
After a failing harvest due to lack of rains, people in Zimbabwe are in desperate need of short term support for food.
Credits: Cibambo/Caritas
Il n’y a pas si longtemps, les brouettes au Zimbabwe étaient utilisées pour transporter l’énorme quantité de billets nécessaires pour acheter des produits alimentaires de base. L’économie s’effondrait et, à cause de l’hyperinflation, même si les gens se retrouvaient soudainement millionnaires, tout ce qu’ils pouvaient se permettre, c’était un pain.
Ensuite, quand l’épidémie de choléra a frappé le pays, elles étaient utilisées pour transporter les personnes faibles ou mourantes à l’hôpital. Or, comme à cause de la sécheresse la terre se crevasse et les réserves de céréales s’épuisent, une chose pour laquelle les brouettes n’ont pas été utilisées, c’est pour l’agriculture.
“Nous sommes accablés par la faim. Nous n’avons rien à manger,” dit Privilege Makerele, représentant d’un groupe de village dans une zone rurale du Zimbabwe.
Le mois d’avril est traditionnellement une période de récolte au Zimbabwe. Mais cette année, à cause de l’absence de pluie, la production alimentaire sera inférieure aux besoins nationaux.
“Je reviens juste du Zimbabwe. Les champs de blé étaient dépouillés et les centres médicaux vides,” explique le père Pierre Cibambo, chargé de liaison de Caritas Internationalis pour l’Afrique. “Souvent les personnes vulnérables comme les enfants, les personnes âgées, les malades et les mères célibataires ne peuvent pas produire de vivres et n’ont pas les moyens financiers pour les acheter. Aussi sont-ils gravement menacés par la malnutrition et la maladie.”
C’est là que l’aide d’organisations comme Caritas est cruciale. Caritas Zimbabwe a lancé un appel d’urgence pour un montant de 7,6 millions USD en janvier 2009. L’appel n’a reçu jusqu’à présent qu’un tiers des fonds.
“Les personnes pensent que maintenant, grâce au gouvernement de l’union nationale et à l’introduction du dollar états-unien, les problèmes du Zimbabwe sont résolus. Mais l’association dévastatrice de bouleversements politiques, sida et changement climatique ont créé une catastrophe humanitaire,” déclare le père Cibambo.
Le père Cibambo affirme que la communauté internationale ne fait plus attention au Zimbabwe. Il dit que le pays a désespérément besoin d’aide alimentaire à court terme, mais aussi d’aide à long terme afin de garantir à la population des approvisionnements en vivres plus fiables.
“Zimbabwe est le pays au monde qui a le pourcentage d’orphelins le plus élevé. A qui s’adresseront-ils quand la nourriture et l’argent seront épuisés?” demande le père Cibambo. “C’est un pays où, par manque de vivres nourrissants et de soins de santé adéquats, les personnes meurent avant 40 ans.”
Comme l’attention sur la détresse des Zimbabwéens diminue et que même la pluie abandonne cette terre tourmentée, ils peuvent seulement espérer que leurs brouettes seront un jour proche remplies de vivres. Ou la population du Zimbabwe peut peut-être rêver que les donateurs rempliront ces brouettes de l’argent nécessaire pour aider à mettre fin à leurs souffrances.