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Des enfants à Yaloké, en République centrafricaine,  vivent dans des conditions inhumaines. Photo: Caritas CAR

Des enfants à Yaloké, en République centrafricaine, vivent dans des conditions inhumaines. Photo: Caritas CAR

Le Président de Caritas République centrafricaine, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, affirme qu’une action humanitaire d’urgence est nécessaire à Yaloké.

L’archevêque vient de visiter la ville située dans l’ouest du pays, à 200 km de la capitale Bangui. Il signale qu’entre 500 à 700 Peuls (éleveurs musulmans) ont désespérément besoin d’aide et que leurs conditions sont inhumaines et dramatiques.

«Ce qui se passe à Yaloké est une tragédie», affirme-t-il. «Les femmes et les enfants vivent dans des espaces minuscules et insalubres. Les conditions sont épouvantables. Ils vivent dans une pauvreté extrême.

«Nous avons enregistré trois naissances en deux jours, dans des conditions semblables à celles de Jésus, né dans une mangeoire. Il faut leur venir immédiatement en aide. Nous devons les aider à retrouver leur dignité humaine. »

Suite à l’effondrement de l’état de droit et aux violences généralisées, 600 000 personnes ont été forcées de quitter leur maison dans le pays.

Beaucoup d’entre eux sont des musulmans fuyant les attaques des milices ‘Anti-Balaka’, issues de la population chrétienne. Il reste 20 000 musulmans sous les menaces directes, beaucoup d’autres étant protégés par l’Église catholique.

La situation humanitaire dans le pays est désespérée, la moitié de la population ayant besoin d’aide. Le nombre d’enfants traités pour malnutrition aiguë grave a triplé à l’hôpital pédiatrique de Bangui depuis le début de 2014.

À Yaloké, les éleveurs ont fui vers Boda et M’Baïki dans le sud.

Mgr Dieudonné Nzapalainga et l’imam Omar Kobine Layama distribuent l'aide à Yaloké. Photo : Caritas CAR

Mgr Dieudonné Nzapalainga et l’imam Omar Kobine Layama distribuent l’aide à Yaloké. Photo : Caritas CAR

«Ils ont besoin de sécurité, de soins de santé, de vivres, d’abris et de vêtements» explique l’archevêque, demandant à la communauté internationale d’intervenir. «La Caritas peut fournir des vivres, mais ce n’est qu’une petite quantité par rapport aux besoins.»

Mgr Dieudonné Nzapalainga rejette toute proposition visant à réinstaller les éleveurs musulmans dans le nord du pays.
«Nous devons conjuguer nos efforts pour assurer la paix. Si nous les déplaçons, nous allons nous retrouver face aux mêmes problèmes à l’avenir », a-t-il dit.

Caritas collabore avec les chefs religieux chrétiens et musulmans en République centrafricaine pour rapprocher les communautés qui ont été déchirées par des conflits.

Mgr Dieudonné Nzapalainga, l’imam Omar Kobine Layama et le révérend protestant Nicolas Gueret Koyama ont pris des initiatives pour consolider la communauté en République centrafricaine.