans met en évidence les nombreux risques que les migrants affrontent quand ils sont sans papiers. Ces défis, et comment ils les affrontent, étaient le sujet du Forum mondial sur la migration et le développement qui s’est tenu cette semaine à Stockholm, en Suède.

Du 13 au 16 mai, des dirigeants de Caritas se sont unis à d’autres organisations dans ce forum, pour parler des besoins des migrants, qui sont souvent vilipendés ou tout bonnement ignorés. « Être sans documents signifie être invisibles », a dit S. Flor Maria Rigoni, une missionnaire scalabrinienne travaillant dans un foyer de migrants au Mexique.

« Le pas vers la criminalisation est vite franchi dès qu’on parle de migrants « illégaux et irréguliers », continue-t-elle. « C’est aussi une question de langage. »

Mais les participants au forum ont aussi concordé sur le fait que la migration peut être une expérience très positive. Des migrants ont excellé dans le sport, la science, les arts et la politique dans leur nouveau pays. Ils contribuent aussi aux économies de leur pays d’origine et de leur pays d’accueil. Selon la Banque mondiale, plus de 4 millions de dollars US seront renvoyés par versement – ce qui est un facteur de développement, mais pas le seul.

Les participants au groupe, dont beaucoup proviennent eux-mêmes de contextes de diaspora et dont les familles ont vécu des périples difficiles, sont venus pour partager leurs connaissances et leurs projets de recommandations pour les chefs des gouvernements. Ils ont cherché à comprendre comment la perception positive ou négative des migrants affectent les politiques, la contribution d’organisations de diasporas en tant que partenaires de développement, et le droit de migrer, de rester et de rentrer. Ils ont aussi parlé de questions comme la réintégration des migrants dans la société à leur retour, en faisant remarquer que les migrants formés ou instruits qui retournent dans leur pays d’origine ne peuvent pas automatiquement contribuer au développement s’ils ne réussissent pas à se faire une place dans la communauté.

Le forum a aussi affronté les restrictions sur les transferts financiers, qui freinent le plein potentiel de contribution des diasporas, et les restrictions dans la liberté de mouvement, à la fois pour la migration et pour le retour.

Les participants au forum ont souligné que le droit de migrer et la liberté de mouvement devraient être garantis dans toutes les sociétés. La protection sociale et les conditions de travail décentes sont deux autres facteurs importants, en particulier pour les femmes. Tobias Billstroem, Le ministre suédois des politiques d’asile et de migration, a demandé une meilleure collaboration et plus de confiance entre les gouvernements et la société civile.

Les participants au forum espèrent que la migration sera incluse comme une priorité à l’Agenda de développement de l’après 2015.

Un après-midi du forum a été interrompu par la nouvelle d’un autre naufrage mortel, près de l’île italienne de Lampedusa, dans lequel des douzaines de migrants qui espéraient rejoindre l’Europe ont perdu la vie.

« Nous avons prié pour eux », dit Sinibaldi. « Nous devons continuer de travailler et de lutter pour des solutions concrètes et une réponse plus humaine aux migrants. »