
La Confédération Caritas participe de
plus en plus à des initiatives visant à
atténuer les effets des changements
climatiques. De nombreuses
organisationsmembres de Caritas dans
les pays à revenu élevé ontmis en place
des campagnes d’éducation et de
sensibilisation qui incitent les individus
et les foyers à réduire les empreintes de
carbone. Ces campagnes sont souvent
liées à des initiatives de plaidoyer
visant à faire pression sur les
gouvernements pour qu’ils s’engagent
dans un accord post-2012, sous l’égide
de la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques
(CCNUCC), qui contraint les pays
industrialisés à respecter les objectifs
suivants : une réduction importante
des émissions de gaz à effet de serre, la
mise en place d’un financement adapté
pour les pays en voie de
développement, des transferts
financiers et technologiques pour le
développement d’une économie
pauvre en carbone. Toutefois, en tant
que confédération d’organisations
humanitaires et de développement,
Caritas est tout particulièrement
préoccupée par les effets des
changements climatiques sur les
populations les plus démunies du
monde etoeuvre pour s’assurer qu’ils
auront les ressources nécessaires pour
s’adapter aux changements déjà en
cours.
La grande expérience de Caritas dans le
domaine du développement au niveau de
la base est particulièrement utile aux fins
de la conception et de la mise en place de
programmes visant à aider les systèmes
humains et écologiques à s’adapter aux
changements climatiques. Les
interventions relatives à l’adaptation aux
changements climatiques devraient aller
au-delà des variations climatiques
actuelles et anticiper les changements
futurs. A cet effet, des compétences
techniques sont souvent nécessaires, ce
qui requiert une collaboration avec
d’autres organisations disposant de
spécialistes. Par exemple, Caritas
Bangladesh travaille en collaboration avec
le Centre d’études avancées du
Bangladesh pour concevoir et mettre en
place des programmes dans les zones
sujettes à la sécheresse et touchées par
une importante concentration de salinité
dans l’eau.
Aux Philippines et au Kenya, Catholic Relief
Services (une organisation membre de
Caritas aux Etats-Unis) travaille en
collaboration avec le Centre mondial
d’agroforesterie sur des initiatives pour la
protection de la terre, en particulier sur le
stockage de carbone et le crédit carbone.
Ce projet unit les compétences déjà
acquises en matière de réduction du
risque de catastrophe naturelle aux
méthodologies de développement, et
amorce les fondations de nouvelles
initiatives visant à la création de moyens
d’existence basés sur les crédits carbone et
réduction des émissions résultant du
déboisement et de la dégradation des
forêts (REDD). Des activités de
renforcement des capacités ont
également été mises en place dans la zone
Caritas Camexpa (Caritas en Amérique
centrale, au Mexique et au Panama), où le
personnel technique reçoit une formation
sur les meilleures pratiques pour faire face
aux questions liées aux changements
climatiques avec le soutien et la
participation active des Caritas au
Mexique, au Salvador, au Honduras, au
Guatemala, au Nicaragua et à Panama.
La préparation aux catastrophes naturelles
et la réduction des risques peuvent freiner
la perte de vies et d’infrastructures de manière considérable. Au Bangladesh,
Caritas a participé à la construction d’abris
anticycloniques et à la formation des
communautés à la préparation aux
catastrophes naturelles et à la réduction
des risques. Ainsi, des communautés plus
résistantes se sont développées, mieux
préparées à faire face aux cyclones. En
1991, un cyclone a frappé le Bangladesh à
plus de 240 km/h, faisant plus de 140 000
victimes, alors qu’en 2007, le cyclone Sidr
qui était plus violent et les vents
dépassaient 260 km/heure, a fait
beaucoup moins de morts, 3 400, grâce
aux interventions du gouvernement et
d’autres organisations humanitaires
comme Caritas.
Caritas encourage également les systèmes
et les pratiques traditionnels qui
préservent l’environnement et relient la
science moderne aux connaissances
écologiques traditionnelles. Dans le Sahel,
par exemple, les agriculteurs locaux ont
développé des systèmes complexes de
collecte d’informations, de prévision,
d’interprétation et de prise de décision
relatives aux conditions météorologiques,
qui les aident à tempérer leur vulnérabilité
face aux changements climatiques. De
manière générale, les agriculteurs décident
des cycles des cultures en fonction des
prévisions météorologiques locales, et les
décisions relatives aux dates des
plantations se basent sur des modèles
culturels complexes en matière de
météorologie. Les agriculteurs du Sahél
préservent les terres grâce à des pratiques
comme le non travail du sol, le paillage ou
d’autres techniques de gestion du sol. Les
réserves des forêts collectives constituent
souvent une ressource très importante
dans les sociétés traditionnelles, car elles
fournissent la nourriture, le bois et d’autres
moyens de subsistance. Caritas Madre de
Dios, au Pérou, travaille en collaboration
avec les communautés et le
gouvernement local pour contrôler le
déboisement dans le sud de l’Amazonie.
Dans l’Etat indien de l’Orissa, Catholic Relief
Services renforce les capacités locales d’intervention lors de situations d’urgence
et atténue les effets des risques liés au
climat en renforçant les groupes d’entraide
et en organisant des équipes spéciales
chargées de dispenser les premiers soins
de base, de fournir des plans d’évacuation
et des abris, de protéger les sources d’eau
potable, d’économiser les graines et
l’argent liquide en vue de la saison des
cyclones, de produire des cultures
durables et des plans d’exploitation de la
terre, de réparer et construire des
structures pour récolter l’eau ainsi que des
digues.
Caritas Malawi (CADECOM) encourage la
diversification des cultures pour réduire la
dépendance à une seule saison des pluies,
l’utilisation de bétail pour varier les
ressources alimentaires et financières des
foyers, et les techniques d’irrigation simple
pour améliorer le rendement agricole.
Caritas Kenya encourage la résilience dans
les régions semi-arides sujettes à la
sécheresse en plantant des graines qui
résistent aux variations météorologiques.
Au sein du diocèse d’Homa Bay, au Kenya,
des projets sont mis en place pour
combiner l’élevage laitier avec la
production de biogaz, dont les résidus
peuvent être utilisés dans l’agriculture
biologique.
Le partage des meilleures pratiques est
encouragé au sein du réseau Caritas.
Caritas Brésil, par exemple, finance des
ateliers de travail sur les techniques
d’agriculture durable et met en place des
projets visant à renforcer la sécurité
alimentaire des fermiers sans terre. Caritas
Inde travaille en collaboration avec les
services sociaux diocésains afin de mieux
intégrer les considérations relatives aux
changements climatiques dans la
planification des programmes locaux.
Même si Caritas et d’autres organisations
au sein de la communauté humanitaire
font preuve de capacités accrues en
matière de préparation et d’intervention
lors de catastrophes naturelles, la forte
augmentation des catastrophes liées aux
changements climatiques pourrait
compromettre les efforts mis enoeuvre
pour aider les populations à se sortir de la
pauvreté. Les organisations membres de
Caritasoeuvrent au renforcement de ces
mécanismes de survie en intervenant dans
différents domaines : gestion des
ressources naturelles, agriculture durable,
amélioration des mesures relatives à l’eau
et à l’assainissement, programmes visant à
la réduction des risques gérés par la
communauté.
Caritas offre à ses partenaires l’aide
technique nécessaire pour la recherche
réalisée en collaboration avec des experts
sur le terrain et les universités locales. Ces
initiatives visent à aider les pauvres à faire
face aux conséquences humanitaires des changements climatiques. La recherche
fournit des faits et des chiffres concernant
la fréquence, l’ampleur et les temps prévus
des effets des changements climatiques
afin que des décisions éclairées puissent
être prises. D’autres initiatives de
collaboration couvrent diverses questions,
notamment la technologie d’adaptation,
l’énergie renouvelable, la sécurité
alimentaire et les conflits causés par les
problèmes environnementaux.
Afin de construire un front commun
efficace, il est nécessaire de créer une
synergie entre la société civile, le
gouvernement et le secteur privé, par le
biais de secteurs de développement. Le
partenariat et le travail en réseau entre les
organisations se réclamant des mêmes
idées contribueront à aborder les
problèmes liés aux changements
climatiques de manière plus partagée et
plus efficace.