Khaire Nesa leads a women's self-help group in the remote Afghan town of Chaghcharan. Profits from the group's business have saved her children from hunger.

Credits: Laura Sheahen/CRS

de Laura Sheahen, Catholic Relief Services

"Mon fils avait cinq ans. Il était si maigre," raconte Khaire Nesa, une femme afghane de 38 ans. "Et il est mort."

Khaire parle d’une voix basse en remontant la manche de sa petite. Son visage exprime un mélange de fierté, d’étonnement et d’espérance pendant qu’elle indique le bras de son bébé. Le bras n’est pas potelé, mais il n’est pas osseux non plus. "Maintenant, je peux acheter plus de nourriture. Mes enfants ont pris du poids."

Khaire peut acheter plus de nourriture pour ses six enfants parce qu’elle s’est associée à un groupe d’entraide de femmes financé par Catholic Relief Services (CRS – un membre américain de la Confédération Caritas). Dans des villages de l’Afghanistan, ces groupes réunissent des femmes qui veulent gagner de l’argent. CRS les aident à lancer des petites entreprises basées chez elles, en leur offrant une formation et du matériel, comme des machines à coudre.

Dans une ville isolée appelée Chaghcharan, le groupe de Khaire a commencé à élever des poules et à vendre leurs œufs, mais l’entreprise s’est vite élargie. "Il n’y a pas de boulangerie à Chaghcharan," explique Khaire, ainsi ces vingt femmes ont décidé de faire des gâteaux et des biscuits et de les vendre.

CRS a fourni deux fours et a donné au groupe de femmes de la farine, de l’huile, du levain et des raisins secs. "CRS nous a donné des ingrédients pour trois mois. Nous les avons tous utilisés en dix jours," raconte Khaire en souriant. La boulangerie a reçu rapidement une commande hebdomadaire fixe pour plus de 800 livres de produits destinés à la police locale. Elles ont aussi obtenu des contrats avec deux commerçants du marché local. En moins de deux mois, la boulangerie est devenue autosuffisante.


Le profit de 8 dollars la semaine que chaque femme ramène chez elle est une somme substantielle dans une ville pauvre. La vie de Khaire, dont le mari travaille dans une des deux stations de service de la ville, a énormément changé grâce à l’argent. "Il y a trois ans, nous n’avions pas assez d’argent pour les enfants et pour la maison. Nous mangions essentiellement du pain avec du thé," explique Khaire. "Maintenant que je fais partie de ce groupe d’entraide, nous avons plus d’argent. Nous pouvons manger du riz, du yaourt et de la viande."

En octobre, Caritas a lancé un appel aux membres du réseau pour un montant de 2 977 520 USD (€ 2 millions), afin de fournir des vivres et investir dans des programmes de travail en Afghanistan. L’appel aidera aussi les Afghans à combattre contre les effets des sécheresses et des inondations et à se préparer à l’hiver rude qui approche.

A Chaghcharan, un autre groupe de femmes coud des rideaux. Ces vingt femmes peuvent maintenant acheter des choses qu’elles ne pouvaient pas se permettre auparavant, comme riz, savon et vêtements pour les enfants.

"Quand nous aurons gagné assez en coudant des rideaux chez nous, nous ouvrirons un magasin au marché. Les gens diront : 'Oh! Ce magasin est géré par des femmes!'" dit l’un des membres du groupe.

Et ce n’est pas tout ce qu’elles apprennent: tous les groupes d’entraide de CRS s’occupent aussi d’alphabétisation. Dans la région montagneuse de Bamiyan, les femmes faisant partie d’un groupe de couture apprennent à lire, à écrire et à calculer. L’enseignante, Zahara, reçoit un salaire de CRS pour les classes.

A la fin des années 1990, les Talibans ont fermé beaucoup d’écoles en Afghanistan et interdit aux filles de recevoir une éducation. Les Nations Unies estiment que le taux d’alphabétisation des femmes en Afghanistan est au-dessous de 13 %. "Il y a des filles qui n’ont jamais appris à lire à cause de la présence des Talibans. Une deuxième chance leur est offerte maintenant," explique Zahara.

Plus de 100 groupes d’entraide en Afghanistan aident les femmes et leurs familles à échapper à la pauvreté et à la faim. Dans le groupe qui gère la boulangerie, une femme appelée Hava Gul s’exprime : "Mon fils a sept ans, et il ne peut pas marcher. Ma fille a elle aussi des problèmes. Quand ils étaient petits, nous n’avions pas assez de nourriture. Je n’ai pas pu bien les nourrir au sein, je n’avais pas assez de lait."

"Maintenant, nous avons de la nourriture," continue Hava. "J’espère que mes enfants pourront aller à l’école, et j’espère qu’ils ne seront pas maigres."

Cette histoire est affichée sur le site web de Catholic Relief Services.