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Ceux qui restent: Des Sri Lankais déplacés ne peuvent pas rentrer chez eux
![]() Manikarasa, who foes by only one name, is one of those assisted by Caritas after being displaced in 2006 from his home village near the town of Muthur in the Trincomalee District. Fleeing eventually to a camp in Trincomalee itself, Manikarasa and his family received food, clothing and other essentials from Caritas Sri Lanka, before moving finally to this camp at the Hindu Cultural Center in Trincomalee. Assis sur une chaise en plastique marron et roulant délicatement une feuille de papier avec ses doigts, Manikarasa a l’air d’un professeur universitaire. Honnête et attentif, il est anxieux de raconter son histoire aux quelques agents humanitaires qui visitent ces jours-ci ce camp pour personnes déplacées à Trincomalee, au Sri Lanka. Manikarasa, qui est connu sous un seul nom comme beaucoup dans le pays, a été pris dans le conflit qui a éclaté au Sri Lanka et qui a touché plus de 308 000 personnes et fait jusqu’à 70 000 morts depuis son début en 1983. Au cours des 25 dernières années, 800 000 personnes ont été déplacées, toutes dans les régions du nord et de l’est de cet Etat insulaire. Comme les forces du gouvernement ont déferlé sur les districts de Trincomalee et de Batticaloa en août 2007, tenus traditionnellement par les Tamouls, Manikarasa, sa famille et des dizaines de milliers d’autres personnes à l’intérieur et autour de sa ville natale de Muthur ont été déplacés. “Quand ils combattaient, nous avions beaucoup de difficultés,” dit Manikarasa. “Nous sommes allés d’abord à Batticaloa, puis nous sommes venus à Trincomalee.” Pendant que les tensions couvaient à cause de la rupture de l’accord de cessez-le-feu, l’étendue et l’importance du déplacement a été un défi pour les organisations humanitaires comme Caritas Sri Lanka, présente depuis longtemps dans les régions orientales du pays. Au fur et à mesure que les personnes déplacées arrivaient à Trincomalee et dans le district voisin de Batticaloa, Caritas leur dispensait rapidement l’aide sous forme d’abris, vivres, assainissement, soins de santé, articles non alimentaires, en offrant l’essentiel à plus de 103 000 de ces personnes laissées sans abri. Etant donnée l’ampleur du tsunami qui a complètement détruit l’Asie du Sud-Est fin 2004, en tuant des dizaines de milliers de personnes seulement au Sri Lanka, aujourd’hui il est particulièrement difficile de réaliser des interventions d’urgence dans l’est du pays, dit le révérend P. Francis Diaz, Directeur diocésain de Caritas EHED, le bureau diocésain sri lankais à Trincomalee. “Nous avions d’une part les activités post-tsunami, de l’autre, les personnes déplacées à cause des affrontements,” explique le père Diaz. “Nous devions donc chercher un équilibre entre les deux.” Ayant déjà réalisé un plan de reconstruction massive après le tsunami – un plan qui a vu plus de 7 773 maisons bâties ou réparées depuis 2004 – Caritas est bien placée pour répondre au déplacement. “Nous sommes une organisation ecclésiale et nous avons un excellent réseau qui existait déjà avant le tsunami” dit le père Diaz. “Mais après le tsunami, il est devenu encore plus efficace.” Comme les affrontements ont cessé, et ceux qui ont été déplacés à cause du conflit ont commencé à rentrer chez eux, Caritas est passée des opérations d’urgence au redressement et au relèvement à long terme. Aujourd’hui, Caritas travaille pour fournir des abris temporaires, un soutien au niveau de l’éducation et une aide absolument nécessaire pour le rétablissement des moyens de subsistance, un accompagnement psychosocial à long terme et un soutien au relèvement de ceux qui rentrent chez eux dans les districts du nord et de l’est déchirés par la guerre. Pour Manikarasa et plus de 350 autres personnes qui partagent l’enceinte étouffante du Centre culturel hindou, transformé en un camp pour personnes déplacées, le retour ne sera pas imminent. Comme les affrontements se poursuivent, le gouvernement du Sri Lanka a déclaré des zones de haute sécurité celles ayant une sensibilité militaire particulière, et ne permettront pas aux personnes déplacées de ces sites de se réinstaller. Le gouvernement cherche plutôt des terres ailleurs où pourraient vivre les 20 000 personnes déplacées qui restent. Dans le camp, Manikarasa a appris d’un fonctionnaire du district que son village natal de Sambur est une de ces zones. “Le gouvernement a dit que Sambur est une zone de haute sécurité et que seul le gouvernement peut y accéder,” dit Manikarasa. “Il y a un lieu à proximité où le gouvernement nous a demandé d’aller, mais il n’y pas de fourniture d’eau, alors nous ne voulons pas y aller.” Alors que des dizaines de milliers de Sri Lankais commencent à reconstruire leurs vies après les dernières violences, souvent aidés par Caritas Sri Lanka, Manikarasa et d’autres comme lui n’avancent pas et doivent faire face à un avenir incertain. Comme un grand nombre de ces camps, le Centre culturel hindou est chaud et inconfortable, et on ne se sent pas chez soi. Pour Manikarasa, les choix sont limités. “Si le gouvernement dit que nous pouvons rentrer chez nous, nous aimerions rentrer chez nous,” dit-il en indiquant le porche en béton peint en rouge du centre. “Autrement, nous resterons ici.”
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