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La mondialisation de la migration : Interview de Catherine de Wenden, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) à Paris
08 November 2010
Il s’agit d’un phénomène assez récent, qui date d’une vingtaine d’années environ, et qui concerne presque toutes les régions du monde. Les flux migratoires se sont fortement développés au cours de cette période, notamment en raison d’une meilleure offre de moyens de transport, de l’information télévisuelle, de réseaux transnationaux construits par les migrants et de liens familiaux à travers les continents.Quelle est la proportion de femmes parmi les migrants et comment ce chiffre a-t-il évolué avec la mondialisation des flux migratoires ? Les femmes représentent aujourd’hui environ la moitié des migrants. Leur nombre a fortement augmenté au cours des vingt dernières années. Deux types de situations sont très fréquents - d’une part, les femmes mûres qui migrent pour se mettre à leur compte, avec une activité commerciale par exemple, d’autre part, des femmes jeunes qui migrent seules et travaillent comme aides à domicile, infirmières ou nourrices.Quelles sont vos attentes par rapport à la conférence « Le visage féminin de la migration » ? Je vois la mobilité comme un facteur de développement humain, une source d’enrichissement aussi bien pour les pays de départ que les pays d’arrivée. Le total des sommes transférées par les migrants dans leur pays d’origine est trois fois supérieur au montant de l’aide publique au développement. Beaucoup de projets ne se feraient pas s’il n’y avait que l’aide publique. Souvent , les migrants se forment également avant ou pendant leur séjour, il y une certaine émulation générée par le projet de migration. Pendant leur séjour à l’étranger, les migrants font connaissance d’autres modes de vie et d’usages, ce qui peut avoir des retombées en termes de santé et de développement économique et culturel dans leur pays. Pour les pays d’accueil, les migrants répondent à des besoins réels sur le marché du travail, causé par le vieillissement de la population dans les pays européens par exemple, et leur diversité apporte un important enrichissement culturel. Je suis contente que cette conférence ait lieu au Sénégal, avec la participation de nombreuses Caritas africaines, car je pense que les pays du sud devraient davantage s’emparer de cette problématique, prendre conscience des retombées potentielles de la migration et promouvoir le développement que peuvent engendrer les migrants. |