Rosidin, 55 years old

Credits: Karina

Par Albert Deby S., Yohanes Baskoro et Victor Dimas B. Putra (bénévoles Karina-KAS pour la Réponse commune Caritas).

Rosidin, 55 ans, sourit lorsqu’on lui demanda comment ça allait. “Venez dans ma maison” dit-il. A première vue, il semble que l’arrière de la maison a disparu ; il n’y a plus de toit, les murs s’écroulent, et des briques sont éparpillées ça et là.

Le séisme du 30 septembre 2009 qui a causé de nombreux dégâts dans la région de Padang Pariaman, a touché la maison de Rosidin. L’arrière de l’habitation a été détruit et ne peut plus être occupé. Chaque recoin de la maison est fissuré. La structure est endommagée. La maison n’est plus un abri sûr.

Rosidin est un habitant de Padang Pariaman parmi les milliers qui ont été victimes du tremblement de terre. "Par chance, nous sommes sains et saufs. Les maisons peuvent être reconstruites. Ce qui compte, c’est que nous sommes toujours en bonne santé, en état de travailler, et capables d’apprécier notre nourriture", dit-il.

Le gouvernement leur a donné 30.000 roupies pour s’acheter de la nourriture pendant l’état d’urgence. Mais cela n’a fait qu’une seule semaine. Il y a toujours une aide alimentaire gouvernementale et de certaines institutions. Caritas fournit des denrées non-alimentaires telles que tentes, nattes, couvertures, produits d’entretien, bidons, etc.

La semaine dernière, Rosidin a été hospitalisé. Il est tombé d’une chaise alors qu’il réparait les fuites du toit. Ses blessures sur sa jambe et sur sa tête semblent encore fraîches. "Ma tête s’est fendue ici", dit-il, montrant les cicatrices au sommet de son crâne.

Rosidin occupait, avec sa femme, la maison de son grand-père depuis leur mariage dans les années 60. Il ne peut guère compter sur l’aide de ses enfants. Certains sont partis vivre sur les autres îles, les autres ont suivi leur mari.

Depuis le séisme, lui et sa femme n’osent plus rester dans leur chambre. Chaque nuit, ils dorment dans la pièce de vie avec une natte et une couverture de plastique. Les fenêtres de la pièce n’ont plus de carreau et, depuis que le mur à l’arrière de l’habitation s’est effondré, le vent souffle directement à travers la pièce de vie. Ils ont juste couvert l’arrière de la maison la semaine dernière. C’était difficile à imaginer, surtout pendant la saison des pluies.

Ce type de catastrophe détruit tout, sans exception. Pour Rosidin, la perte de leurs biens n’est pas la cause de leur peine. Les souvenirs de toute une vie que contenait la maison étaient plus précieux que le bâtiment lui-même. L’histoire n’a pas de prix. La maison sinistrée est le symbole de la perte des souvenirs qui y rattachaient. Bâtir une maison n’est pas seulement une question de reconstruction matérielle. Une nouvelle maison c’est aussi construire un espoir nouveau d’une vie meilleure.

"Je veux simplement reconstruire ma maison tout de suite. Raser ce qui reste de l’ancienne et en construire une nouvelle. Mais ça ne se fera qu’à une condition ; si j’ai assez d’argent. Pour l’instant, ça va” dit Rosidin, avec le sourire.