Une fête organisée pour célébrer l’indépendance du Soudan du Sud.

Credits: Sara Fajardo/CRS

“Plus jeune pays d’Afrique de l’Est, pays des Nations Unies…”. Sur un écran installé dans la capitale du Soudan du Sud, Juba, les statistiques s’étalent à côté du compte à rebours qui égrène le temps avant l’indépendance. Des poubelles neuves, dont certaines sont réservées au recyclage, sont alignées le long des rues sous des affiches où l’on peut lire “Gardez Juba propre et verte”, tandis que l’Église a proclamé “un jour de prière et de nettoyage” comme geste symbolique de purification et de réconciliation.

Le pays le plus jeune du monde a vu le jour le 9 juillet 2011, accueilli par des festivités et des célébrations ainsi que par une messe spéciale organisée le lendemain à la cathédrale Sainte Thérèse de Juba. Quand le cardinal John Njue, archevêque de Nairobi et représentant du Saint-Siège à ces célébrations, s’est levé pour prononcer son homélie et bénir l’indépendance du Soudan du Sud, l’assemblée a explosé en cris de joie et en applaudissements. Mais le cardinal a averti: “Nous venons de loin et il nous reste encore un long chemin à parcourir”. La messe a été le point d’orgue d’un calendrier de manifestations de préparation spirituelle à la déclaration d’indépendance, et les évêques du Soudan ont appelé toutes les personnes de toutes confessions, dans le monde entier, à prier avec eux pour la paix. Les évêques ont aussi demandé que des arbres soient plantés dans chaque diocèse du Soudan du Sud pour commémorer cet évènement.

La difficulté du chemin qui reste à parcourir est révélée par les autres statistiques relatives au Soudan du Sud. Un tiers des enfants n’atteint jamais l’âge de cinq ans, la moitié de la population vit dans des conditions d’extrême pauvreté et seul un tiers de la population est alphabétisé. Avant le référendum de janvier 2011 qui a donné son indépendance au pays, le réseau Caritas a travaillé en partenariat avec l’Église pour fournir de l’eau, des vivres et des abris à 100 000 personnes et leur offrir des services de santé et d’éducation. Elle a poursuivi sa longue campagne de rétablissement de la paix par le biais de la diffusion d’émissions radiophoniques et l’organisation de cours pratiques qui permettent aux participants d’acquérir des compétences pour travailler plutôt que de se battre.

Malheureusement, des conflits isolés dans les monts Nuba et la région d’Abyei ont dégénéré en de sérieuses situations d’urgence humanitaire. Des affrontements entre le Soudan et le Soudan du Sud ont contraint les habitants à fuir leurs foyers avec, pour seul bagage, ce qu’ils avaient sur le dos.

Caritas a averti que la situation était périlleuse et s’est associée aux appels qui ont été lancés pour la paix et la justice. Le Secrétaire général de Caritas Internationalis, Michel Roy, qui représentait la confédération Caritas aux célébrations de l’indépendance, a déclaré: “C’est le temps de l’unité, c’est le temps pour que tous les chrétiens incitent leurs dirigeants à s’engager sur le bon chemin, loin des conflits”.