The food crisis in South Sudan is in part due to drought, but also conflict.

Credits: Pia Zanetti/Caritas Switzerland

Avec plus de 20 millions de personnes touchées, la crise alimentaire est partout en Afrique de l’Est. Birgit Kubelka est une nutritionniste de Caritas au Sud-Soudan, un pays où avoir des repas réguliers, c’est devenu un luxe.

Une évaluation menée par Caritas à Ikwoto County, au Sud-Soudan, au mois d’août, a indiqué que la moitié de la population adulte ne prenait qu’un repas par jour. Dans de nombreuses  zones de l’Etat de l’Equatoria oriental, les premières récoltes de sorgho, de maïs et de millet ont été extrêmement mauvaises cette année. La crise alimentaire au Sud-Soudan est due en partie à la sécheresse mais aussi au conflit.

“Les gens ont recours à des stratégies de survie, par exemple vendre le cheptel ou cueillir des aliments sauvages comme tubercules, racines  et pousses de noix de coco,” affirme Birgit Kubelka, une nutritionniste de Caritas Suisse. “Certaines personnes récoltent avant l’heure ou émigrent dans des villages plus grands ou dans les villes en quête de vivres et de travail.”

Les aliments sauvages sont parfois vénéneux et nécessitent un traitement particulier pour devenir comestibles. Des enfants seraient décédés après avoir mangé des aliments vénéneux qui n’avaient pas été traités.

Lors d’une crise alimentaire, les enfants sont particulièrement vulnérables car les aliments nutritifs sont essentiels à leur croissance. Birgit affirme que, au Sud-Soudan, 50 % ou plus d’enfants souffrent de sous-alimentation chronique, ce qui a des effets massifs sur la vie des enfants.

“L’hypo-alimentation a des conséquences sociales graves à cause des maladies fréquentes,” explique Birgit Kubelka. “Les enfants sous-alimentés sont plus exposés au risque de mort. L’insuffisance alimentaire freine le développement mental et les capacités d’apprentissage, ce qui a des implications sur la performance scolaire et sur les chances d’avoir un jour un emploi.”

En juin 2009, plus de 15 % des enfants au-dessous des cinq ans à Ikwoto County souffraient de sous-nutrition aiguë.

Birgit dit que, à la longue, outre les effets sur la santé et sur les perspectives, la sous-alimentation peut avoir un impact bien plus important sur la vie des gens.

“La sous-alimentation fait baisser la productivité et les revenus parce qu’elle réduit la capacité de cultiver les champs et de travailler dans d’autres domaines,” explique-t-elle. “Dans le cas des femmes, les mères souffrant d’insuffisance pondérale non seulement risquent de mourir pendant la grossesse ou l’accouchement, mais ces risques se répercutent aussi sur leurs enfants, ce qui crée un cycle intergénérationnel de sous-alimentation.

Au mois d’octobre, Caritas a lancé un appel pour l’Equatoria occidental et oriental visant à fournir des articles alimentaires et des semences et à améliorer les installations d’assainissement. Dans certains cas, la seule chance d’avoir un repas régulier est offerte par des organisations comme Caritas.

“Les gens sont désespérés et croient très peu en leur avenir. Nombreux sont ceux qui affirment : ‘cette année est seulement une année de mort,” raconte Birgit. “Leur seul espoir, c’est de recevoir l’aide de l’extérieur pour réduire leurs souffrances.”

Quelques faits relatifs à la sous-alimentation :
• La Banque mondiale estime que près de 60 % des enfants qui meurent dans le monde chaque année à cause de maladies communes, comme la diarrhée et le paludisme, pourraient survivre s’ils n’étaient pas sous-alimentés.
• Les femmes souffrant d’insuffisance pondérale sont plus exposées au risque de mourir pendant la grossesse.
• L’anémie due au manque de fer entrave le développement mental et les capacités d’apprentissage.
• L’insuffisance de vitamine A (vitamine présente dans des aliments comme les carottes, le foie et les épinards) dans un régime peut conduire à la cécité.
• Il a été démontré que le sida se déclare plus rapidement chez les personnes séropositives sous-alimentées.