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Au Niger, Caritas appuie les populations victimes de la crise alimentaire
04 July 2012 ![]() Caritas Niger (CADEV) support a seed fair in the village of Koira Bano, north of Ouallam, near the Malian border. This is one of the places that is most affected by the food crisis. Local merchants provide drought resistant seeds so that the farmers from neighbouring villages can select those they want to buy with the vouchers donated by Caritas. « La dernière saison agricole a été très mauvaise dans la région, ajoute Haman. Avec les pluies irrégulières et les attaques de criquets, je n’ai presque rien récolté. Cela fait des mois que je lutte pour trouver de quoi nourrir ma famille. Dans ces conditions il était impossible de garder des semences pour la saison agricole à venir. Cette foire aux semences est une bénédiction pour les agriculteurs de la région. » Prospère Yougare est le responsable des urgences au comité de solidarité et de développement de la Caritas Niger pour la région de Ouallam. Il est responsable de l’organisation de la foire aux semences à Bano Koira. « Les foires aux semences visent à fournir aux paysans les plus vulnérables, les semences dont ils ont besoin afin de poursuivre leurs activités agricoles et ne pas être obligés de s’exiler vers les villes ou les pays voisins. Aujourd’hui, plus de 350 paysans sont venus des villages alentour. Chaque bénéficiaire recevra des bons pour une valeur de 15 000 francs CFA (20 euros) avec lesquels il pourra sélectionner ses semences parmi celles en vente aujourd’hui. » Les vendeurs sont des marchands locaux qui connaissent bien les spécificités du terrain. « Les marchands locaux savent quelles sont les semences qui donneront les meilleurs résultats dans la zone, ajoute Prospère. Cela permet également de préserver l’économie locale, réduit les coûts de transport et permet à l’activité de bénéficier à un plus grand nombre de familles. » Caritas commence par organiser les foires dans les zones les plus reculées, alors que le début de la saison des pluies est attendu d’un jour à l’autre. « Si nous distribuons les semences trop en avance, les paysans et leurs familles risquent de les utiliser pour se nourrir conclut Prospère. » Appuyer la récupération des sols en assurant l’alimentation de la population Pour lutter contre la faim que connaissent les populations du Niger et des autres pays de la région du Sahel, Caritas met en place d’autres activités d’appui à la population. L’intervention est progressive et vise à permettre aux populations de se nourrir tout en renforçant leurs capacités à faire face aux causes des crises alimentaires cycliques dans la région. « Ce travail est bon pour nous. À la fin de la journée, j’aurai suffisamment de céréales pour nourrir ma famille en ayant participé à la récupération des sols autour de mon village, annonce Abdoul Kadel. » Comme lui, une centaine de bénéficiaires ont répondu à l’appel de Caritas pour venir travailler sur le plateau de Karma, une zone semi-désertique à 60 km à l’ouest de Niamey. Bravant la tempête de sable, hommes, femmes et enfants s’affairent à creuser des demi-lunes. « Ces ouvrages vont permettre de récupérer les sols de la région, dit Didier Assogba, animateur terrain pour Caritas Niger. L’eau de pluie sera retenue dans les canaux creusés par la population et nous planterons de l’herbe qui servira de pâturage à leurs animaux. Une fois la fertilité du sol retrouvée, la zone pourra de nouveau être ensemencée avec différents types de céréale. » En échange de chaque demi-lune creusée, la personne recevra 1,5 kilo de céréale. Ce programme se nomme « nourriture contre travail ». Lorsque les céréales sont encore disponibles à la vente à un prix accessible sur les marchés locaux, les populations sont payées pour les ouvrages réalisés, nous parlons alors « d’argent contre travail ». Mais dans la zone de Karma, comme dans beaucoup d’autres au Niger, les marchés locaux n’ont plus de céréales à offrir aux populations ou bien les prix sont trop élevés. Les femmes et les enfants sont les premiers bénéficiaires de l’action de Caritas « La malnutrition est généralisée dans certaines zones du pays, dit Raymond Yoro, secrétaire général national de la Caritas Niger. Mais pour Caritas, la priorité est d’appuyer les jeunes enfants et les femmes qui sont les plus vulnérables face à la faim. » Pour se faire, les équipes de bénévoles des centres de récupération nutritionnelle de Caritas vont dans les zones les plus touchées afin de repérer les cas d’enfants malnutris. Référés au centre le plus proche, ces enfants recevront les suppléments alimentaires nécessaires afin de retrouver un bon état de santé. Les mères aussi recevront des rations de céréales afin qu’elles puissent s’alimenter convenablement et ainsi allaiter leurs bébés. Plus de 8 000 familles recevront le soutien des centres de récupération nutritionnelle de Caritas cette année. En pensant au développement à plus long terme des populations, Caritas appuie les villages vulnérables avec l’installation de puits et de banques de céréales. « Les greniers des banques nous ont permis d’avoir accès à des céréales à un prix abordable quand nous avons épuisé nos réserves, explique Larabou Saidou, père de neuf enfants dans le village de Bano Koira. Mais une fois les réserves des greniers épuisées, nous n’avons pas pu acheter de nouveaux stocks, les prix sont trop élevés. » La spéculation sur les prix des denrées alimentaires vient enrayer le fonctionnement des banques de céréales en ne permettant pas le réapprovisionnement de ces dernières. Caritas met également à disposition des femmes, des petits crédits pour financer des activités génératrices de revenus. Dans le même village de Bano Koira, Zuinabou Allasane a bénéficié de deux de ces petits crédits. « Grâce à l’argent reçu, j’ai acheté deux chèvres. Elles nous donnent du lait et avec les petits qu’elles ont eus et que nous avons vendus, j’ai pu améliorer notre alimentation et même acheter quelques vêtements pour les enfants. » Une voisine de Zuinabou ajoute : « Avec les puits que Caritas a installés dans le village, les semences de légumes et les formations que nous avons reçues, nous avons cultivé des jardins maraîchers. Cela aussi améliore notre alimentation et nous permet d’avoir un petit revenu. C’est bon pour nous les femmes, nous nous sentons moins vulnérables face à la faim. » Priorité aux travaux agricoles. Alors que la saison des pluies approche, les activités de « nourriture ou argent contre travail » vont prendre fin. « Désormais, la priorité sera d’appuyer les paysans et leurs familles avec des distributions gratuites de nourriture, dit Raymond Yoro. Nous voulons que les paysans aient suffisamment de forces pour cultiver les champs en espérant que les pluies seront suffisantes pour assurer une bonne récolte cette année. » Dans la région du Sahel, plus de 18 millions de personnes risquent d’être affectées par la crise alimentaire. Dans certaines zones de la région, elles sont déjà des milliers à souffrir de la faim. Caritas va appuyer directement plus de 700 000 personnes à faire face à cette situation. « La mobilisation de la confédération Caritas sauve des vies dans la région du Sahel, dit Raymond Yoro. Après la crise alimentaire de 2010 et avec la mauvaise récolte en 2011- 2012, les populations ne disposaient que de très peu de ressources et sont aujourd’hui dans une situation très difficile voir dramatique dans certaines régions. Mais si les pluies ne sont pas au rendez-vous en quantité et sur une période suffisante cette année, nous serons alors face à une crise catastrophique. »
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