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Une voix sous les décombres
21 December 2010 ![]() Ruth Schoeffel during a rescue mission Un jour, je suis allée avec les secouristes de Caritas Mexique et quelques secouristes d’Afrique du Sud à l’hôpital cubain parce que je voulais écrire sur le travail de cet hôpital. Sur place, un chien d’une équipe de secourisme allemande a décelé des signes de vie dans les décombres de la cathédrale voisine. Les équipes de secours se sont divisées et ont commencé à fouiller différents endroits. C’était la situation la plus surréaliste que j’aie jamais vécue. Près de nous, on entendait des coups de feu et des gens fouillaient les décombres à la recherche d’objets de valeur. Puis les secouristes ont dit qu’une femme était vivante sous les briques. J’ai escaladé les décombres pour lui parler, car les secouristes ne comprenaient pas le français. J’ai fait de mon mieux pour l’aider à garder son calme. Quand je lui ai parlé la première fois, elle était toujours enfouie sous deux ou trois mètres de décombres; elle avait très peur et elle pleurait. Il a fallu presque deux heures à l’équipe de secouristes pour la dégager des décombres, mais aussitôt qu’ils ont réussi à l’en extraire et qu’elle a pu apercevoir le ciel, elle a poussé un soupir de soulagement. Elle s’appelait Enu Zizi. Elle s’était blessée à la hanche et elle était très déshydratée, mais pour quelqu’un qui venait de passer une semaine enfouie sous les décombres, son état de santé était remarquablement bon. Les secouristes l’ont portée au bas de la pile de gravats; elle était étendue dans l’herbe et nous étions assis autour d’elle, lui tenant la main. Elle nous a dit à tous : « Je t’aime ». Je n’avais jamais vu des gars aussi endurcis que ces secouristes être aussi émus. Ils alternaient entre le rire et les larmes. Cela a dû être le moment le plus touchant de toute notre vie, un court répit au milieu de toute la tristesse et des catastrophes en Haïti pendant cette période-là. Je me sens très proche de ce pays et de sa population après y avoir séjourné en janvier. Je n’avais jamais été témoin d’autant de tristesse, mais aussi d’une volonté et d’un espoir remarquable de repartir à neuf. Je souhaite vraiment que les gens de partout dans le monde n’oublient pas Haïti, car le besoin d’aide est encore énorme.
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